Des maxi-centres de vaccination "clés en main" déjà prêts à démarrer

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Alors que la France est suspendue aux annonces qui doivent intervenir ce soir, un consortium d'acteurs (comprenant deux lyonnais) s'apprête à proposer une solution de maxi-centres de vaccination clés en main à l'Etat.
Alors que la France est suspendue aux annonces qui doivent intervenir ce soir, un consortium d'acteurs (comprenant deux lyonnais) s'apprête à proposer une solution de maxi-centres de vaccination "clés en main" à l'Etat. (Crédits : RONEN ZVULUN)
A peine l’amorce d’un « go » a-t-elle été donnée par le gouvernement, que les acteurs lyonnais sont déjà en ordre de marche. Le groupement composé du lyonnais UniHA, le premier réseau coopératif d'achats groupés des établissements hospitaliers publics français, a fédéré avec lui plusieurs acteurs, dont le leader de l’événementiel GL Events, mais aussi les groupes Atos et Cap Gemini. Objectif : accompagner la montée en puissance de la vaccination en fournissant des « maxi-centres de vaccination » clés en main, déployables en dix jours.

Alors que la France, et notamment le département du Rhône, attendait avec appréhension le renforcement des mesures sanitaires -officialisé désormais à 18h par Olivier Véran, qui place le Rhône parmi les trois nouveaux départements en confinement-, plusieurs acteurs lyonnais (et français) se préparent déjà à proposer leur expertise à l'Etat, afin d'accompagner la montée en charge de la vaccination à l'échelle nationale.

Car dans le Rhône, où le taux d'incidence a explosé au cours de la dernière semaine, approchant désormais la barre des 400 cas pour 100.000 habitants, plusieurs entreprises locales se préparaient à contribuer à l'effort national d'une nouvelle manière.

A savoir, proposer des « maxi-centres de vaccination » clés en main à l'Etat français. Au moins deux d'entre eux sont lyonnais : il s'agit tout d'abord d'UniHA, le premier réseau coopératif d'achats groupés des établissements hospitaliers publics français.

Premier acheteur public français, avec en 2020 plus de 5,02 milliards d'euros d'achats en 2020, il rassemble à ce jour 1.026 établissements hospitaliers, 110 GHT (groupements hospitaliers de territoire). Celui-ci a souhaité "prendre les devants", en publiant un marché public où il enjoignait les acteurs à se positionner, en vue d'anticiper la demande des pouvoirs publics sur le terrain de la vaccination.

Après étude des dossiers, ce dernier choisi de s'allier à un autre lyonnais dont on connaissait déjà l'expertise dans la gestion d'événements et d'installations éphémères, le spécialiste de l'événementiel GL Events. Associés également à l'informaticien Atos (très implanté à Grenoble), et au cabinet Cap Gemini, les quatre partenaires ont saisi la balle au bond.

L'annonce d'une trentaine de "vaccinodromes" comme déclencheur

Car depuis quelques jours, l'Etat français a confirmé pour la première fois, en parallèle à la flambée de l'épidémie et d'une possible troisième vague qui se renforce à l'échelle du territoire et du département rhodanien, son besoin de déployer des maxi-centres de vaccination. Et ce, même si l'approvisionnement en doses de vaccins demeure toujours tendu.

Ce lundi, le ministre de la Santé, Olivier Véran, annonçait en effet que l'armée et les sapeurs-pompiers allaient déployer « au moins 35 »  vaccinodromes en France. Objectif : couvrir une large amplitude journalière et hebdomadaire, afin de continuer à « accélérer » la campagne de vaccination, qui vise désormais les 30 millions de Français vaccinés d'ici la mi-juin.

Avec un objectif de pouvoir pratiquer 1.000 à 2.000 injections quotidiennes. Si à Lyon, -département qui passe ce jeudi soir finalement en confinement, après l'annonce d'Olivier Véran-,  on ne connait pas encore précisément la localisation de ces « vaccinodromes », ce nouveau groupement d'acteurs, réuni autour du lyonnais UniHA, compte bien se positionner sur un nouveau marché en pleine actualité.

Le résultat de plusieurs mois de travail

Cela faisait en réalité plusieurs mois que le groupement coopératif préparait discrètement ce virage : depuis novembre dernier, l'UniHA avait en effet opéré un "sourcing" auprès d'entreprises françaises, dans l'objectif d'allier leurs compétences et connaissances des opérations en matière de santé.

« Ce travail a permis de consolider les principes d'organisation et d'exploitation de centres de vaccinations optimisés aux meilleures conditions de sécurité pour les patients et les professionnels de santé », indique l'UniHA. Une demande qui se serait même appuyée, en sous-main, sur une collaboration avec la « task force vaccins » mise sur pied par le ministère des Solidarités et de la Santé français, qui regarderait de près le dossier.

Résultat ?  Les quatre acteurs souhaitent ainsi proposer un équipement clé en main, déployable en 10 jours, et assorti d'un parcours déjà pensé et reposant sur des garanties de sécurité et de traçabilité, qui sera ensuite reproductible mais également adaptable à tous types de sites.

Avec l'objectif d'y associer notamment des équipements mais également un parcours des produits de santé défini, de même que la traçabilité des actes et des produits, le suivi médical.

Le recrutement du personnel soignant ainsi que l'approvisionnement en vaccins resterait néanmoins du ressort de l'Etat, les partenaires confirmant simplement la compatibilité de leur système d'information avec les exigences en matière de confidentialité requises par les pouvoirs publics.

Pour un coût de 8 euros par patient

Selon l'UniHA, le coût moyen de ce service atteindrait « environ 8 euros/injection », et comprendrait notamment « le conditionnement des locaux puis leur remise à l'état, l'énergie, l'installation des équipements puis leur reprise et notamment l'informatique, le nettoyage, la sécurité des personnes et des sites, mais également le traitement des déchets. »

Avec un engagement : cette offre devrait être accessible «  dès le 5 avril prochain aux services de l'État (Préfecture, ARS), aux collectivités territoriales, voire aux entreprises qui en feront la demande », -sous réserve que les recours des candidats déçus, toujours possibles, soient expurgés d'ici là-.

Selon l'UniHA, l'ensemble du territoire national, « métropole comme départements et collectivités d'outre-mer », pourraient ainsi installer et accueillir leurs premiers patients dans des maxi-centres de ce type entre les 10 et 15 avril. Sous réserve que l'Etat mais aussi les collectivités territoriales, les hôpitaux, etc, se saisissent désormais de cet outil.

(A suivre)

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Commentaires
a écrit le 26/03/2021 à 21:00 :
Juste un an de retard!,,,, Quelle anticipation , cela vaut le coup de la mettre en avant !,,,,

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