Ombrières solaires : le nordiste Helexia met la main sur l'isérois Cap Sud pour accélérer sur l'agrivoltaïque

L'entreprise nordiste Helexia, spécialiste de la production d'électricité en toitures et ombrières solaires, reprend le groupe isérois Cap Sud. Dans un contexte d'augmentation généralisée des coûts de l'énergie, cette acquisition lui permet de gagner plusieurs années de développement sur le marché spécifique du secteur agricole. Même si ses perspectives ambitieuses pourraient toutefois être assombries par les effets collatéraux du conflit en Ukraine.

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Cap Sud dispose de 344 toitures agricoles photovoltaïques représentant une capacité d'environ 35 mégawatts. Ensemble, nous pourrons proposer aux agriculteurs une offre globale avec des partenariats incluant toitures solaires sur hangars agricoles, projets agrivoltaïques, projets solaires au sol et projets éoliens, affirme le groupe Voltalia, maison-mère d'Helexia.
Cap Sud dispose de 344 toitures agricoles photovoltaïques représentant une capacité d'environ 35 mégawatts. "Ensemble, nous pourrons proposer aux agriculteurs une offre globale avec des partenariats incluant toitures solaires sur hangars agricoles, projets agrivoltaïques, projets solaires au sol et projets éoliens", affirme le groupe Voltalia, maison-mère d'Helexia. (Crédits : Helexia)

Preuve de l'intérêt stratégique de la PME iséroise Cap Sud et de son potentiel dans la production d'électricité sur toitures agricoles, une bonne dizaine d'offres de reprises avaient été déposées au Tribunal de commerce de Vienne, suite à son placement en redressement judiciaire (ou procédure de sauvegarde, pour certaines filiales) en novembre dernier.

Trois étaient en shortlist (dont celui porté par le producteur d'énergies renouvelables Qair) mais c'est finalement l'entreprise nordiste Helexia qui vient d'emporter le morceau, et repart avec Cap Sud dans ses valises.

3 à 5 ans de développement gagnés

Créée il y a 10 ans, Helexia est spécialisée dans la production décentralisée d'électricité en toitures et ombrières solaires, ainsi que dans l'optimisation énergétique des bâtiments. Elle dispose de bureaux dans plusieurs grandes villes de France, dont Lyon (avec une équipe de 45 personnes).

Active principalement auprès de clients commerciaux et industriels, marché sur lequel elle est en concurrence avec des acteurs comme GreenYellow (filiale du groupe Casino), Helexia s'appuie actuellement sur 150 millions d'euros d'actifs propres, pour un portefeuille de contrats de vente d'électricité de 225 megawatts.

C'est 4,4 fois de plus qu'au moment de son rachat en 2019, par le groupe coté Voltalia (CA 2021 : 396 millions d'euros), producteur d'énergies renouvelables (2 gigawatts en exploitation ou en cours de construction).

Sur ces 225 megawatts, 23 concernent le secteur agricole avec 204 installations à ce jour. Avec le rachat du groupe Cap Sud (Cap Sud France, Gavriane, My Sun, Securisol et Buck&Co), elle entend renforcer radicalement sa présence dans ce domaine.

Le pas est d'importance puisque dans cette opération, Helexia (CA 2021 : 20 millions d'environ avec 250 salariés dont 100 en France) absorbe une société dont le chiffre d'affaires est 1,5 fois plus important que le sien. Les 110 salariés ont également été repris.

"Une crise de liquidités, mais un potentiel indiscutable"

"Nous avons trouvé dans Cap Sud une société disposant d'un fort savoir-faire en matière de production décentralisée sur site agricole. Nous avons aussi constaté beaucoup d'envie et de talent. L'entreprise était en difficulté parce qu'elle s'est trouvée confrontée à une crise de liquidités, mais son potentiel est indiscutable", commente Benoit Pype, directeur France d'Helexia.

Avec cette acquisition à la barre du Tribunal de commerce (d'un montant de 5 millions d'euros), la filiale de Voltalia a également vu là l'occasion de booster son portefeuille d'actifs agricoles : Cap Sud dispose de 344 toitures agricoles photovoltaïques (35 mégawatts), principalement dans le Sud Ouest.

"J'estime que cela nous fait gagner entre 3 et 5 ans de développement. Il faut savoir que dans le secteur agricole, les dossiers prennent parfois beaucoup de temps. Il peut s'écouler deux ans entre la première rencontre et la signature du contrat".

Des synergies vont être déployées entre Cap Sud, qui opère également des activités de maintenance, Helexia et Voltalia.

"Ensemble, nous pourrons proposer aux agriculteurs une offre globale avec des partenariats incluant toitures solaires sur hangars agricoles, projets agrivoltaïques, projets solaires au sol et projets éoliens", insiste le directeur général de Voltalia, Sébastien Clerc. Benoit Pype, directeur d'Helexia France précise : "peu d'acteurs sont positionnés sur l'ensemble de cette chaîne de valeur".

Le risque ukrainien

Les perspectives (ambitieuses mais confidentielles...) pourraient toutefois être assombries par les effets collatéraux du conflit en Ukraine, s'ajoutant à des tensions déjà existantes en matière de composants.

"Nos installations voient leur prix surenchérir de 15 à 25%. Cette hausse peut être difficilement absorbable par les clients, en particulier dans le secteur agricole, où peu signent pour de l'autoconsommation pure, mais plutôt pour des contrats avec obligation d'achat. Sauf que le prix de de rachat est fixé pour 20 ans... Et ce tarif n'a pas été réévalué. Le risque, aujourd'hui, c'est que de nombreux projets soient repoussés, voire stoppés car difficilement amortissables", met en garde Benoit Pype.

Qui espère, comme ses concurrents, que ce tarif réglementé soit rapidement réévalué.

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