Lyon vise l'Europe avec sa candidature aux "100 villes neutres pour le climat" d'ici 2030

Avec ses 5 millions de tonnes de CO2 émises par an, Lyon a une belle marge de progression en matière de réduction des émissions de gaz à effets de serre. C'est ce qu'évoque le maire EELV Grégory Doucet dans sa feuille de route pour la candidature de Lyon, désormais officielle, aux "100 villes neutres pour le climat d'ici 2030", une mission portée par la Commission Européenne. Objectif : montrer l'exemple et se positionner ainsi, avec Marseille, comme l'une des seules villes françaises pour l'heure candidates.

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Pollution atmosphérique, canicule, les effets de des émissions de gaz à effet de serre sont déjà mesurables par les citadins. Nous sommes une grande ville dans une grande région industrielle, nous avons une responsabilité particulière, justifie le maire de Lyon pour officialiser sa candidature aux 100 villes climatiquement neutres.
Pollution atmosphérique, canicule, les effets de des émissions de gaz à effet de serre sont déjà mesurables par les citadins. "Nous sommes une grande ville dans une grande région industrielle, nous avons une responsabilité particulière", justifie le maire de Lyon pour officialiser sa candidature aux 100 villes climatiquement neutres. (Crédits : Only Lyon / Muriel Chaulet)

Être un exemple en matière de transition écologique. C'est l'ambition de la Ville de Lyon, qui vient d'officialiser sa candidature au programme européen "100 villes neutres pour le climat d'ici 2030".

A l'heure où Grenoble vient tout juste d'inaugurer un autre titre, celui de "Capitale Verte Européenne", porté lui aussi par la Commission Européenne, cette volonté de participer à un programme européen avait déjà été esquissée lors du conseil municipal de novembre dernier, mais aussi lors d'une visite en coulisses à Bruxelles : c'est maintenant chose faite : le dossier est prêt à partir.

Avec Marseille, Lyon est l'une des seules villes françaises a avoir déclaré publiquement sa candidature. Une mission européenne qui "permettrait de soutenir, de promouvoir et de présenter 100 villes européennes dans le cadre de leur transformation vers la neutralité climatique d'ici à 2030, et d'en faire des pôles d'expérimentation et d'innovation pour toutes les villes", soutient la Commission Européenne.

Dans le cadre de cet appel à manifestation d'intérêt, la réponse est attendue fin mars. "Quelle que soit l'issue de la candidature, la démarche vaudra", confirme Grégory Doucet, maire de Lyon.

Faire partie de ces 100 villes permettrait toutefois de prétendre à certains financements et à un soutien, en terme de pilotage et d'ingénierie, de la part de l'Union Européenne.

"Cette candidature a vocation à fédérer autour du même objectif"

Le maire motive cette candidature en rappelant le "rôle crucial des villes" pour le climat et leurs compétences. "C'est dans les villes qu'on émet le plus de gaz à effets de serre." Lyon avait d'ailleurs déjà marqué le coup en déclarant Lyon en état d'urgence climatique au printemps dernier.

"Les villes couvrent environ 3% de la terre, mais elles produisent plus de 70% de ses émissions de gaz à effet de serre. En Europe, on estime qu'en 2050, près de 85% des Européens vivront dans des zones urbaines. C'est la raison pour laquelle l'urgence climatique actuelle doit être traitée dans les villes et par leurs citoyens", souligne la Commission Européenne, en préambule de la présentation de ce programme.

A Lyon, la Ville en tant que collectivité émet 91.000 tonnes de CO2 par an, tandis que la ville en tant que territoire en émet 5 millions. Pollution atmosphérique, canicule : les effets de ces émissions sont déjà mesurables par les citadins... "Nous sommes une grande ville dans une grande région industrielle, nous avons une responsabilité particulière", poursuit le maire de Lyon.

"Cette candidature a vocation à fédérer autour du même objectif : la neutralité climatique en 2030", poursuit le maire. Elle se décline en quatre axes : "construire la transition écologique dans la justice sociale", "utiliser la commande publique et les dépenses de la Ville comme levier", "la mobilité durable et la ville marchable", et la "consommation et la production responsable concernant l'alimentation et l'économie circulaire." En d'autres termes : "innovation, réorganisation, redistribution".

Pas de grandes annonces ou d'engagements sur des actions donc, mais plutôt un cadre, un "projet de territoire", qui sera ensuite à co-construire avec les lyonnais et les acteurs locaux et qui sera concrétisé à travers un "Climate City Contract".

Un réseau déjà à l'œuvre

Avant de lancer, il s'agit de voir ce qui est déjà fait. "On s'appuie sur un historique important", constate Sylvain Godinot adjoint à la transition écologique et au patrimoine.

Des grands axes sont déjà déclinés par la Ville ou les acteurs locaux du développement durables. Sur le volet de la commande publique par exemple, la Ville a déjà mis en place en septembre 2021 un Schéma de promotion des achats socialement et écologiquement responsables (SPASER) garantissant - entre autres - que le développement durable fait partie de 15% de la note du candidat.

A propos de la question de la mobilité, la Ville a déjà a annoncé l'abaissement de la vitesse a 30 km/h sur certains axes, pour des raisons d'apaisement. La ZFE, mené par la Métropole, rentre aussi dans ce cadre-là, avec l'objectif affiché de réduire les émissions de gaz à effets de serre ; ou encore le développement du ferroviaire ou du fluvial pour le fret.

Au niveau de la consommation et la production responsable, la Ville joue su les menus végétariens des cantines, la Métropole construit déjà sont Projet Alimentaire territorial résilient, ou des structures comme la Gonette, Rebooteille travaillent sur la question.

En tout ce sont environ 70 partenaires qui se sont impliqués dans cette démarche avec la Ville, comme les associations (VRAC, la LPO, la Gonette...) , l'enseignement supérieur (Lyon 1, Lyon 2, Lyon 3, EMLyon, SciencesPo) les organisations professionnelles (Medef, CCI, Unions régionale des Scop), la Métropole de Lyon, Atmo, la CNR, VNF, , la SPL Part-Dieu, la SPL Confluence, les HCL, la SNCF, mais aussi des entreprises comme Engie, Bouygues, Vinci, Boehringer Ingelheim...

"Cette candidature, nous ne la préparons pas dans notre coin, il faut embarquer tout le monde", avance Grégory Doucet. Main dans la main avec la Métropole qui détient un certain nombre de compétences sur le territoire de la ville de Lyon, le maire attend aussi un engagement de la part de l'État pour tout ce qui se trouvera au-delà des compétences de ces deux collectivités. "Il faudra que le Parlement fasse son job."

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