Fab’entech, la biotech qui développe un traitement (et non pas un vaccin) contre le Covid-19

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En plus d'avoir remporté récemment un appel à projets France Relance, Fab'entech s'est engagée dans une levée de fonds à hauteur de 11 millions d'euros auprès d'investisseurs privés, et vient d'en sécuriser une première tranche.
En plus d'avoir remporté récemment un appel à projets France Relance, Fab'entech s'est engagée dans une levée de fonds à hauteur de 11 millions d'euros auprès d'investisseurs privés, et vient d'en sécuriser une première tranche. (Crédits : DR)
INNOVATION. Alors que la France accélère sa stratégie de vaccination et que l'Ile-de-France connait un bond de son taux d'incidence, une jeune pousse lyonnaise, Fab’entech, planche sur le développement d'un traitement, visant à éviter que les malades du Covid-19 ne se retrouvent en soins intensifs. Elle attend désormais les autorisations pour lancer des essais cliniques chez l’homme et vient d'obtenir un financement France Relance, qui devrait lui permettre de multiplier par huit la capacité de production de son usine de Saint-Priest (Rhône).

Fab'entech a été créée en 2009 et s'est spécialisée dans les anticorps polyclonaux. Ces derniers correspondent à un mélange d'anticorps, produits par différentes souches de lymphocytes B. "La technologie que nous utilisons est sous licence de Sanofi-Pasteur", indique Sébastien Iva, le nouveau président de Fab'entech, qui vient de prendre la suite de Bertrand Lépine, fondateur de l'entreprise et ancien cadre de Sanofi-Pasteur. "Nous avons une expérience de plus de 10 ans dans la recherche de traitements dans les maladies infectieuses émergentes", poursuit-il.

Ainsi, Fab'entech a déjà fabriqué des traitements contre le virus H5N1 ou encore Ebola, à base d'anticorps polyclonaux. Elle a également développé un antidote pour la biodéfense avec le soutien de la DGA.

"Avec l'arrivée de la pandémie de Covid-19, nous avons décidé d'initier un programme de recherche sur le sujet, car c'est dans les gènes de Fab'entech de pouvoir développer un traitement", explique Sébastien Iva. On a beaucoup parlé des vaccins, mais du côté des traitements, on voit une sorte de vide", regrette-t-il.

Réduire la mortalité

Le traitement développé par l'entreprise serait destiné aux malades ayant des complications respiratoires qui les conduisent à l'hôpital.

"Nous ciblons les patients qui ont des comorbidités comme le diabète, le surpoids, ou encore des cancer, car ils présentent 40% de risques de se retrouver en soins intensifs, s'ils sont contaminés par le Covid-19. Nous voulons ainsi diviser par deux le nombre de patients actuellement transférés en soins intensifs et réduire la mortalité", développe le président de Fab'entech.

Pour cela, la jeune pousse a développé des anticorps polyclonaux, qui attaquent le virus sur tous les fronts, contrairement aux anticorps monoclonaux, qui attaquent un angle très précis du virus.

"Nous sommes en discussions avec les autorités européennes pour le développement de notre produit. Nous pourrions commencer les essais cliniques vers le mois de juin, avec l'objectif d'obtenir une autorisation temporaire d'utilisation (ATU) en fin d'année. De notre côté, les produits sont déjà prêts pour cette étude clinique. La problématique va être de savoir dans quel pays démarrer cette étude pour pouvoir la commencer le plus rapidement possible ", souligne-t-il.

Selon lui, une entreprise argentine a justement publié ses premiers résultats sur des anticorps polyclonaux très semblables au sien et observeraient déjà une baisse de mortalité de 40 %, "nous sommes assez confiants sur l'efficacité de notre produit", ajoute Sébastien Iva.

Levée de fonds de 11 millions d'euros

Fab'entech compte 27 salariés et enregistre pour l'heure un chiffre d'affaires d'environ 5 millions d'euros. "Nous avons doublé les effectifs cette année et nous allons continuer à recruter pour capitaliser sur notre site industriel", annonce Sébastien Iva.

En effet, l'entreprise a commencé il y a deux ans la construction d'un site industriel à Saint-Priest (Rhône), qui doit être finalisé cette année. Dans l'écosystème lyonnais, Fab'entech s'appuie sur les leaders d'opinion locaux comme le CHU, le virologue Bruno Lina ou l'infectiologue Florence Ader. L'entreprise est aussi soutenue par Lyonbiopôle, l'Institut Mérieux et Bpifrance, qui figure au capital. "Nous avons aussi réactivé les contacts que nous avions avec l'OMS", souligne Sébastien Iva.

Fab'entech vient par ailleurs d'être lauréate d'un appel à projets baptisé « Capacity » dans le cadre de France Relance, qui lui offre un financement pour multiplier par huit la capacité de production de son usine de Saint-Priest, en vue de préparer les traitements pour fin 2021.

"Nous sommes dans un plan d'accélération pour essayer d'avoir le traitement le plus tôt possible. Dans ce cadre, nous effectuons une levée de fonds à hauteur de 11 millions d'euros auprès d'investisseurs privés. Nous venons de sécuriser la première tranche et nous partons sur la deuxième tranche, avec une échéance à 2022", détaille Sébastien Iva.

Début 2020, la biotech avait déjà bouclé une levée de fonds de 8,5 millions d'euros auprès de Definvest, le fonds du ministère des Armées géré par Bpifrance, de l'Institut Mérieux et de ses investisseurs historiques (Elaia, Sigma Gestion, Kreaxi et son fondateur, Bertrand Lépine).

"Nous allons avoir besoin de visibilité et de prise de risque. Le gouvernement pourrait passer des pré-commandes de notre traitement par exemple", envisage Sébastien Iva.

Pour lui, "Fab'entech a tout pour proposer un traitement pertinent pour les malades atteints du Covid". Ne reste plus qu'à trouver des relais de financement en vue de se développer plus rapidement.

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Commentaires
a écrit le 10/03/2021 à 9:11 :
Il est rigolot notre pays, on a plein de chercheurs, en revanche aucun qui trouve...
a écrit le 09/03/2021 à 18:15 :
Bertrand Lépine, le petit fils de l'inventeur du célèbre concours ?
Assez rigolé, LE Médicament, c'est LA solution et pis c'est tout, et je m'en fous si ça sort du concours Lépine, au moins c'est Français.
Reste le coût, mais vu ce que coûtent les tests et les vaccins, le "truc" polyclonal devrait être rentable pour les finances de la SS.
Réponse de le 10/03/2021 à 9:12 :
Vous dites Français, ça reste à voir, vu le nombre d'usines qui ferment en France je suis pas sûr qu'on puisse les fabriquer dans notre pays...

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