Elections à la CMA Auvergne Rhône-Alpes : un avant-goût de la future bataille à CMA France ?

ELECTIONS CONSULAIRES. Moins d’un an après la fusion ayant entraîné la création de la Chambre des métiers et de l’Artisanat (CMA) d’Auvergne Rhône-Alpes, la majorité actuelle souhaite transformer l’essai, mais cette fois avec un nouveau pilote. Sa liste, dévoilée ce mercredi 15 septembre, et soutenue notamment par la CPME et la FFB, se pose en compétition avec celle de La Voix des artisans (U2P, Capeb, etc), déjà déposée et conduite quant à elle par l'actuelle 3e vice-présidente de CMA France, Fabienne Munoz.

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Ce mercredi, la liste Fiers d'être artisans, soutenue entre autres par les antennes Auvergne Rhône-Alpes de la Fédération Française du Bâtiment et de la CPME, a officialisé sa candidature, avec une tête de liste conduite par l'actuel président de la CMA de l'Ain, qui souhaite prendre la succession de Serge Vidal.
Ce mercredi, la liste Fiers d'être artisans, soutenue entre autres par les antennes Auvergne Rhône-Alpes de la Fédération Française du Bâtiment et de la CPME, a officialisé sa candidature, avec une tête de liste conduite par l'actuel président de la CMA de l'Ain, qui souhaite prendre la succession de Serge Vidal. (Crédits : DR)

À l'occasion des élections consulaires prévues du 1er au 14 octobre prochain, les 12 CMA d'Auvergne Rhône-Alpes, fusionnées au sein d'une nouvelle Chambre des Métiers et de l'Artisanat Régionale (CMAR) depuis seulement quelques mois, éliront à nouveau leurs représentants, mais selon un tout autre modèle.

Car pour ce nouveau vaisseau amiral de l'artisanat en région, qui rassemble désormais près de 650 salariés et un budget unifié de 50 millions d'euros (hors établissements en gestion directe), l'avenir sera placé sous le signe d'un mode de scrutin, plus régionalisé.

A savoir un vote où chaque département aura le même poids, et où, en contrepartie, chaque liste devra présenter une liste régionale, constituée de l'addition des listes départementale.

De quoi contraindre les organisations patronales qui souhaitent s'engager, à monter des listes dans chacun des 12 départements d'Auvergne Rhône-Alpes, à raison de 35 artisans-candidats par département, soit un total de 420 noms à fournir...

Mais si le mode de scrutin change, les forces en présence devraient demeurer intactes en Auvergne Rhône-Alpes : avec d'un côté, l'Union des entreprises de proximité (U2P) qui avait déjà déposé très tôt sa liste (La Voix des Artisans) le 2 septembre dernier, en association avec d'autres organisations (la Capeb (Bâtiment), la CGAD (alimentation, hôtellerie-restauration), la CNAMS (fabrication et services) et la CNATP (travaux publics et paysage).

Et de l'autre, le bloc Fiers d'être artisans, conduit et soutenu conjointement par la Fédération du Bâtiment (FFB) AURA, la CPME AURA, le Conseil National des Professions de l'Automobile (CNPA), la Conseil National des Entreprises de Coiffure (CNEC), la Fédération des Entreprises de Propreté et Services Associés (FEP), l'Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie (UMIH) et la Fédération française des entreprises de génie électrique et énergétique (FFIE).

Deux blocs, deux candidats

Pas de liste d'union en vue par conséquent pour cette nouvelle CMA Auvergne Rhône-Alpes, mais une forme de rassemblement qui se dessine tout de même, derrière les candidats respectifs de ces deux blocs.

Avec d'un côté, La voix des artisans : première liste à être déposée, elle sera chapeautée par la candidate Fabienne Munoz. Actuelle présidente de la CMA Ardèche, elle a même intégré le bureau national de CMA France en juin 2020 en tant que 3ème vice-présidente, à la suite du décès de son prédécesseur Bernard Stalter, des suites du Covid-19. Issue de la branche coiffure représentée par la CNAMS, Fabienne Munoz était déjà élue à la CMA Ardèche depuis 2010.

De l'autre côté, c'est également une nouvelle tête de liste qui tentera de succéder à Serge Vidal (actuel président de la CMAR et de la Haute-Loire). Car depuis ce mercredi, c'est l'actuel président de la CMA de l'Ain, Vincent Gaud, qui a officialisé sa candidature à la tête de la liste régionale de Fiers d'être artisans.

À 46 ans, celui qui était également secrétaire adjoint de la CMA régionale n'est pas un vraiment un nouveau venu : il avait déjà été en 2016 le plus jeune président d'une chambre des métiers française, et se trouve aujourd'hui à la tête de deux entreprises de plomberie-chauffagerie dans l'Ain.

Avec, comme objectif, celui de permettre à sa majorité en place de conserver la présidence de l'organe régional, tout juste fusionné en janvier 2021 et conduit jusqu'ici par Serge Vidal (2016-2021), et qui chapeaute désormais les 243.000 entreprises artisanales, 317.000 salariés et 23.000 apprentis de la seconde région économique de l'Hexagone, après l'Ile-de-France.

Régionalisation du scrutin : les « Jeux Olympiques » des CMA

François Turcas, président de la CPME Auvergne Rhône-Alpes, rappelle que la route a été progressive pour la liste Fiers d'être artisans qui, dès sa création en 2005 à l'échelle nationale, a gravi les échelons : « Lors de la première élection, cette liste avait remporté 12 % en 2011, puis 30 % en 2016... Nous sommes ensuite devenus le chef de file sur la majorité des 12 départements d'Auvergne Rhône-Alpes au cours du dernier mandat. »

Si bien que cette année, la régionalisation du scrutin, qui marque une première pour l'institution, résonne comme un nouveau défi avec l'obligation pour chaque liste de présenter des candidats dans tous les départements : « C'est un peu nos Jeux olympiques de la CMA », résume-t-il.

Pour se distinguer, chaque liste a ses propres ingrédients. A commencer par La Voix des Artisans, qui en représentant les petites et très petites entreprises au sein de son ADN (bouchers, coiffeurs, artisans, etc), souhaite "mettre en place des référents territoriaux pour développer l'économie de proximité", "accompagner les jeunes et l'apprentissage", ou encore "poursuivre le développement des synergies avec les territoires à travers des conventions signées avec les EPCI", comme le souligne Fabienne Munoz.

De son côté, la liste Fiers d'être artisans veut appuyer sur quelques lignes de forces :  favoriser d'une part le développement des entreprises artisanales afin qu'elles puissent non seulement se créer, mais surtout « embaucher » et passer le stade de l'entreprise individuelle. Mais aussi renforcer l'offre de formation, en s'appuyant sur des outils comme l'Espace Formation des Métiers et de l'Artisanat (EFMA), créé à l'origine en Isère, en vue de le transposer sur d'autres territoires. Et enfin poursuivre l'accompagnement à la digitalisation et à l'export des artisans.

Des deux côtés, la régionalisation imposée aux chambres est vue comme un outil dont il faut se saisir. Pour la liste Fiers d'être artisans, « l'échelon régional doit servir de caisse de résonance pour simplifier le travail de territoires, car c'est depuis les territoires que les idées viennent ». Tandis que pour La Voix des artisans, "la régionalisation est une très bonne chose mais ne doit pas faire perdre de vue les spécificités existantes au sein des territoires, comme les milieux ruraux".

Objectif : dépasser le seuil de participation de 2016...

Alors que jusqu'ici, la liste FFB-CPME et organisations associées détenait la présidence de 6 antennes départementales, contre un positionnement minoritaire de 3 antennes départementales pour la liste U2P-Capeb et ses partenaires, l'idée est donc de viser la nouvelle entité régionale, mais aussi d'assoir un positionnement plus large au sein de chaque territoire (ou auparavant, toutes les listes n'étaient pas forcément représentées).

Et pourquoi pas, dans un second temps, de ricocher jusqu'à l'échelon national...

Car la liste Fiers d'être artisans ne cache pas sa volonté de peser plus largement, y compris à Paris, où son adversaire, l'U2P (la Voix des artisans) endosse pour l'heure la présidence de l'outil CMA France avec Joël Fourny (par ailleurs président de la CMAR Pays de La Loire, depuis janvier 2020) et sa 3e vice-présidente, Fabienne Munoz.

Mais cette étape n'interviendra que dans un second temps, une fois les chambres régionales installées, à compter du 8 décembre prochain.

En attendant, la campagne se déroulera du 30 septembre au 13 octobre prochain en Auvergne Rhône-Alpes, avec un vote compris entre le 1er et 14 octobre, à la fois physique mais aussi électronique.

Pour les candidats, tout l'enjeu sera donc de convaincre les artisans d'aller voter, quel que soit l'outil : les dernières élections avaient en effet été marquées par un faible taux de participation, de l'ordre de 17% il y a cinq ans en Auvergne Rhône-Alpes.

« Grâce au vote électronique mais également à la campagne active sur le terrain que nous sommes en train de lancer, nous espérons arriver au minimum à 20 à 25 % de taux de participation », glisse Vincent Gaud.

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