Informatique. Le plan de l’ESN Coexya (ex-Sword France) pour tripler et viser l’Europe

STRATEGIE. Un peu moins d’un an après son rachat, finalisé en octobre 2020 par son management associé au fonds européen Argos Wityu), Coexya (ex-Sword France) change de nom et affirme désormais des ambitions de taille, puisque l’ESN lyonnaise compte tripler son chiffre d’affaires (et doubler ses effectifs) au cours des cinq prochaines années. Le tout, en embrayant sur une stratégie de croissance externe, avec près de 50 millions d'euros à la clé.

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L'ESN lyonnaise envisage de mener une stratégie d'acquisitions offensive, avec à la clé, un portefeuille de 50 millions d'euros à investir dans des projets complémentaires à son offre.
L'ESN lyonnaise envisage de mener une stratégie d'acquisitions offensive, avec à la clé, un portefeuille de 50 millions d'euros à investir dans des projets complémentaires à son offre. (Crédits : DR)

Elle avait choisi de prendre en octobre dernier son indépendance du groupe Groupe Sword, créé en novembre 2000, un poids lourd européen du numérique, qui pesait tout de même à l'époque 200 millions d'euros de chiffre d'affaires et 2.000 salariés.

En décidant de réunir désormais uniquement les activités IT françaises, soit un périmètre de 60 millions d'euros et 600 salariés, la société Sword France avait alors été reprise par le fonds européen Argos Wityu (créé dès 1989 à Genève, Milan et Paris et qui défend une approche multisectorielle), associé à 93 cadres issus du management de l'entreprise.

Objectif affiché : développer un nouveau projet sur le périmètre désormais français de la nouvelle société, en poursuivant notamment son développement dans le domaine des services au forfait.

Bien que le montant de l'opération n'ait pas été dévoilé, celui-ci va désormais permettre à la société de passer une nouvelle étape.

Car un peu moins d'un an après cette cession, l'ESN officialise son changement de nom Coexya, et vise désormais le triplement de son chiffre d'affaires, actuellement établi à 60 millions d'euros, mais également un doublement de taille, qui devrait le conduire à franchir le cap des 1.200 salariés d'ici cinq ans.

« Nous avons souhaité profiter du changement de nom que nous devions opérer à la suite de notre rachat, pour lancer la nouvelle marque ainsi qu'une stratégie ambitieuse », souligne Philippe Le Calvé, son président. Son siège demeurera quant à lui basé en région lyonnaise, à Saint-Didier-au-Mont-d'Or, où elle héberge plus des trois quarts de ses 680 salariés, contre une soixantaine de collaborateurs à Rennes ainsi qu'une centaine à Paris.

Les six axes stratégiques d'un "multispécialiste"

Pour cela, Philippe Le Calvé compte miser sur plusieurs leviers, à commencer par un renforcement de sa croissance organique, et notamment de ses positions sur ses six domaines clés. On y retrouve notamment une division consacrée à la relation clients (CRM, édition de facture en masse, etc), au "content et modern workplace" (qui regroupe l'ensemble de ses services et produits destinés à la gestion de la documentation des entreprises comme les ERP), aux services et produits destinés à l'industrie de la santé, ainsi q'un département légal offrant "des systèmes éditoriaux permettant de gérer les différentes normes."

Coexya possède également une branche « location intelligence » proposant des applications permettant de gérer des cartographies à l'attention des services de mobilité par exemple, ainsi que du "smart data" comprenant du traitement automatique de données non structurées, donnant lieu à la reconstitution de données issues de compte-rendus médicaux par exemple.

A ce jour, l'ESN accompagne déjà un fichier de 370 clients, dont 60% d'entreprises privés (grands groupes et ETI) et 40% d'acteurs publics et estime que « l'ensemble de ses six segments ont et vont continuer de contribuer » à sa croissance.

Car même si la crise sanitaire a nécessairement ralenti certains contrats, Coexya a déjà, en l'espace d'un an, fait grimper son chiffre d'affaires à 60 à 68 millions d'euros de chiffre d'affaires, ainsi qu'un passage de 600 à 680 collaborateurs. Le Covid a pu retarder certains contrats, mais il aura aussi traduit un bond majeur dans la digitalisation des entreprises, accompagnant notamment le développement de certaines niches comme les solutions de signature électronique de masse, ou encore des services numériques liées au domaine de la santé.

Objectif : 130 à 150 embauches annuelles, sur un marché déjà tendu

L'un des prochains challenges de Coexya sera d'ailleurs le recrutement, puisqu'outre les 37 recrutements encore dans le « pipeline » actuel, Coexya se projette déjà sur un rythme de 130 à 150 embauches annuelles pour l'aider à absorber ses prévisions de croissance.

« Du côté des profils, nous avons principalement besoin de jeunes qui sortent de l'école d'informatique ou qui ont un première expérience dans le domaine, ainsi que de chargés de projets, prêts à encadrer des équipes ».

Face à un marché de l'informatique où les recrutements demeurent très concurrentiels, l'ESN lyonnaise a déjà fait appel à différents leviers : contrats d'apprentissage, partenariats avec les principales écoles informatiques de la région, sponsoring de promotions, tenue de conférences...

« Nous mettons également en avant le fait que nos collaborateurs seront amenés à travailler dans de petites équipes projets de 5 à 6 personnes, avec des horaires flexibles ainsi que la possibilité de disposer d'une flotte de vélos ou véhicules électriques, qui font désormais partie des éléments d'attractivité », ajoute Philippe Le Calvé.

Car en ayant dès l'origine choisi de s'éloigner du centre de se décentrer de Lyon, l'ex-Sword France avait déjà mis en place un programme de vélos électriques dès 2014, suivi par une flotte de VE en 2017... Soit désormais un parc internalisé d'une centaine de vélos et de 65 VE affectés à ses collaborateurs.

50 millions pour de futures acquisitions

En parallèle, l'ESN lyonnaise envisage de mener une stratégie d'acquisitions offensive, avec à la clé, un portefeuille de 50 millions d'euros à investir dans des projets complémentaires à son offre. Avec une cible : renforcer son positionnement en Europe, alors que son volume d'affaires à l'export ne représente aujourd'hui qu'une quinzaine de pourcents de ses ventes actuelles.

« Depuis le rachat, nous n'avions pas encore mené de transactions, mais nous sommes maintenant prêts. Un premier dossier devrait même arriver à son terme en France d'ici la fin du mois, tandis que plusieurs autres prospects sont déjà bien avancés, y compris à l'international », glisse Philippe Le Calvé.

Pour s'outiller à ce type d'opérations, Coexya a d'ailleurs embauché spécifiquement un business développer, qui sera chargé de gérer sa croissance organique.

« Pour l'instant, notre activité à l'international est principalement représentée par notre entité légale, qui s'occupe des offices étrangers de brevets, mais nous aimerions avoir une logique de développement à l'international plus importante ».

Suffisamment pour concurrencer son ancienne maison-mère, Sword Group, qui pèse désormais 140 millions d'euros de chiffre d'affaires et qui continue elle aussi les acquisitions ?  « Nous nous sommes quittés en bons termes, mais nous ne sommes pas tout à fait sur les mêmes produits aujourd'hui. Le monde est assez grand, il y a de la place pour tout le monde », glisse son président.

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