Economie collaborative : pourquoi la Métropole de Lyon entre au capital de deux sociétés coopératives

La Métropole de Lyon vient d'annoncer qu'elle entrait au capital de deux SCIC (Société coopérative d’intérêt collectif) : Rebooteille, spécialisée dans la consigne de bouteille et Oye Distribution, un acteur coopératif local spécialisé dans la distribution de presse, né suite au dépôt de bilan de Presstalis. En s'appuyant sur la Loi Économie sociale et solidaire de 2014, la collectivité s'est engagée respectivement à hauteur de 30.000 euros et 60.000 euros. Un apport financier certes non négligeable pour les SCIC, mais aussi un symbole face à la concurrence nationale.

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(Crédits : DR)

Depuis le 20 décembre, la Métropole de Lyon a officiellement pris part au capital de deux SCIC (Société coopérative d'intérêt collectif) locales. "L'objectif de cette prise de participation au capital est de renforcer les coopérations territoriales sur  des filières à enjeux environnementaux, sociaux et économiques", annonce la collectivité dans son communiqué.

La Métropole est ainsi entré au capital de OYE Distribution à hauteur de 600 parts, soit 60.000 euros, sur un capital total de 600.00 euros et de Rebooteille à hauteur de 300 parts, soit 30.000 euros, sur un capital de 103.000 euros.

Rebooteille propose un service de consignes de bouteilles en verre dans la région lyonnaise. Le Grand Lyon, mais aussi la Métropole de Saint-Étienne prendront ainsi des parts dans cette  SCIC. "Cela a du sens pour nous : pas pour enlever les silos de verre, mais pour que les boucles de production soient adossées à une boucle de récupération. C'est du soutien à l'économie circulaire", affirme Emeline Beaume, vice-présidente de la Métropole de Lyon déléguée à  l'économie, l'emploi, le commerce, le numérique et la commande publique.

OYE Distribution, quant à elle, a été créée "suite au dépôt de bilan de la société de distribution de presse Presstalis en avril 2020 et à la liquidation de toutes les antennes de distribution régionale à l'image de la SAD Vénissieux  qui employait 110 salariés [...]. Et grâce à la mobilisation et l'engagement de 40 anciens salariés de la SAD Vénissieux et à l'accompagnement de l'Union Régionale des Société Coopératives (URSCOP), OYE Distribution permet de pérenniser la distribution de la presse en région lyonnaise auprès de 624 marchands de presse et environ 1.000 emplois", explique la Métropole dans son communiqué.

"En conséquence, la distribution de la presse nationale avait été interrompue du 15 mai au 30 juin 2020 dans la région lyonnaise", complète la délibération. Un argument de poids dans la décision d'engagement au capital prise par la Métropole.

"L'accès à la presse régionale participe à la démocratie, donc nous sommes d'accord pour soutenir cette initiative", comment Emeline Beaume.

Un engagement financier et symbolique

"Depuis la Loi Économie sociale et solidaire de 2014, les collectivités territoriales, leurs groupements et les établissements publics territoriaux (EPT) peuvent détenir ensemble jusqu'à 50 % du capital d'une SCIC", précise la délibération.

L'entrée au capital est une forme d'engagement que la Métropole avait déjà mené avec la plateforme de sur-tri des déchets Iloé, en 2019, sous l'ancienne mandature.

L'expérience a donc été renouvelée sous la majorité écologiste actuelle. La délibération a été prise fin septembre du côté de la La Métropole, qui l'a ensuite annoncée et mise en musique le 20 décembre, après les assemblées générales extraordinaires des deux structures.

"Nous sommes très contents d'avoir ces deux Métropoles, c'est un signal fort : notre solution répond à un besoin assez fort pour que les collectivités veuillent s'y impliquer. Elles apportent aussi un soutien politique sur ces territoires", commente Stéphane Robert, co-fondateur Rebooteille. Sur le marché du réemploi des emballages notamment, un engagement de collectivité à une entreprises locale sert aussi de soutien face à la concurrence nationale.

Au sein d'une SCIC, "le mode d'organisation qui repose sur des principes de solidarité et de démocratie, et sur le principe : un associé égal une voix, avec la possibilité de pondération à travers des collèges", précise aussi la délibération.

Financièrement, pour la Métropole le risque est moindre : "rentrer au capital, c'est très différent de subventionner. Nous accompagnons une forme entrepreneurial coopérative", défend Emeline Beaume. La Métropole ne gagne pas d'argent en prenant ces parts, mais elle les récupéra si elle décide de quitter la SCIC. Aussi, elle ne reçoit pas de rémunération pour ses parts sociales.

A l'avenir, la Métropole n'exclut pas le fait de s'impliquer dans d'autres SCIC, "tant que ça rentre dans l'un de nos champs de compétences ou qu'il existe un intérêt général marqué", commente la vice-présidente.

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