Agnès Pannier-Runacher à Villeurbanne pour accélérer la transformation du ferroviaire

ENJEUX. C'est une rencontre symbolique du comité stratégique de filière (CSF) ferroviaire qui s'est tenue ce vendredi dans les locaux d'Alstom à Villeurbanne, en présence des ministres Agnès Pannier-Runacher et Jean-Baptiste Djebbari. Avec, au cœur de cette visite, la signature d’un avenant visant à renforcer les sujets de transition écologique, mais aussi de souveraineté et de gestion des compétences, dans une filière perçue comme un levier pour la transition énergétique.

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Le site d'Alstom Villeurbanne, retenu pour accueillir la signature de cet avenant au contrat de filière en présence de la ministre Agnès Pannier-Runacher, se pose notamment comme un centre de référence mondial de électronique ferroviaire avec ses 900 salariés.
Le site d'Alstom Villeurbanne, retenu pour accueillir la signature de cet avenant au contrat de filière en présence de la ministre Agnès Pannier-Runacher, se pose notamment comme un centre de référence mondial de électronique ferroviaire avec ses 900 salariés. (Crédits : DR)

(Publié le 09/07/2021 07:00, mis à jour à 14:00)

C'est à Villeurbanne (Rhône), au sein du Centre d'expertise mondial d'Alstom en matière d'électronique et de digital, que la ministre déléguée à l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher et le ministre en charge des Transports, Jean-Baptiste Djebbari (quant à lui en visioconférence), ont choisi de réunir les acteurs de la filière pour incarner les enjeux du ferroviaire.

Et ce lieu n'a pas été retenu au hasard puisque, en plus d'être l'un des sites dirigés par le pdg d'Alstom Henri Poupart-Lafarge, par ailleurs actuel président du CSF, il symbolise aussi en quelque sorte les marchés d'avenir.

Villeurbanne se pose en effet le seul site mondial à être capable de concevoir et déployer sur un seul lieu toute électronique ferroviaire, qui représente désormais « le cerveau et le système nerveux » des réseaux ferrés, explique le gouvernement français.

Un point qui illustre bien les enjeux de la filière, qui se dirige elle aussi vers une véritable transition numérique et un besoin d'automatisation accru pour faire rouler à l'avenir des trains plus économes en énergie, mais aussi plus propres.

"On est aujourd'hui à ce tournant où l'on veut que les acteurs soient au rendez-vous, notamment sur le volet de la transition environnementale et numérique", nous glisse une source proche du ministère des Transports.

De quoi accueillir la signature de ce nouvel avenant au Contrat stratégique de filière (CSF), dont la version initiale avait été signée à Paris en avril 2019. Soit bien avant que la crise du Covid ne bouscule l'ensemble des industries ainsi que la stratégie d'investissement du gouvernement français, qui a depuis réorienté son soutien et ses enveloppes vers des secteurs clés pour la transition énergétique comme le fret ferroviaire, en lien avec le plan France relance.

Les cinq priorités issues du premier contrat

Lors de la première version de ce contrat, l'ensemble de la filière ferroviaire tricolore -qui représente près de 1.300 entreprises (dont 90% de PME) employant 29.000 salariés, pour un chiffre d'affaires de 3,8 milliards d'euros (dont 26% à l'export)-, s'était déjà engagée sur une série de 13 actions prioritaires, réparties en 5 axes stratégiques.

Elles prévoyaient notamment le développement de trains décarbonés (trains à hydrogène, à batteries, mais aussi autonomes), d'une plateforme numérique de filière, avec également l'ambition d'accompagner les PME ferroviaires ainsi que les salariés à travers des plans de gestion des compétences, ou encore d'accélérer la modernisation du réseau ferré hexagonal, où l'Etat a sa part à jouer avec les investissements réalisés chaque année auprès de l'opérateur SNCF Réseau, notamment sur les lignes Intercités et régionales.

Car depuis la loi d'orientation des mobilités (LOM) du 24 décembre 2019, le gouvernement a placé les transports du quotidien parmi les priorités à adresser. Un objectif qui recoupe également une autre priorité du contrat de filière : celle de procéder au lancement de nouveaux modes de transports innovants et plus économes, comme les trains hybrides et à hydrogène « d'ici les cinq ans à venir ».

Et leur version 2021, avec trois nouveaux enjeux

Ce vendredi, l'Etat Français devait ainsi profiter de cette visite sur le site d'Alstom pour tirer un premier bilan des engagements pris lors de signature du contrat de filière initial.

Mais aussi le remettre au goût des priorités post-crise sanitaire. L'objectif affiché : y inscrire désormais noir sur blanc des enjeux tels que la transition écologique, la compétitivité et souveraineté, ainsi que les compétences et l'emploi, pour les replacer au coeur des priorités.

Car la crise a mis en lumière certains enjeux clés, comme le besoin d'innover pour s'adapter aux transitions écologiques et numériques du secteur, mais aussi celui de former et rendre attractifs les métiers du ferroviaire, considérés comme des compétences d'avenir, qui doivent également prendre en compte les nouveaux enjeux du digital.

A cette occasion, la ministre en charge de l'industrie a notamment annoncé l'extension au niveau national du programme CARE (« Compétitivité Accompagnement Rail Emploi »), qui regroupe les grands acteurs de la filière avec des PME/PMI. Testé dès 2019 dans la Région des Hauts-de-France, ce programmation d'amélioration de la performance collective vise à "améliorer la compétitivité des entreprises et notamment leurs performances industrielles en matière de délais de livraison, de qualité et de coût" et ouvrira ainsi la voie à un accompagnement de Bpifrance.

En Auvergne Rhône-Alpes, un groupe de 6 entreprises ont d'ores et déjà été identifiées pour participer à ce dispositif, avec un démarrage prévu en septembre, aux côtés d'Alstom et SNCF Voyageurs.

Cette visite aura aussi permis de replacer, plus symboliquement cette fois, le ferroviaire comme un secteur stratégique, où l'Etat compte jouer son rôle de stratège, en vue d'orienter les feuilles de route.

Comprendre : "Il existait un besoin de coordination renforcé face à ces transformations, car si une partie de la sous-traitance ferroviaire travaille sur l'hydrogène pendant que l'autre planche sur les batteries, l'ensemble de la chaîne ne peut pas fonctionner...", nous glisse une source proche du dossier.

Une occasion de rappeler également les actions déjà engagées à ce sujet, telles que le plan de sauvegarde de 7 milliards d'euros qui vise à pérenniser 9.000 km de lignes de petites lignes au coeur des territoires sur les 10 prochaines années.

Ou encore en fixant des objectifs renouvelés pour la filière en matière de parité homme-femme, et de promotion des métiers du ferroviaire, à travers des initiatives comme celle du Rail Innovation Challenge, déjà organisé par Fer de France.

Organiser et accélérer la transition, pour ensuite offrir les bons leviers de financements : telle était donc la démarche des deux ministres, qui ont clôturé ces échanges en signant un texte qui se pose comme le 10e avenant aux contrats de filières de l'industrie française.

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