Présidentielle. Au sommet du Mézenc, la mise en garde de Wauquiez contre "le poison de la division"

Ce dimanche, Laurent Wauquiez a accompli sa traditionnelle ascension du Mont Mézenc, qui culmine entre la Haute-Loire et de l'Ardèche. Une occasion de revenir sur son choix de renoncer à la présidentielle, et de mettre en garde sa famille politique contre "le poison de la division"... tout en lui glissant, au passage, quelques "valeurs" fortes. Et d'affirmer : "Je ne vais pas me retirer sous ma tente, je serai là, comme je l'ai toujours été".

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Ce choix, je le fais aussi face au poison des divisions qui nous ont déjà fait tant de mal. Je vois, comme vous, les candidatures à droite se multiplier dangereusement, a affirmé Laurent Wauquiez, à l'issue de son ascension.
"Ce choix, je le fais aussi face au poison des divisions qui nous ont déjà fait tant de mal. Je vois, comme vous, les candidatures à droite se multiplier dangereusement", a affirmé Laurent Wauquiez, à l'issue de son ascension. (Crédits : DR)

Il aura pris son temps, et scindé ses prises de paroles en deux épisodes. Après une première déclaration de non-candidature ce jeudi soir réservée aux réseaux sociaux, président LR de la région Auvergne Rhône-Alpes, pressenti depuis plusieurs mois pour les primaires de la droite, est revenu sur les raisons de son choix ce dimanche, lors de sa traditionnelle ascension du Mont Mézenc (qui culmine à 1749m), qu'il effectue chaque année à l'occasion de sa rentrée politique.

Une occasion d'expliquer plus longuement "pourquoi" il a choisi de ne pas se présenter, alors qu'il était considéré, après sa victoire aux élections régionales, comme l'un des trois tenants de la future primaire de la droite, aux côtés de Xavier Bertrand (qui a depuis déclaré qu'il partirait seul) et de Valérie Pécresse.

Lors de son discours, Laurent Wauquiez a d'abord justifié ce choix par une volonté de ne pas "rajouter de la division à la division".

"Aujourd'hui, force est de constater qu'aucun candidat ne s'impose à droite. On peut le regretter, on peut s'interroger sur les raisons, mais personne ne peut nier cette évidence : aucun candidat n'a aujourd'hui la force et la légitimité pour imposer sa candidature, comme Nicolas Sarkozy, Georges Pompidou ou le général De Gaulle ont pu le faire en leur temps", a déclaré Laurent Wauquiez.

L'envie est indispensable, "mais pas suffisante"

Et de justifier que, si "pour être candidat à l'élection présidentielle, l'envie est indispensable mais elle n'est pas suffisante. Il faut sentir, au plus profond de soi, à un moment précis, qu'on est en situation de rassembler à la fois sa famille et les Français. Je considère aujourd'hui, en conscience, que ce moment n'est
pas venu pour moi", a déclaré le président de Région.

S'il laisse ainsi la porte ouverte à de futures ambitions présidentielles (déjà, on parle dans les coulisses de l'arène politique de l'après-crise et notamment de 2027...), Laurent Wauquiez passe ainsi son tour pour cette fois.

Le danger de la division, qu'il a pointé à plusieurs reprises lors de ce nouveau discours, ne lui semble en effet pas de bonne augure pour son parti, dont il a quitté la présidence en 2019 suite aux élections européennes, et avec lequel il entretient encore aujourd'hui des relations à ambivalentes.

Car c'est dans sa famille politique qu'il se considère toujours, mais sans jamais afficher l'étiquette LR, notamment aux élections régionales. Ou encore en prévision de cette rentrée politique, où il a invité la presse avec le sigle de la Droite Sociale, un club de réflexion qu'il a fondé en 2010 aux côtés de "nombreux élus issus de toutes les familles de pensée de la droite et du centre".

Le danger de la division

A propos de LR, il affirme d'ailleurs : "Je vois, comme vous, les candidatures à droite se multiplier dangereusement, sans que l'on sache encore comment les départager. Je vois, comme vous, les risques de morcellement et les difficultés à imposer une candidature d'union. Je vois, comme vous, les dangers que font peser les aventures solitaires sur nos chances de victoire."

Car désormais, on dénombre déjà plusieurs candidats : Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, Philippe Juvin, mais aussi Eric Ciotti ou encore Michel Barnier.

Laurent Wauquiez a même terminé son discours par une mise en garde à ses homologues de droite :

"Alors qu'un espoir s'est levé après les élections régionales et que nos idées progressent chez les Français, ne donnons pas le triste spectacle de ces divisions de Pichrocoles, ne donnons aucune raison de déplorer que la droite française soit à nouveau la plus bête du monde."

Des valeurs aux allures de programme malgré tout

D'ailleurs, Laurent Wauquiez en a profité pour rappeler en quelques points clés les "valeurs" qui auraient pu lui servir de socle pour un programme, et qu'il a déjà avancées lors des dernières élections régionales : à savoir le travail -"Les Français n'ont pas perdu le sens du travail ; c'est le travail qui a perdu son sens avec les dérives de l'assistanat", selon le président de Région. Mais aussi l'argent public, où il fustige directement la politique menée par le gouvernement avec le quoi qu'il en coûte -"Quelle absurdité de laisser croire que la France peut dépenser sans compter « quoi qu'il en coûte », alors que nous dépensons déjà plus que tous les pays de l'OCDE"-, dixit Laurent Wauquiez.

L'immigration, ensuite, "qui a doublé en vingt ans alors que nos capacités d'intégration sont saturées". Et d'ajouter : "Pour moi
le but doit être clair : il faut arrêter l'immigration le temps de
relancer l'assimilation républicaine".

Avec enfin, "la restauration de l'autorité", qui doit selon Laurent Wauquiez, que ce soit face aux zadistes, sur les bancs de l'école pour défendre la laïcité, ou sur le terrain de l'histoire, "sans céder à la repentance sur l'Algérie", estime-t-il.

Conscient qu'il peut encore peser dans la bataille des idées, le président LR a ainsi souhaité lancer un double appel à ses "amis" : soit un "appel à l'union et un appel aux convictions". Il l'affirme lui-même : "Je ne vais pas me retirer sous ma tente, je serai là, comme je l'ai toujours été, avec ma famille politique, dans la fidélité à nos idées."

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Commentaires 13
à écrit le 14/09/2021 à 9:30
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le probleme de le droite c est qu elle n a jamias demontrée sa capacite a gerer en fonction du bien commun et non des particularités ...et l endettement qu elle a accumulé sur le pays pour le cacher chirac balladur sarkozy 1000 milliards de dettes cu...

à écrit le 14/09/2021 à 9:27
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le probleme de le droite c est qu elle n a jamias demontrée sa capacite a gerer en fonctioon du bien commun et non des particularités ...et l endettement qu elle a accumulé sur le pays pour le cacher chirac ba lladur sarkosy 1000 milliards de dettes ...

à écrit le 31/08/2021 à 9:50
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Le poison de la droite c'est le centre qui l'a toujours amené à trahir ses électeurs sans lui donner de réelle contrepartie.

le 31/08/2021 à 13:50
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C'est le problème de notre mode de scrutin "pervers" qui empêche tout changement profond sur le pays.

à écrit le 31/08/2021 à 9:38
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La particulirité de la droite c'est de n'avoir que des "projets" mais aucun programme, est pour cause... elle est dépendante du bon vouloir de Bruxelles!

à écrit le 30/08/2021 à 16:00
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Tous pour un et tous pour Louis... Que c'est beau la monarchie républicaine!

à écrit le 30/08/2021 à 10:27
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1753 mètres le mont mezenc. On voit bien là la volonté politique de la rédaction de la Tribune de rabaisser notre futur premier ministre. Shame on you ;-)

le 31/08/2021 à 3:22
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Mme Dati vient d'être sur la même ligne que Wauquiez, on va avoir la liste du gouvernement de Mr Bertrand sans suspense.

à écrit le 30/08/2021 à 8:31
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Et Mimi Marchand elle finance toujours le parti au fait ou bien les seuls LREM ? Le problème n'étant pas la multiplication des candidats de droite mais des partis de droite, UDI, MODEM, LR, LREM, RN sans parler de tous ces mouvements qui se sont créé...

le 30/08/2021 à 10:48
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Moins il y a d'électeurs et plus il y a de partis politiques, allez comprendre ! ^^

à écrit le 30/08/2021 à 7:38
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Échec sur toute la ligne de la droite et de la gauche. Un boulevard s'ouvre pour Macron ...qui se refermera en 2027. Après... après...

à écrit le 30/08/2021 à 3:31
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mitrand a fait des emules...

à écrit le 30/08/2021 à 3:29
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Mr Wauquiez a déjà négocier un poste de premier ministre avec Bertrand. On va vite le voir en campagne avec ce dernier.

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