Internet : le lyonnais Rezopole étend son maillage en fusionnant avec France IX

Rezopole intègre le giron de France IX. Les deux structures sont gestionnaires de points d'échange internet, basées à Lyon, Paris et Marseille. Cette fusion leur permettra de déployer un réseau de communication plus solide, à l'échelle nationale et internationale, mais aussi au niveau régional. D'ailleurs, les ambitions de France IX ne s'arrêtent pas à la région AuRA car après Lyon, ce sera au tour de Toulouse d'intégrer son giron.

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Grâce à cette fusion, les membres de Rezopole et de France IX vont pouvoir s'interconnecter plus facilement et enrichir leur offre de services à destination des entreprises.
Grâce à cette fusion, les membres de Rezopole et de France IX vont pouvoir s'interconnecter plus facilement et enrichir leur offre de services à destination des entreprises. (Crédits : DR Rezopole)

Quand on se connecte à Internet chez soi ou dans son entreprise, "les réseaux discutent entre eux pour trouver la meilleure route à travers le point d'échange Internet pour se rencontrer", explique Philippe Duby. Il est président de Rezopole, l'association qui gère ce point d'échange Internet au niveau local, implanté à Lyon, Grenoble et Annecy.

Cette infrastructure technique permet aux acteurs du réseau de communiquer. "On a deux grands types de clients : d'un côté, les opérateurs Internet (comme Orange, Free, etc) et les centres d'hébergement de données . De l'autre, les utilisateurs d'Internet comme les entreprises, grandes écoles ou collectivités territoriales", développe le président de Rezopole.

Créé en 2001 sous forme d'association à but non-lucratif, le lyonnais Rezopole vient d'être absorbé par France IX, structure qui gère elle aussi des points d'échanges implantés à Marseille et Paris. Pour les membres de Rezopole, cette fusion ne changera rien si ce n'est qu'ils vont pouvoir s'interconnecter avec ceux de France IX, qui compte par exemple dans ses rangs un grand opérateur téléphonique allemand.

Une fusion stratégique

Cette fusion s'avère cependant stratégique pour les deux parties, chacune cherchant à se développer. "Chez Rezopole, nous avons 110 membres mais même avec cela, nous avions toujours une forme de fragilité financière. [...] En parallèle, France IX souhaitait s'implanter dans toutes les grandes villes de France", souligne Philippe Duby.

Les directions de France IX et Rezopole sont donc tombées d'accord sur une fusion, actée en assemblée générale au sein des deux structures à la mi-décembre. "On avait intérêt à travailler ensemble", résume le président de Rezopole.

France IX compte environ 500 membres et un chiffre d'affaires autour de 4 millions d'euros. Rezopole a quant à elle un budget d'un million d'euros, dont les trois quarts proviennent des revenus issus des membres, tandis que le reste provient des soutiens apportés par les collectivités.

Tout le patrimoine ainsi que la dizaine de salariés de Rezopole seront absorbés par France IX, qui va ainsi "donner une assise financière plus forte" à la branche lyonnaise.

Philippe Duby postule pour être membre du conseil d'administration de France IX, qui sera élu le 29 janvier, afin de porter les intérêts régionaux au niveau national.

"La fusion avec Rezopole s'intègre parfaitement dans notre stratégie de croissance qui vise à enrichir notre offre de services à destination des entreprises et à étendre notre empreinte territoriale, tout en nous concentrant sur ce qui fait notre force, les contenus francophones", a déclaré dans un communiqué Franck Simon, président de France IX Services, la SAS piloté par l'association France IX.

Les ambitions de France IX ne s'arrêtent d'ailleurs pas à la région Auvergne Rhône-Alpes, après Lyon, ce sera au tour de Toulouse d'intégrer son giron.

Un avantage pour les entreprises et les collectivités

"Cela va aussi nous apporter de la visibilité, on a des connexions avec nos voisins de Turin, Genève et Londres. On s'est fait connaître au-delà de la région, mais cela reste difficile. En rejoignant France IX, nous allons être plus visibles aux yeux des acteurs internationaux, notamment des Etats-Unis", poursuit Philippe Duby.

Un grand pas pour la notoriété Rezopole, mais aussi pour le territoire lyonnais. Une ville dotée d'un point d'échange Internet est en effet un atout à faire valoir auprès des grandes entreprises. "Il est important que nous ayons en France ces infrastructures auprès des cœurs économiques."

En effet, une petite entreprise va directement s'abonner Internet via un fournisseur, qui va lui même s'interconnecter à un point d'échange, tandis que les grandes entreprises peuvent quant à elles aller se connecter directement au point d'échange.

Cela a par exemple été le cas pour BioMérieux et les Hospices civils de Lyon, qui se sont interconnectés via le point d'échange Internet Lyon IX pour pouvoir faire transiter entre eux une grande quantité de données. Une telle opération est à la fois un gain de temps et d'argent pour les grandes entreprises.

"Quand on a créé le point d'échange, on était pionniers de l'Internet. On pensait que c'était important de bâtir un lieu d'échange neutre pour que tout le monde puisse se connecter, au service des citoyens et de l'économie", rappelle le président de Rezopole.

Des changements à prévoir avec la 5G

Avec la crise sanitaire et l'augmentation du télétravail, Rezopole a remarqué une grosse montée en débit, mais cela n'a pas trop perturbé son activité : "On l'avait anticipé, On est toujours prêts et en avance pour fluidifier les échanges Internet", annonce le président.

En revanche, l'autre actualité qui pourrait changer la donne pour le point d'échange local, c'est le déploiement de la 5G en France. Lyon IX pourrait alors jouer un rôle clé.  "Avec la 4G, tous les flux de données remontent à Paris. Ainsi, lorsqu'on appelle quelqu'un à Lyon qui ne passe pas par le même fournisseur téléphonique, le flux de données transite forcément par Paris", explique le directeur de Rezopole.

La 5G, qui doit permettre de développer l'Internet de objets, comme la communication entre deux véhicules, par exemple, devrait également réduire le temps de latence. "On estime que cela va bouleverser le paysage des nœuds d'échange locaux." Car l'information devra circuler plus vite, et transiter directement en local, réduisant ainsi le chemin parcouru par les données.

"Plus les usages de proximité vont se développer, plus il faudra des connexions de proximité", ajoute Philippe Duby.

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