Fintech. Comment le paiement digital d'Izypay veut accompagner la reprise des grands événements

Festivals, rendez-vous sportifs... Après une année blanche en raison de la crise sanitaire, la fintech lyonnaise Izypay veut contribuer à supprimer tout échange de cash lors des grands rendez-vous. Sa solution de paiement digital a déjà commencé à séduire plusieurs organisateurs (Francofolies, Printemps de Pérouges, etc). En plus de son aspect technologique, elle est aussi devenue un moyen de montrer patte blanche aux services sanitaires, dans un secteur où le paiement sans contact connaît une croissance fulgurante.

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Après une année de crise sanitaire, la fintech Izypay revient en force avec une ambition toujours à la clé : convaincre jusqu'à 150 événements en 2022, avec également en ligne de mire, les JO de 2024.
Après une année de crise sanitaire, la fintech Izypay revient en force avec une ambition toujours à la clé : convaincre jusqu'à 150 événements en 2022, avec également en ligne de mire, les JO de 2024. (Crédits : DR)

Frédéric Dubois, le cofondateur de la fintech lyonnaise Izypay, spécialiste des paiements digitaux dans les grands événements, en est convaincu : la crise a rendu le paiement sans contact incontournable. Dans la société en général comme dans les évènements sportifs ou culturels. C'était déjà une tendance de fonds, le Covid-19 l'impose désormais presque comme une évidence. Selon le groupement des cartes bancaires, en 2020, 6 paiements sur 10 de moins de 50 euros ont ainsi été réalisés par ce biais (CB sans contact ou mobile).

"La crise a été douloureuse pour l'entreprise, mais elle nous ouvre un boulevard aujourd'hui", sourit l'entrepreneur. Pour preuve, depuis que l'horizon semble enfin se dégager pour les festivals et les compétitions sportives après une année presque blanche, Izypay enchainent les prises de contact et les signatures de commande.

Avec une belle prise récente à son actif : le festival des Francofolies. Elle viendra s'ajouter aux autres événements déjà séduits : Jazz in Marciac par exemple ou le Printemps de Pérouges.

Faciliter les paiements sur les grands événements

Izypay est née en 2017, d'un spin-off de Tickacess, solution de badging, billetterie et contrôle d'accès lancée en 2011 par Frédéric Dubois et son associé Florent Limandas, à destination des festivals, rencontres sportives etc.

"Dès 2015, nous avions sorti une solution d'accréditation sur support RFID. Les organisateurs d'événements avec lesquels nous travaillions alors nous ont poussés à aller vers le paiement, en cashless. Et avec l'arrivée d'Apple Pay, nous avons préféré développer une solution "no cash" : nous avons créé Izypay, pour la même cible de clientèle que Tickaccess. Nous avons été une des premières startups à intégrer l'accélérateur tech lyonnais, le Hub612", raconte Frédéric Dubois.

C'est au sein justement de cet accélérateur que la startup a rencontré les experts de Natixis Payments, pour développer le terminal de paiement sur lequel sont aujourd'hui implémentés les outils d'Izypay.

Frédéric Dubois détaille : "Notre solution permet d'accepter tous les moyens de paiement digitaux : CB, Smartphones, QR codes etc. On a l'habitude de plaisanter en disant qu'avec Izypay, vous payez comme vous êtes. Ce positionnement est différent de celui de la plupart de nos concurrents qui sont plutôt sur des solutions de recharge de compte ou de carte".

Avec Izypay donc, exit les jetons et les cartes rechargeables pour payer ses consommations lors des grands événements. "Cela assure finalement un niveau de protection maximale pour sécuriser l'administration, les bénévoles et les visiteurs".

Et d'ajouter : "AUjourd'hui, plus personne ne veut toucher l'argent. Les salariés, les bénévoles comme les clients, tout le monde a aujourd'hui cette crainte. Elle vient s'ajouter aux difficultés logistiques des paiements en espèce, avec les risques d'erreurs et les pertes de temps associées".

150 événements dans le viseur de 2022

Lorsqu'elle a début juste avant la crise sanitaire en 2019 sa première année réelle d'exploitation, Izypay avait installé sa solution pour une cinquantaine d'évènements.

7 millions d'euros avaient alors transité par ses terminaux, pour un chiffre d'affaires de 200.000 euros (5 salariés). L'ambition était de convaincre 150 événements en 2020 et de tripler les équipes. Objectif évidemment non atteint en raison de la crise.

"Nous avons enregistré une année 2020 presque blanche, nous avons pu travailler un peu avec les clubs sportifs mais de manière très limitée puisque peu de matchs ont pu se tenir avec du public. Nous avons dû recourir au PGE et à l'activité partielle longue durée", confie Frédéric Dubois.

Tout en annonçant que l'objectif 2020 est reporté à 2022. Une dizaine de personnes devrait être recrutée d'ici l'année prochaine.

Avec en ligne de mire immédiate : les JO de 2024. "Ce challenge est atteignable. Avec 150 événements par an, notre technologie aura largement fait ses preuves. Et nous pouvons compter en plus sur le soutien du groupe BPCE auquel appartient Natixis Payment et qui est partenaire des Jeux Olympiques de Paris".

Diversification

En attendant, Izypay ne place pas tous ses œufs dans le même panier. L'entreprise a mis à profit cette période 2020 d'interruption quasi-totale de ses activités pour repenser son modèle, en élargissant sa cible au-delà du cercle de l'événementiel.

La start-up a intégré, en mars dernier, Alpes Tourisme Labs, dispositif d'accompagnement dédié aux entrepreneurs développant des solutions pour le tourisme de demain.

Izypay a aussi rejoint le Pack, le nouvel accélérateur régional porté par le Lou Rugby, GL Events et le Crédit Agricole.

Car au-delà de la simplification de la logistique des paiements, Izypay entend faire valoir une autre carte, et non des moindres : celle de ses datas.

"Dans un cadre anonymisé comme l'impose la loi, nous sommes capables de dire aux organisateurs, comme aux offices de tourisme par exemple, que le visiteur a acheté une entrée sur tel et tel site touristique. Cela leur permet d'améliorer leur offre", explique Frédéric Dubois, imaginant d'autres applications dans le futur, à valider dans le cadre réglementaire français.

Exemple : Pour un supporter qui viendrait acheter un maillot à la boutique d'un club et qui souhaiterait ensuite acheter une consommation pendant le match, son moyen de paiement pourrait ainsi être reconnu automatiquement et lui octroyer une réduction automatique au moment du paiement. "A terme, notre solution pourrait devenir un programme de fidélisation", glisse le fondateur.

Izypay développe en parallèle une nouvelle technologie avec la société Isra Cards (Drôme) qui doit permettre aux clients des stations de montagne d'acheter des forfaits ne comprenant plus uniquement les remontées mécaniques. "Le client pourrait skier le matin, aller à la piscine l'après-midi par exemple. Tout cela serait décompté du même pass".

Après une année éprouvante, l'horizon semble donc enfin se dégager pour Izypay, suspendu néanmoins à la moindre des nouvelles annonces sanitaires.

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