Victoire "franche" de Laurent Wauquiez, une première marche pour 2022 ?

Le président sortant LR avait déjà réalisé le meilleur score des présidents sortants de droite à l’échelle nationale et ce, malgré une abstention massive. Ce dimanche, Laurent Wauquiez a transformé l'essai avec 55,17% des voix (résultats officiels), soit plus de 20 points devant l'union de la gauche, et 40 points devant le RN. Une première marche pour 2022, pour l’un des trois principaux prétendants pressentis à l’investiture de la droite ?

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On connaît déjà la visage du nouveau président de la Région Auvergne Rhône-Alpes : sans surprise, Laurent Wauquiez aura renouvelé l'essai et affiche même une avance plus forte que prévu, sur un fond d'abstention à peine moins élevé que dimanche dernier.
On connaît déjà la visage du nouveau président de la Région Auvergne Rhône-Alpes : sans surprise, Laurent Wauquiez aura renouvelé l'essai et affiche même une avance plus forte que prévu, sur un fond d'abstention à peine moins élevé que dimanche dernier. (Crédits : DR/C Pietri)

(Publié le 27/06/2021 21:00, réactualisé le 28/06/2021)

L'hôtel de Région lui reviendra une nouvelle fois, assez facilement. Le président sortant LR de la Région Auvergne Rhône-Alpes se sera finalement imposé lors de ce second tour, avec une avance plus large que prévue.

Crédité de 55,17% des voix selon les résultats officiels publiés ce dimanche soir par la Préfecture, Laurent Wauquiez s'impose comme le vainqueur incontesté à l'échelle régionale face à ses adversaires de gauche.

Soit près de 20 points d'écart avec la liste d'union de gauche (EELV, PS, LFI-PC) conduite par l'écologiste Fabienne Grébert, qui réalise 33,65% des voix. La fusion des trois listes, engagées tardivement au soir du premier tour, n'aura donc pas permis à la gauche de transformer l'essai, mais à peine de se maintenir à une addition de ses scores du premier tour.

De quoi assurer au président LR réélu une large majorité de 136 sièges sur 204 (contre 108 sièges lors de la mandature précédente) selon les premiers calculs de l'AFP, lors de l'installation de son conseil qui doit se dérouler ce vendredi.

L'opposition de gauche obtiendrait quant à elle 51 sièges (EELV, PS, PC, LFI confondus), soit environ le même score qu'en 2015 (50 sièges), tandis que le RN tomberait de 31 à 17 conseillers régionaux. Le parti présidentiel LREM (6 conseillers jusqu'ici) disparaissant quant à lui complètement de l'hémicycle...

Un score hégémonique, réalisé toutefois sur fond d'abstention important (66% des électeurs auralpins ne se sont pas déplacés aux urnes, contre 67.41% au premier tour). D'après ce calcul, le nouveau président aurait ainsi été réélu par 17,8% des inscrits en Auvergne Rhône-Alpes. Soit un peu mieux qu'en Hauts-de-France (16,8%) ou en Ile-de-France (14,9%), mais moins bien qu'en Occitanie (20,9%) ou en PACA (19,7%).

"Un score en ayant siphonné les voix de l'extrême droite"

Du côté de l'opposition, Fabienne Grébert a pris acte de ce résultat, affirmant cependant que ces résultats, permettraient toutefois aux Verts de passer de sept à une trentaine de conseillers régionaux (sans compter le reste des forces de gauche) :

"Nous avons réalisé ce soir l'un des meilleurs scores cumulés des écologistes et des forces de gauche de France. L'écologie a démontré sa capacité à rassembler et à s'imposer comme la première force alternative à la droite extrême et à l'extrême droite et nous sommes aussi la seule force à être capable de faire reculer le RN, comme nous l'avions déjà démontré à Lyon et à Annecy".

En effet, la seule véritable surprise de ce scrutin demeure le recul, plus fort que prévu de l'extrême-droite, dont EELV et LR se disputent d'ailleurs la paternité : car au second tour, le RN recule encore davantage que prévu avec 11,18% des voix pour son candidat Andrea Kotarac (contre 13% lors des dernières enquêtes).

La candidate écologiste Fabienne Grébert a cependant ajouté : "Laurent Wauquiez réalise ce suffrage en ayant siphonné les voix de l'extrême droite et aujourd'hui, les digues ont sauté entre la droite républicaine et l'extrême droite".

La Région, puis 2022 ?

Les résultats de ce dimanche permettent à Laurent Wauquiez de dominer non seulement la région, mais aussi de renforcer plus largement à l'échelle nationale ses positions aux côtés d'autres ténors de droite, dont le sortant LR Xavier Bertrand (Hauts-de-France), réélu avec 52,37% des voix, et Valérie Pécresse (Ile-de-France), avec 45,92%.

Car au soir du second tour, Laurent Wauquiez était proche de rafler une autre mise : celle de la première prise de parole de la droite, dès 20h16, mais il l'aura finalement manquée de peu. Une marque qui a son importance puisque depuis la semaine dernière, c'est son homologue Xavier Bertrand des Hauts-de-France qui tente d'ouvrir la marche dans le leadership attendu à droite en vue de 2022. Celui-ci a d'ailleurs d'ores et déjà annoncé sa volonté d'être candidat.

Devant plus d'une centaine de militants à Lyon, Laurent Wauquiez a lui aussi pris la parole assez rapidement à l'issue des premières estimations, pour un discours qui se voulait clair et concis. Tout comme son nouveau « cap » : avec un score atteignant finalement les 55,17% (contre 54% projetés à l'heure de son discours), Laurent Wauquiez a d'abord remercié « les habitants de la région qui ont manifesté leur soutien avec force », estimant que « rarement, notre région a été aussi unie ».

Et d'ajouter, comme un rappel à son parcours à la tête de LR, dont il avait démissionné avec fracas à la suite de la défaite des européennes, en 2019 : « J'ai connu aussi les soirs où il faut être capable de se remettre en question et je n'ai pas oublié les leçons qu'il faut en tirer. J'en suis d'autant plus touché par la générosité avec laquelle les habitants ont démontré leur soutien ».

Laurent Wauquiez a poursuivi en estimant que « cette victoire franche nous rappelle une leçon en politique : on gagne en restant fidèle à ses valeurs et aux principes que l'on s'est fixés ».

Le président LR d'Auvergne Rhône-Alpes s'est félicité que « ce soir, les extrêmes ont reculé fortement dans notre région car nous ne leur laissons aucun terrain pour prospérer ».

Une manière d'assumer sa stratégie de campagne axée sur la sécurité, qui a grignoté des voix au RN. Mais aussi de parler plus largement "aux Français" en sous-titre, comme un prélude à une autre bataille plus nationale, qu'il ne confirme toujours pas briguer pour l'heure.

La fameuse "prime au sortant" qui se confirme

Le président sortant LR était d'ailleurs parti très tôt comme un favori, avant même de se déclarer candidat. A l'issue d'une campagne express, marquée par le thème de la sécurité et des visites principalement menées tambour battant en entreprise, le président sortant aura finalement peu endossé ses habits de candidats, lui préférant l'action « jusqu'au bout » à son mandat aux commandes de la Région.

Et les sondages lui avaient donné raison jusque dans l'entre-deux tours, où les dernières estimations le positionnaient, une fois encore, en-tête, avec 58% des voix, face à une liste d'union de gauche qui était créditée de 29%, contre 13% projetés pour le candidat RN Andrea Kotarac.

Reste que ce dimanche, "aucun sursaut républicain" n'aura eu lieu malgré les appels de l'entre-deux tours : le taux de participation demeurerait toutefois à un faible niveau de 33,37%, contre 57% en 2015, où Laurent Wauquiez avait alors remporté la tête de la Région une première fois avec 40,6% devant le PS, qui était alors incarné par l'ex-président Jean-Jack Queyranne (36,84%) tandis que le Front national faisait à l'époque 22,55% aux mains de Christophe Boudot.

Désormais, place à un nouveau cap pour le président de Région. Son équipe a cependant affirmé qu'il n'accorderait aucune interview en marge de son discours prononcé en début de soirée, et ne ferait pas non plus de passage en préfecture. Une occasion aussi d'imprimer à nouveau sa marque et son style.

Dès ce lundi matin, il était d'ailleurs déjà sur le terrain, sous les couleurs d'une invitation envoyée cette fois par son exécutif régional. Signe que la page des Régionales est bel et bien close. Même s'il ne l'a pas encore confirmé, les habits du président de Région pourraient cependant rapidement devenir trop petits pour lui.

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Commentaire 1
à écrit le 28/06/2021 à 8:30
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Wauquiez : Un barbu clivant. Non présidentiable. Un rouage de la machine à perdre.

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