Régionales : toujours pas "candidat", Laurent Wauquiez en pôle position pour 2021

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(Crédits : Cyril Bailleul)
Laurent Wauquiez pourrait-il rempiler pour un second mandat à la tête de la région Auvergne Rhône-Alpes ? Alors qu’il ne s’est toujours pas déclaré officiellement candidat aux régionales 2021, un récent sondage Ifop le donne vainqueur au premier, comme au second tour. Engagé dans une course de fond sur le terrain de sa région, où il multiplie les annonces d’investissements depuis la crise du Covid-19, l’une des questions pourrait être de savoir si le président de région vise 2021, voire même 2022…

(Article publié le 26/11/2020 à 13:00, actualisé à 15:02)

Le climat se précise en Auvergne Rhône-Alpes. A environ 6 mois des régionales -qui pourraient être repoussées à juin 2021 selon les premières conclusions du rapport Debré présenté à la mi-novembre au gouvernement-, nouvelle avance en vue pour Laurent Wauquiez. Le président LR de la région Auvergne Rhône-Alpes, déjà donné en tête selon les différents scénarios étudiés par le sondage OpinionWay / La Tribune de juillet dernier, semble toujours creuser l'écart. Selon le dernier sondage Ifop/Lyon Capitale/Sud Radio, dévoilé ce jeudi, le président sortant LR arriverait nettement en tête des sondages, et ce, dès le premier tour. Et serait donné vainqueur à nouveau, quel que soit le scénario.

Bien que le nom de son futur adversaire à gauche ne soit pas encore connu, le sondage évaluait notamment les chances de l'ancienne ministre de François Hollande, Najat Vallaud-Belkacem, ou encore du maire de Bourg-en-Bresse, Jean-François Debat. Mais dans les deux cas, Laurent Wauquiez conserverait son avance, et son score de 31% lors du premier tour.

En tête des différentes configurations

En seconde position, il faudrait toutefois compter avec le leader régional du Rassemblement National, Andréa Kotarac, qui pourrait récolter 20% des intentions de vote, devant une candidature LaRem portée par la députée Célia Lavergne (13 ou 14%). Si là encore, aucun nom n'a encore été avancé par la majorité, il semble que le ministre isérois de la Santé Olivier Véran, mobilisé sur le terrain de la crise sanitaire, ne soit plus l'option privilégiée à ce stade.

Seule certitude : une liste écologiste conduite par la seule candidate déclarée à ce stade, Fabienne Grébert -désignée par les signataire d'un appel issu du mouvement écologiste-, arriverait, dans ce sondage, 3e ex-aequo avec une liste PS, menée notamment par Najat Vallaud-Belkacem (12% chacune), dont la candidature n'est toutefois pas confirmée à ce stade. Soit un réservoir des voix de gauche atteignant près de 24% lors du premier tour. Et dans le cas d'une candidature PS de Jean-François Debat, l'écologiste Fabienne Grébert aurait même l'avantage (13%, contre 10%).

Peu de réactions sur la scène régionale

Toujours selon ce sondage, peu de surprises sembleraient néanmoins à attendre du second tour : même si le PS et EELV s'unissaient à cette étape au sein d'une liste d'union, la gauche ne recueillerait que 26% des intentions de vote, contre 36% pour Laurent Wauquiez. L'actuel président de région serait ensuite talonné par les listes Rassemblement national (23%) et LaRem (15%). Reste toutefois à déterminer quelle sera plus précisément la position de la frange UDI, dont le ralliement auprès de Laurent Wauquiez demeure l'option privilégiée au sein de ce récent sondage.

Dans l'entourage de Jean-François Debat, on glisse cependant : « Ce sondage, établi huit mois avant l'élection, alors que les principaux candidats ne sont pas encore déclarés et que la campagne n'a pas démarré, ne renseigne rien. C'est la photo d'un contexte très particulier, après une séquence très compliquée pour notre pays avec un contexte de crise sanitaire, où la campagne pour la régionales n'est plus à l'ordre du jour pour l'instant ».

Contacté, le cabinet de Laurent Wauquiez n'a pas souhaité s'exprimé à ce sujet, et rappelle que le président de Région est actuellement « au travail » sur le terrain de la crise sanitaire et économique. Et ce, même si le cap de la période préélectorale, fixée pour les régionales de mars 2021 au 1er septembre 2020, est déjà théoriquement franchi.

Et son entourage de murmurer : « Ce n'est vraiment pas la préoccupation à ce stade, on essaie de sauver des vies, et de permettre aux grands-parents de passer des fêtes en famille ». Et d'ajouter : « D'autant plus que la date des régionales n'est toujours pas clairement fixée ».

Un président « au travail » sur le terrain de la crise

Récemment, Laurent Wauquiez avait d'ailleurs multiplié les annonces, offrant l'image de président hyperactif sur le terrain de l'épidémie, en affectant de nouvelles enveloppes en urgence : 100 millions d'euros pour un plan de sauvetage économique en deux volets destiné aux petits commerces, 10 millions d'euros pour équiper les lycées en dispositifs de purification de l'air sur le modèle du voisin allemand... Le 16 novembre dernier, Laurent Wauquiez a même annoncé le lancement d'une campagne de dépistage gratuite et massive, avec l'achat et le déploiement de plusieurs millions de tests antigéniques Covid-19 (2 millions de précommandes), qui seront menés durant la semaine du 16 décembre, juste avant les fêtes de Noël.

L'objectif affiché : permettre à tous les habitants qui le souhaitent de se faire tester avant de passer les fêtes de Noël en famille, en s'appuyant sur un large réseau comprenant des communes, des entreprises, des lycées ou encore des centres de dépistage à installer, dont le nom des partenaires ainsi que la logistique ne sont toutefois pas encore complètement arrêtés. « Une première en France », avait annoncé  Laurent Wauquiez, dans une région qui compte 8 millions d'habitants.

Quelques jours plus tard, le ministre de la Santé Olivier Véran avait toutefois dénoncé un « effet d'annonce », dont « ni le directeur de l'Agence régionale de santé (ARS), ni le préfet n'ont été informés, ni au courant ». Et le président de région de répondre « qu'un ministre n'est pas là pour faire de la polémique mais devrait plutôt essayer de travailler avec tout le monde ».

L'opposition monte au créneau

Du côté de ses principaux opposants, des dents commencent à grincer : le président du groupe socialiste à la région et maire de Bourg-en-Bresse, Jean-François Debat, pressenti comme une potentielle tête de liste pour le PS, avait notamment reproché en septembre dernier à Laurent Wauquiez « d'utiliser l'argent public à des fins électorales » et avait annoncé la constitution d'un dossier auprès de la Commission nationale des comptes de campagne, face à une communication qu'il jugeait « exponentielle ».

Dans l'entourage de celui-ci, on précise d'ailleurs que le dossier a bel et bien été déposé, et permettra à la Commission d'évaluer en temps voulu le dossier, une fois que les candidats déclarés et les comptes de campagne déposés.  Quelques semaines plus tard, l'élu PS jugeait également « qu'une campagne de dépistage massif en population générale avec, principalement, des tests antigéniques pourrait donner une fausse sécurité aux personnes dépistées qui obtiennent un résultat négatif ».

Même impression chez la candidate EELV tout juste investie, Fabienne Grébert, par ailleurs présidente du groupe écologiste à la Région : « il me paraît normal d'avoir de tels résultats à un sondage ce stade de l'élection, alors que Laurent Wauquiez occupe le devant de la scène avec l'argent public du contribuable et annonce à grands renforts de communication une campagne de tests et des aides aux commerces à hauteur de 100 millions d'euros ».

Certains lui prêtent même à nouveau des ambitions présidentielles, avec un horizon 2022 qui se rapproche, alors même que le président de la région Auvergne Rhône-Alpes avait démissionné de la présidence des Républicains à l'issue de la déroute historique (8,48%) aux européennes de mai 2019.

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Commentaires
a écrit le 26/11/2020 à 18:14 :
Il a remis les territoriaux de la région AURA au travail, des cas de burn-out seraient un bon présage....

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