En Haute-Savoie, une commune transforme du foncier inexploitable en centrale solaire

La commune de Faverges-Seythenex (Haute-Savoie) a mis en service cet été la première centrale solaire en circuit court du département. Sur ce territoire, davantage habitué à profiter de l’énergie hydroélectrique produite par les barrages de montagne, cette initiative, basée sur un partenariat public-privé, ouvre la voie à de futurs développements et constitue une réponse innovante sur un territoire où le prix du foncier demeure l'un des plus élevés en France.

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Cette petite commune de 7.000 habitants a eu l'idée de mettre en place une centrale solaire sur un ancien terrain inexploitable, alors que le foncier du département demeure l'un des plus onéreux de France. Elle a pour cela conclu un partenariat public-privé (PPP) avec la filiale du groupe lyonnais Terre et Lac, Corfu Solaire, afin de produire de l'énergie verte et même d'instaurer une boucle locale de consommation.
Cette petite commune de 7.000 habitants a eu l'idée de mettre en place une centrale solaire sur un ancien terrain inexploitable, alors que le foncier du département demeure l'un des plus onéreux de France. Elle a pour cela conclu un partenariat public-privé (PPP) avec la filiale du groupe lyonnais Terre et Lac, Corfu Solaire, afin de produire de l'énergie verte et même d'instaurer une boucle locale de consommation. (Crédits : @LeTaillefer)

En Haute-Savoie, il était jusqu'ici difficilement imaginable de déployer une centrale solaire, dont la conception nécessite d'importantes surfaces au sol, car les contraintes du relief et le coût du foncier représentent habituellement des obstacles considérables.

Or, la commune de Faverges-Seythenex, située dans la vallée reliant la ville d'Ugine au lac d'Annecy, s'est retrouvée avec un terrain inexploitable : une ancienne décharge municipale, certes recouverte d'une couche d'argile et d'une couche de terre, mais aussi inutilisable à des fins immobilières qu'agricoles.

Dans ce département en particulier, on connaît bien la valeur d'un terrain plat et bien exposé comme celui-ci, alors que les dénivelés occupent une grande partie du territoire, et que le prix du foncier - l'un des plus élevés en France avec la région parisienne et la Côte d'Azur - suscite les convoitises sur la moindre parcelle.

Une boucle locale dans la commune

C'est ainsi que la commune de 7.000 habitants a eu l'idée de mettre en place une centrale solaire sur ce terrain. L'ancienne municipalité a pour cela conclu un partenariat public-privé (PPP) avec l'entreprise Corfu Solaire, une filiale du groupe lyonnais Terre et Lac, lui-même spécialisé dans le domaine des énergies renouvelables, qui lui proposait de produire 2,5 mégawatts sur cette surface de trois hectares.

Résultat ? Le projet a abouti à la création d'une société conjointe, la CS La Fourche, dans laquelle 2,3 millions d'euros ont été investis, dont 55% par le privé et 45% par la commune. Le financement s'articule essentiellement autour d'un emprunt de 1,8 million d'euros, souscrit par la société conjointe, et qui sera remboursé par la commercialisation de la production solaire.

Deux mégawatts seront ainsi vendus pour être redistribués en énergie verte, tandis que 0,5 mégawatt seront consommés localement.

De leur côté, les résidents et entreprises qui le souhaitent peuvent adhérer à une boucle locale de consommation, Volt FaSe. A partir de ce mois de septembre, ils obtiendront la garantie de recevoir 20% de la production solaire locale au prix du fournisseur historique.

Les 80% restants, équivalents à la consommation d'un millier de foyers, sont cédés sur le réseau électrique dans le cadre d'un contrat classique, où ils seront redistribués comme énergie verte.

Initier des usages vertueux

Pour la commune, l'intérêt est double.

« Nous gagnons en autonomie énergétique, tout en sensibilisant la population sur la consommation, souligne Jeannie Tremblay-Guettet, première adjointe à la mairie de Faverges-Seythenex, en charge des transitions et de l'énergie. L'idée est de dire que c'est bien de produire de l'énergie renouvelable, mais aussi qu'il est important de maîtriser sa consommation. »

Le choix a été fait de n'approvisionner qu'un bâtiment municipal, car la production solaire est à son maximum entre midi et 14 heures, un moment de la journée où les bâtiments municipaux sont peu occupés.

Les équipements sont garantis vingt ans : au-delà, toute production ne sera que du "bonus", puisque le parc photovoltaïque est prévu pour fonctionner durant 40 ans. Mais même avant 2041, le pire qui puisse arriver serait une opération blanche financièrement, confie Mme Tremblay-Guettet. « Même une opération blanche serait bien en terme de source d'énergie ; c'est un investissement d'avenir », pointe-t-elle.

À présent, la commune se tourne même vers le développement de nouveaux projets en matière d'énergie renouvelable. Les toits des plus grands bâtiments municipaux pourraient recevoir des panneaux de production solaire.

Mais la baisse des consommations locales est aussi l'une des priorités à l'agenda. « Nous aimerions faire se croiser nos courbes de consommation et de production locale, mais c'est un travail à long terme, précise Mme Tremblay-Guettet. L'important était de débuter : plus on tarde, plus on recule l'échéance de ce croisement des courbes. Au contraire, quand on entre dans une dynamique, cela peut aller parfois plus vite que prévu. »

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