Comment l'Aderly veut capitaliser sur l'arrivée de Tesla à Lyon

Le constructeur américain de voiture électrique a ouvert une succursale à Lyon. Derrière cette implantation stratégique pour Tesla, l'Arderly veut profiter de cette arrivée pour favoriser les projets communs à plus forte valeur ajoutée entre l'Américain et les acteurs de la Métropole de Lyon.
Le showroom lyonnais, ouvert fin août, est le 4e en France du constructeur Tesla
Le showroom lyonnais, ouvert fin août, est le 4e en France du constructeur Tesla (Crédits : ADE)

Derrière les paillettes, certaines inaugurations peuvent dissimuler d'autres enjeux. Ce jeudi, le constructeur de voiture électrique Tesla présentait sa nouvelle succursale : un showroom destiné à la vente et aux essais de 153m², installé dans le centre de Lyon, avenue de Saxe, à la frontière du riche et réputé 6e arrondissement. Une zone stratégique pour le constructeur américain, qui s'est positionné sur le haut de gamme, avec un modèle à partir de 70.800 euros. "La demande était importante sur le territoire. C'est une décision cohérente dans notre stratégie que de s'implanter dans une métropole à fort potentiel et déjà sensibilisée à l'électromobilité", commentait Olivier Loedel, directeur de Tesla Motors France.

Quand l'Ardely drague Tesla

Mais au-delà du potentiel vente pour Tesla, c'est un autre acteur qui souhaite capitaliser sur cette belle vitrine de l'automobile mondial: l'Agence pour le développement économique de la région lyonnaise (Aderly). La structure a œuvré pour cette nouvelle installation, la quatrième en France. "Nous avons accompagné le constructeur sur plusieurs aspects afin qu'il se consacre à ce pourquoi il est venu : la vente", explique Cédric Grignard, directeur technologie de l'Aderly. Comprendre : du personnel mobilisé pour aider l'Américain à trouver le bon local, les bons collaborateurs et favoriser la communication de cette implantation.

Cet investissement -"uniquement en temps et en homme" assure le représentant de l'Aderly-, revêt un autre objectif : draguer le constructeur afin qu'il s'implante durablement sur le territoire et qu'il développe d'autres activités, plus génératrices d'emplois et de valeur ajoutée :

"La métropole de Lyon a de nombreuses compétences dans le domaine des clean-techs, dans la recherche et le monde universitaire, sans compter que nous avons un passé historique très important dans la mécanique automobile, développe M. Grignard. Nous pouvons trouver des modes de coopérations pour faire de Lyon un acteur majeur du développement de Tesla en Europe", ambitionne-t-il.

L'Américain est-il intéressé ?

Pour le moment, cette possibilité ne semble pas sur la table du côté de l'Américain. Interrogé par Acteurs de l'économie sur la possibilité de projets communs, le directeur France de Tesla s'est abrité derrière la culture du secret du groupe. Celui-ci est très développé : le groupe ne communique par exemple aucun chiffres. Mais Olivier Loedel à tout de même précisé : "il n'y a aucune approche concrète", avant de nuancer légèrement, ouvrant une petite fenêtre : "la logique de marché s'inscrit dans une logique plus globale et d'ancrage sur le territoire."

Une première synergie pourrait être envisagée entre le géant américain et le service mobilité de la Métropole de Lyon, autour de l'application Onlymoov, qui permet de connaitre le trafic en temps réel, ces données étant en accès libre. Un autre point de convergence pourrait être la localisation des bornes de recharge Tesla sur l'application.

Crash-test

Mais de là a envisager des coopérations plus poussées, il y a une gamme d'écart pour le moment. La recherche et développement du constructeur est centralisée aux Etats-Unis ainsi que la production. Tesla développe notamment l'une des plus grandes usines du monde afin de travailler sur la performance des batteries et le stockage de l'énergie. En Europe, le siège social est basé au Royaume-Uni, alors que le centre d'assemblage est aux Pays-Bas.

Seul chemin ouvert pour le moment, l'implantation d'un atelier et d'un centre de livraison Tesla dans la banlieue lyonnaise, ce qui existe déjà à Aix-en-Provence en soutien au Showroom. Le groupe cherche activement, mais est confronté à un "challenge" immobilier. Forcement, le groupe pourra compter sur l'aide de l'Aderly pour le relever. Et si Tesla testait en mode crash-test l'écosystème lyonnais ?

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