Fabienne Grébert (EELV AuRA) : "Un modèle économique qui n'est pas durable pour la montagne"

 |  | 2213 mots
Lecture 11 min.
Nous avons une chance extraordinaire de transformer cette crise en opportunité, afin de permettre à des gens qui habitent à proximité de découvrir leur patrimoine et pas uniquement dans des usines à ski, estime la candidate écologiste.
"Nous avons une chance extraordinaire de transformer cette crise en opportunité, afin de permettre à des gens qui habitent à proximité de découvrir leur patrimoine et pas uniquement dans des usines à ski", estime la candidate écologiste. (Crédits : DR/Nicolas Gumery)
REGIONALES 2021. Elle est la première candidate "déclarée" en Auvergne Rhône-Alpes. Fabienne Grébert, une haut-savoyarde de 55 ans, a décroché la tête de liste des écologistes cette fin d'année en vue des régionales 2021. Elle a donné le coup d'envoi de sa campagne mi-janvier, en impulsant une tribune pour la montagne, et nous livre sa vision pour la deuxième région de France, où les écologistes aimeraient bien réaliser un triplé gagnant, après avoir conquis la ville et la métropole.

Vous avez publié mi-janvier une tribune appelant à un nouveau modèle de développement pour la montagne. Qu'y défendez-vous exactement, quelle est votre vision pour la montagne de demain ?

"Personnellement, je me sens touchée personnellement par ce sujet, étant donné que j'habite à Annecy, dans les Alpes.

L'avenir de la montagne est aujourd'hui frappé par la crise sanitaire, mais il l'était déjà hier ou demain à cause du réchauffement climatique, à cause d'un modèle économique qui n'est pas durable, et qu'on continue de soutenir et d'encourager.

Je comprends tout à fait les difficultés que rencontrent certains acteurs économiques de la filière (commerçants, hôteliers, compagnies de remontées mécaniques, etc) mais quoi que l'on en dise, 80 % de nos stations de ski ne fonctionneront plus de la même façon à l'échéance de 2050.

Une région comme la nôtre a le devoir de préparer l'avenir et d'anticiper ces changements inexorables en préparant les habitants et les acteurs économiques ainsi que le monde du sport à ce contexte."

Vers quel modèle souhaitez-vous amener la Région ?

"Il faudrait passer d'un tourisme de masse vers un tourisme d'espace. Aujourd'hui, seul 2 % de la montagne est exploité dans une logique de massification, avec des domaines skiables qui sont de plus en plus grands et avec des forfaits de plus en plus chers, pour une clientèle de plus en plus fortunée.

Or, nous devons travailler à la préservation de nos espaces et recréer une offre de tourisme 4 saisons, en été comme en hiver, avec le développement d'activité pérenne qui marche toute l'année pour tirer le meilleur parti du capital humain qui habite sur ces zones et qui les fait vivre.

Aujourd'hui, plus personne ne prend l'avion et nous avons une chance extraordinaire de transformer cette crise en opportunité, afin de permettre à des gens qui habitent à proximité de découvrir leur patrimoine et pas uniquement dans des usines à ski, mais également au détour d'un petit village et d'acteurs qui font la vie culturelle sociale ou économique de ces bassins".

Existe-t-il cependant un modèle pour faire vivre ce type de tourisme, alors que l'on constate aujourd'hui que si le public est venu consommer des activités en montagne cet hiver, les acteurs économiques affichent tous des chutes de revenus allant de - 70 à -90 % ?

"Il n'existe pas de solution miracle et probablement pas un seul modèle économique, mais plusieurs à inventer.

Cela passe par plus de coopération entre les différents acteurs que sont les collectivités territoriales, les acteurs touristiques,...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 29/01/2021 à 21:42 :
Le constat est juste, les usines à skieurs, c'est mal barré et ce n'est pas d'aujourd'hui que ça a commencé. En fait, cela a commencé, quand, pour pallier le manque de neige, on a commencé à installer des canons à neige et construire des retenues d'eau pour alimenter les machines. Un gaspillage colossal d'argent pour un rendement faible, chaque année moins longtemps utilisable pour cause de hausses de températures et pire, des écarts de températures importants d'une semaine sur l'autre, phénomène inexistant il y a 30/40 ans (hé oui déjà!).
Les stations de moyenne altitude sont condamnées à 10 ans. Celles d'altitude à 20 ans...?Bref, en 2050
les usines à touristes seront des ruines comme par exemple le petit complexe de Saint Honoré dans l'Isère...RIP.
a écrit le 29/01/2021 à 12:52 :
Connerie... Quelques marcheurs qui veulent la montagne pour eux... Mettons des panneaux solaires sur les versant sud pour alimenter des step et fournir l'électricité aux remontés... In sait très bien que le réchauffement c'est 90%de possible et 10% de sûre, ne pas skier ne va pas refroidir la montagne... Évitons la sur chauffe des neurones ecolos
a écrit le 29/01/2021 à 11:01 :
avec le rechauffement climatique, les stations de montagne dans leur forme actuelle sont pour la plupart condamnees . Apres la question est de savoir si on doit gaspiller l argent du contribuable pour retarder l echeance en financant par ex les canons a neige (s il fait plus de 0, la neige fondra de toute facon).
Apres reste le probleme general de EELV: les enjeux ecologique sont pour eux un paravent pour faire passer leur agenda d extreme gauche (plus de taxes, plus de migrants, destruction de la famille traditionnelle et promotion LGBT ...)
a écrit le 29/01/2021 à 8:02 :
Les stations de skis pleurent aujourd'hui. Mais depuis 40 ou 50 ans elles ne disent pas qu'elles se sont enrichies comme c'est pas croyable avec ce qu'elles appellent "L'OR BLANC'. Qu'elles puisent dans leur patrimoine.
a écrit le 29/01/2021 à 5:41 :
Un programme utopiste qui revient à condamner l’économie de la montagne, autant interdire les activités sportives en montagne et revenir à la vie pastorale

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :