Retour des voyageurs britanniques : le ciel se dégage pour les vacances de février... et pour la liaison Eurostar

Finies les conditions impérieuses nécessaires pour se rendre en France : le gouvernement français vient d'officialiser un assouplissement des mesures sanitaires aux frontières avec le Royaume-Uni, applicable dès ce vendredi matin, notamment à destination des personnes vaccinées. Avec comme principal argument, la présence du variant Omicron, tant en France que de l'autre côté de la Manche, qui ne justifierait plus les mêmes ajustements. Une bonne nouvelle pour les stations, qui guettaient déjà le rendez-vous des vacances de février, mais aussi pour la liaison Eurostar opérée par Travelski Express, qui va enfin pouvoir démarrer.

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Ce retour, sous de meilleurs auspices, de la clientèle britannique vaccinée se traduira, c'est désormais confirmé, par une relance du Travelski Express de la Compagnie des Alpes, qui n'avait pas encore pu redémarrer cet hiver du fait des restrictions sanitaires.
Ce retour, sous de meilleurs auspices, de la clientèle britannique vaccinée se traduira, c'est désormais confirmé, par une relance du Travelski Express de la Compagnie des Alpes, qui n'avait pas encore pu redémarrer cet hiver du fait des restrictions sanitaires. (Crédits : Savoie Mont Blanc Chabance)

Avant les vacances Noël, le resserrement des conditions d'entrées pour les voyageurs britanniques en raison de l'explosion du variant Omicron avait frappé de plein fouet les stations de ski, qui se préparaient à la reprise.

Le vent a désormais tourné, à quelques semaines des vacances de février : comme l'espéraient certains professionnels, l'Etat français a décidé d'alléger les dispositions prises début décembre, alors même que la vague Omicron n'avait pas encore complètement déferlé sur la France.

Désormais levée, l'obligation de justifier d'un motif impérieux pour venir en France (ou de respecter une période d'isolement à l'arrivée sur le territoire national) se transforme désormais, pour les voyageurs vaccinés, par la nécessité de "présenter au départ un test négatif (PCR ou test antigénique) de moins de 24h".

A ce titre, la nécessité de s'enregistrer, au préalable, sur la plateforme numérique « éOS passager » sera elle aussi levée tandis que des dépistages pourront cependant être conduits dans les lieux d'arrivée, comme le précise le portail du gouvernement.

Pour les voyageurs non vaccinés cependant, les déplacements en provenance ou à destination du Royaume-Uni seront là aussi autorisés, mais cette fois "sous réserve de pouvoir justifier d'un motif impérieux valable pour les pays classés rouges" et de disposer, là aussi, "d'un test négatif (PCR ou test antigénique) de moins de 24h" lors de leur départ. "Ils devront cependant, à leur arrivée en France, observer une période stricte de quarantaine de 10 jours à ce lieu et cette quarantaine sera contrôlée par les forces de l'ordre."

"Le décret sera publié demain matin, avec entrée en vigueur immédiate", s'est engagé dans un tweet le Ministre délégué chargé du Tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne ce jeudi matin.

Un changement de position, en raison de l'évolution épidémique

Pour justifier ce changement de position, alors que la France subit toujours une forte poussée des nouveaux cas de Covid, en lien avec le variant Omicron, l'Etat rappelle :

"Face à la prédominance du variant Omicron tant en France qu'au Royaume-Uni, le gouvernement fait le choix d'alléger les mesures spécifiques de contrôle sanitaire aux frontières qui avaient été décidées en décembre dernier pour les voyageurs vaccinés en provenance du Royaume-Uni".

Et de préciser : "Ces mesures avaient été prises alors que l'épidémie progressait de manière spectaculaire au Royaume-Uni, la France restant alors encore relativement préservée face à la vague Omicron. La diffusion aujourd'hui généralisée du variant dans les deux pays conduit le gouvernement à décider les ajustements suivants".

Il n'en reste pas moins que cette annonce semble résonner comme une bonne nouvelle accueillie pour les acteurs de la montagne, comme l'ANEM (Association Nationale des Élus de la Montagne), qui se "félicite d'ores et déjà de cette mesure qui fera revenir la clientèle des stations de ski".

Le spectre des vacances de février

En effet, il y a quelques jours, les représentants des stations de ski évoquaient un bilan qu'ils estimaient en demi-teinte pour les vacances de Noël, passées sans la clientèle britannique, et évoquaient justement leurs craintes pour les vacances de février, où la clientèle britannique était traditionnellement fortement présente.

D'autant plus que cette période représente un grand rendez-vous de la saison d'hiver, pouvant peser jusqu'à 40% du chiffre d'affaires de la saison, tandis que la clientèle britannique représente en moyenne 15% de la clientèle en fonction des domaines. Dans certains villages comme Sainte-Foy en Tarentaise, ce pourcentage dépasse même la barre des 50%, contre 35% à Val d'Isère ...

"C'est une très très bonne nouvelle pour toutes les grandes stations alpines comme Val d'Isère, Val Thorens, La Plagne, Les Arcs", a lui-même Didier Arino, directeur du cabinet français Protourisme auprès de l'AFP, estimant que les retombées économiques des Britanniques en hiver s'élèvent à "près d'un milliard d'euros pour la montagne française".

Outre le retour des réservations provenant de la clientèle britannique, qui est désormais attendu à nouveau dans les prochains jours, cette annonce signe en effet le retour, qui vient tout juste d'être confirmé, de la liaison Eurostar désormais appelée Travelski Express.

"Travelski est très heureux de confirmer que le premier Travelski Express quittera Londres St Pancras le vendredi 28 janvier", a annoncé la filiale de la Compagnie des Alpes, ce jeudi, qui en profite pour proposer un surclassement "gratuit" aux voyageurs qui réserveront dans le premier train (dont le nombre de places disponibles à ces conditions n'a cependant pas été précisé). Le PDG de Travelski, Guillaume de Marcillac, concédant lui-même, par voie de communiqué : "Les dernières semaines ont clairement été très frustrantes pour les skieurs britanniques qui voulaient skier en France".

Alors que la Compagnie des Alpes avait en effet annoncé prendre en charge la reprise de cette liaison à grande vitesse, arrêtée l'an dernier par Eurostar, celle-ci n'avait finalement pas pu démarrer, début décembre comme prévu, en raison des restrictions annoncées à l'entrée des voyageurs britanniques. Elle acheminait jusqu'ici, dans une année normale, jusqu'ici 29.000 voyageurs britanniques jusqu'aux portes des stations de la Tarentaise, en Savoie.

Il y a quelques semaines, le nouveau dg de la Compagnie des Alpes, Dominique Thillaud, affirmait à La Tribune espérer une relance le plus rapidement possible. "En fonction de l'évolution de la situation, nous ferons le maximum pour rouvrir au plus vite cette ligne", avait-il évoqué. C'est désormais presque chose faite.

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Commentaires 2
à écrit le 15/01/2022 à 10:07
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Les britanniques qui se plaignent d’avoir été ostracisés devraient se souvenir (mais je pense qu’ils ne le savaient même pas )que la France ,jusqu’en novembre,avait été la seule de tous les pays européens (alors que la situation sanitaire était la mê...

à écrit le 13/01/2022 à 19:20
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Le retour des hordes saxonnes avinees, vulgaires sont de retour dans les stations... hélas !

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