La Compagnie des Alpes se redresse avant l’heure et pérennisera sa ligne Eurostar la saison prochaine

La sortie de crise semble désormais plus proche que prévue pour la Compagnie des Alpes. Lors de la publication de ses résultats semestriels, la filiale de la Caisse des dépôts a constaté une reprise plus rapide sur ses deux métiers, liés aux parcs d'attraction et aux domaines skiables. Résultat ? Elle atteint dépasse dès ce semestre de 16,2% son niveau d'avant-crise. Avec un focus tout particulier sur sa ligne à grande vitesse entre Londres et les stations de ski de la Tarentaise, qui, retardée par le Covid, s'afficherait cependant déjà comme un "succès commercial", notamment sur les vacances d'avril.

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Finalement, ce devrait être dès cette année, soit son exercice décalé de 2021/2022, que la Compagnie des Alpes devrait sortir les pieds de l'ornière Covid, et se remettre sur la trajectoire de la croissance. Car à l'occasion de la publication des résultats semestriels, son dg se montre particulièrement confiant, y compris dans la perspective de pouvoir renouer avec la distribution de dividendes.
Finalement, ce devrait être dès cette année, soit son exercice décalé de 2021/2022, que la Compagnie des Alpes devrait sortir les pieds de l'ornière Covid, et se remettre sur la trajectoire de la croissance. Car à l'occasion de la publication des résultats semestriels, son dg se montre particulièrement confiant, y compris dans la perspective de pouvoir renouer avec la distribution de dividendes. (Crédits : Wikicommons)

Un chiffre d'affaires supérieur de +16% par rapport à son premier semestre de référence 2018/2019 (à 541,2 millions d'euros) et un résultat net qui s'inscrit même en progression de +74,4% par rapport à son niveau d'avant-crise (112,7 millions d'euros), assorti d'un excédent brut opérationnel (EBO) lui aussi en croissance de +51,6%...

Ce n'est pas Noël pour la Compagnie des Alpes, mais cette saison d'hiver aura dépassé les espérances du groupe, détenu par la Caisse des dépôts, qui avait été lourdement impacté au cours des derniers mois par la crise sanitaire. Une situation qui l'avait même amenée à entamer une augmentation de capital, et à redéfinir un plan stratégique pour "désaisonnaliser" son activité.

Quelques mois plus tard, et après l'arrivée d'un nouveau directeur général en la personne de Dominique Thillaud, le groupe a déjà entamé son redressement, et il est plus rapide que le prévoyait son plan stratégique, qui optait pour un retour aux niveaux "d'avant-crise" lors de l'exercice 2022/2023.

Finalement, ce devrait être dès cette année, soit son exercice décalé de 2021/2022, que la Compagnie des Alpes devrait sortir les pieds de l'ornière Covid, et se remettre sur la trajectoire de la croissance. Car à l'occasion de la publication des résultats semestriels, son dg se montre particulièrement confiant, y compris dans la perspective de pouvoir renouer avec la distribution de dividendes, "si la tendance se confirme", dès la prochaine Assemblée Générale, l'automne prochain.

 En avance sur son plan de marche

"Le groupe est en avance sur son plan de marche et devrait être en situation de dépasser pour l'année 2021/2022, ses niveaux de performances pré-crise", affirmait en effet Dominique Thillaud face à la presse ce mardi soir.

"Ayant retrouvé les moyens de nos ambitions en termes de développement et de croissance, nous allons maintenir nos efforts d'investissements d'attractivité, continuer à déployer nos outils digitaux, optimiser nos canaux de distribution et notre politique commerciale tout en accélérant la mise en oeuvre de nos ambitions net zéro carbone".

Les deux métiers du groupe auront contribué à cette amélioration : car après un début de saison d'hiver marqué par un "travel ban" sur les voyageurs britanniques en raison du variant Omicron, le chiffre d'affaires de ses 10 domaines skiables (La Plagne, Les Arcs, Val d'Isère Méribel...) - la station des Deux Alpes sortant officiellement de son périmètre en 2023 avec l'attribution du contrat de DSP à la SATA, sa concurrente - s'est finalement redressé plus vite que prévu pour atteindre les 392,1 millions d'euros (+11,3%).

Avec un nombre de journées-skieurs en réalité en légère baisse (-5%) mais largement contrecarré par un revenu moyen par journée-skieurs qui progresse quant à lui de +15%. Du côté de ses parcs de loisirs (Parc Astérix, Futuroscope, Walibi Auvergne Rhône-Alpes, etc), le chiffre d'affaires semestriel bondit également de +29,3%, à 120,4 millions d'euros, en partie grâce au succès des périodes d'Halloween et de Noël.

Une performance là encore tirée "à la fois par la hausse de la fréquentation (+10%) ainsi que par une progression de la dépense par visiteur (+19%)", précise la Compagnie des Alpes, tandis que les revenus de sa troisième branche (Holdings et Supports) atteignent les 28,7 millions d'euros.

Tout en s'estimant "vigilante" face au contexte économique et international chahuté au cours des dernières semaines par l'inflation et la hausse des coûts des matières premières et de l'énergie, la CDA renouvelle néanmoins pour l'instant ses prévisions en matière d'investissements, qui devraient atteindre cette année 160 millions d'euros.

Et étudie même désormais "la possibilité de saisir des opportunités additionnelles d'investissements ciblés", en fonction de l'évolution de son EBO sur le semestre prochain.

Le Travelski Express : un "succès" sur la fin de saison

"Nous sommes très contents de la reprise en cette saison, alors que nous n'étions pas complètement sereins à la mi-janvier encore. La saison se termine au contraire très bien, même si nous enregistrons encore un peu de retard en termes de journées-skieurs, notamment du côté des touristes Britanniques", affirmait par ailleurs dès la clôture de saison Dominique Thillaud à La Tribune. "En contrepartie, c'est surtout le retour de la clientèle Française et du Bénélux qui nous a permis de faire de bons scores".

Une saison qui aura été marquée également en partie par les rotations du Travelski Express également, cette ligne à grande vitesse privatisée qui relie Londres aux stations de la Tarentaise, à travers les gares de Moûtiers et Bourg Saint Maurice.

Abandonnée durant la crise sanitaire par la société Eurostar, la Compagnie des Alpes, qui opère 10 des plus grands domaines skiables français dont plusieurs en Savoie, avait annoncé qu'elle assurerait la relance et le financement de cette ligne sur la saison d'hiver 2021-22, en partenariat avec sa filiale Traveski, qui propose déjà des formules tout inclus aux touristes étrangers, et notamment britanniques.

Officialisée à l'automne dernier, cette ligne TGV avait d'abord connu un retard à l'allumage en raison de la reprise épidémique, avant de pouvoir être finalement lancée le 29 janvier, et ce, jusqu'en avril dernier.

Et si le groupe ne communique toujours pas le montant investi pour assurer son exploitation, ni le bilan financier de ces premiers mois d'exploitation, son dg Dominique Thillaud, affirme :

"il s'agit d'un succès commercial une fois que le produit a pu être établi, même si cela ne l'est pas encore complètement sur le plan économique. Mais nous pensons que nous pourrions en faire un succès commercial et économique sur une saison complète".

Il ajoutait, à ce propos, quelques semaines plus tôt à La Tribune : "Les dernières rotations ont affiché complet, notamment sur les quinze premiers jours d'avril, avec les vacances scolaires britanniques. Et surtout, cette ligne permet de remplacer l'équivalent de 80 liaisons aériennes, ce qui a représenté une réelle réduction de l'empreinte écologique".

Une ligne à reconduire et une décarbonation des fameuses entamée

Avec désormais, l'ambition clairement affichée de reconduire cette offre dès la saison d'hiver prochaine :

« Il s'agit d'un produit que nous avions commencé à réfléchir dès le mois de juin 2021, qui avait été annoncé dans la foulée en septembre, et qui devait démarrer en décembre. Cela s'est fait très vite. Notre objectif est désormais de le remettre en route le plus tôt possible. Nous travaillons également, avec le groupe SNCF à élargir cette liaison à d'autres axes comme le Sud de la France. A la fin du premier semestre, les choses devraient être décidées », précisait le dg à La Tribune.

Car en dehors du trafic britannique que compte capter la CDA avec le Travelski Express, la filiale de la CDC compte participer à la décarbonation des transports et offrir de nouvelles solutions de mobilité aux stations françaises, voire avec des pays limitrophes comme l'Italie. « Avec à chaque fois, l'ambition de vendre le transport sous forme de package, avec les forfaits et une solution d'hébergement ».

Un premier pas donc dans l'univers du tout inclus, qui semblait déjà se profiler lors du dernier salon Mountain Planet, où les forfaits de ski multi-domaines commencent également à émerger, laissant présager d'une digitalisation mais aussi d'une nouvelle forme de commercialisation pour les séjours en montagne.

Cet hiver aura été également l'occasion de tester, grandeur nature, une autre forme de transition au sein des stations de la CDA.

"Après une phase de tests qui s'est avérée concluante, nous avons pris la décision d'arrêter immédiatement le recours aux énergies fossiles pour nos 140 dameuses, qui vont toutes passer aux biocarburants". Pour cela, la Compagnie des Alpes fait appel à un substitut au gazole, produit à partir d'huiles végétales usagées issues de ses parcs d'attractions, qui est retraité et acheminé ensuite vers les stations. "Il a l'avantage de ne nécessiter aucune adaptation sur le parc existant et permet de réduire 90% des émissions de CO2 et les deux tiers des émissions de particules fines".

En parallèle, la CDA s'est engagée dans une expérimentation aux côtés du fabricant isérois CM Dupon, à travers un partenariat de R&D visant à tester sur les pistes de La Plagne un premier modèle de dameuse 100% électrique, dont la durée d'utilisation se rapproche désormais des modèles thermiques. "Le biocarburant nous permettra de réaliser la transition entre les modèles actuels et les achats de nouvelles dameuses qui seront réalisés au cours des prochaines années progressivement, avec le renouvellement de notre parc".

En parallèle à ce partenariat, la CDA continue de travailler plus largement avec d'autres fournisseurs de dameuses et de bus électriques, en vue d'équiper par exemple les stations de Tignes et de Val d'Isère avec des navettes intra-station. "Là encore, nous avons sélectionné des fabricants français, et notamment des bus Iveco qui sont fabriqués dans les Deux-Sèvres pour Val d'Isère tandis qu'à Tignes, ce sera un bus Mercedes qui est fabriqué en Lorraine. C'est donc possible, la technologie existe pour notre activité et pour réaliser au moins 90 % du chemin dès aujourd'hui. Il n'y a donc aucune raison de ne pas le faire", estimait Dominique Thillaud.

Car malgré "un surcoût conséquent par rapport au gazole", la CDA pointe comme moteur son objectif de devenir carbone neutre sur chacun de ses sites "au plus tard d'ici 2030". L'urgence écologique est donc aux portes des domaines.

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