Compagnie des Alpes : un second exercice qui creuse (sans surprise) les pertes après la crise sanitaire

Pour son second exercice situé en plein coeur de la crise sanitaire (entre octobre 2020 et novembre 2021), la filiale de la Caisse des dépôts et consignations, à la tête d'une dizaine de grands domaines skiables français mais aussi de parcs de loisirs, aura enregistré un chiffre d'affaires divisé par trois (240,6 millions d'euros) ainsi qu'une perte nette de 121,7 millions d'euros qui se creuse. Mais elle maintient (aussi) son plan stratégique qui prévoit d'accélérer la "désaisonnalité" de son activité, ainsi qu'un niveau d'investissements jugé "élevé", principalement en montagne.

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Le leader européen des loisirs, avec ses 11 domaines skiables et ses 13 parcs d'attractions,  envisage toujours un retour de son chiffre d'affaires (et de son EBO) à leurs niveaux d'avant-crise à partir de 2022/2023, puis une reprise de la trajectoire de croissance lors des exercices suivants.
Le leader européen des loisirs, avec ses 11 domaines skiables et ses 13 parcs d'attractions, envisage toujours un retour de son chiffre d'affaires (et de son EBO) à leurs niveaux d'avant-crise "à partir de 2022/2023", puis une reprise de la trajectoire de croissance "lors des exercices suivants". (Crédits : Sophie Mérindol/S3V)

Après avoir connu une descente en chute libre de son activité (-93%) au premier semestre 2020, puis une augmentation de capital de 231 millions d'euros en juin dernier pour dérouler un nouveau plan stratégique appuyant la "désaisonnalisation" de son activité, les conséquences de la crise sanitaire transparaissent sur les derniers résultats de la Compagnie des Alpes.

Ce poids lourd du secteur du tourisme et des loisirs, qui exploite onze stations alpines (La Plagne, Les Arcs, ou encore Val d'Isère...) et 13 complexes ou sites de loisirs (dont Parc Astérix, le Futuroscope, des parcs Walibi...), vient de faire les comptes d'une période inédite pour l'industrie du tourisme.

Situés entre octobre 2020 et novembre 2021, soit en plein coeur de la saison blanche qu'ont connu l'ensemble des domaines skiables français, mais aussi d'une saison difficile pour ses parcs de loisirs, qui n'avaient retrouvé une activité soutenue qu'au dernier trimestre 2021, ces résultats traduisent en chiffres les impacts de la crise sanitaire pour le leader européen du monde des loisirs.

Un chiffre d'affaires annuel divisé par trois

En conséquence, la Compagnie des Alpes enregistre donc, sans grande surprise, un exercice délicat, qui creuse à nouveau ses pertes. L'exploitant de domaines skiables et de parcs de loisirs affiche en effet un chiffre d'affaires divisé par trois sur l'exercice 2020/2021, à 240,6 millions d'euros, contre 615,6 millions en 2019/2020. Et ce, alors même que l'exercice précédent "n'avait été affecté par la crise sanitaire qu'à partir de mi-mars 2020", rappelle le groupe dans un communiqué.

Ce sont, sans surprise également, le segment des remontées mécaniques qui ont le plus pâti de la fermeture imposée par le gouvernement français aux stations durant l'ensemble de la saison d'hiver, de fin octobre à juin, pour un chiffre d'affaires qui n'aura atteint que 11,4 millions d'euros, contre 360,2 millions en 2019/2020.

Côté parcs de loisirs (Parc Astérix, parcs Walibi, Futuroscope...), l'allègement progressif du dispositif sanitaire, avec notamment une fermeture administrative décrétée de fin octobre jusqu'à des "réouvertures progressives dans la deuxième partie du 3ème trimestre", aura cependant permis de réduire l'écart, avec un chiffre d'affaires (221,7 millions d'euros) qui s'affiche finalement en léger retrait (-4,5%) mais qui demeure très proche des 232,1 millions, enregistrés sur l'exercice précédent.

Des pertes qui se creuse, mais un EBO qui se maintient

Avec des pertes qui se creusent à 121,7 millions d'euros (contre 104,3 millions de perte nette lors de l'exercice précédent), la Compagnie des Alpes affiche cependant un excédent brut opérationnel (EBO) qui recule (seulement) de -24,7% à 70,6 millions d'euros en 2020/2021, contre 93,8 millions pour l'exercice précédent.

Et ce, en partie grâce à la compensation partielle à la fermeture des remontées mécaniques par les aides liées coûts fixes de la part de l'Etat, qui aura ainsi injecté un total de 189,4 millions d'euros d'aides et d'indemnités au groupe en 2020/2021, dont 168,3 millions au titre des compensations liées aux remontées mécaniques, et 21,1 millions d'aides et subventions diverses, en France et à l'étranger.

La Compagnie des Alpes aura également fait appel à un Prêt garanti par l'Etat (PGE) "saison" de 269 millions d'euros, tout en percevant d'autre part le produit de la cession des actifs du domaine des Deux Alpes (51 millions d'euros), remporté en 2020 par son concurrent la SATA, ainsi que la résultat d'une augmentation de capital de 231 millions d'euros.

Sur l'exercice 2020/2021, le groupe précise d'ailleurs avoir réussi à maintenir "un niveau d'investissement élevé dans ce contexte de crise", puisqu'ils atteignent 143,4 millions d'euros (contre 175,1 millions pour l'exercice précédent), et 92,3 millions d'euros plus précisément lorsqu'on enlève le produit de cession des actifs des 2 Alpes. Soit une enveloppe de 75,6 millions d'euros (+16,2%) pour les domaines skiables, tandis que la réduction des investissements (-32,7%) se traduit plutôt dans le domaine des parcs de loisirs (57,9 millions contre 86,1 millions pour l'exercice précédent).

Toujours, la "désaisonnalité" dans le viseur

Pour l'exercice à venir, le nouveau directeur général de La Compagnie des Alpes (CDA) Dominique Thillaud, entré en fonction ce mardi 1er juin, n'a donc qu'une idée en tête : redresser le navire. Avec un message qu'il avait déjà martelé au printemps dernier : si le Covid a brutalisé le groupe dans ses deux piliers d'activité, « il demeure beaucoup de gisements de valeur à exploiter » pour ce poids lourd du secteur du tourisme et des loisirs.

En plus de "retrouver une flexibilité financière compatible avec ses ambitions de croissance", mais aussi lui permettre "d'exploiter pleinement le potentiel de reprise de l'activité dès la réouverture des sites", de "relancer la dynamique d'investissements" et "renouer avec les niveaux d'activité et la trajectoire de croissance rentable d'avant crise", son augmentation de capital devait notamment servir à accélérer la diversification de son tourisme.

Une volonté qui passera notamment, du côté de ses parcs, par le renforcement des événements sur les périodes d'Halloween et de Noël, ou encore l'augmentation de son offre d'hébergement au Parc Astérix. Tandis que sur le plan des stations de ski, le groupe veut continuer à investir en faveur de grandes orientations, dont « une meilleure maîtrise de ses flux de skieurs, l'aménagement des domaines skiables ou encore l'amélioration de la couverture neigeuse, ou encore le renforcement du parcours client et bien sûr, le développement d'activités estivales ».

Avec à la clé, un montant des investissements qui devrait se situer sur une fourchette de 210 millions d'euros par an, en moyenne, sur la période allant de 2021/2022 à 2024/2025 (contre 200 millions annoncés précédemment hors Grand Astérix et Grand Massif), mais dont le calcul intègre d'ores et déjà une enveloppe inférieur -à 160 millions d'euros- pour la saison 2021/2022.

Malgré l'incertitude liée à de nouveaux variants, l'exerciez actuel a "débuté sous de très bons auspices avec une fréquentation record" pour les parcs de loisirs notamment durant la saison d'Halloween, dont la fréquentation grimpe également en France désormais, tandis que de leur côté, les taux de réservation en montagne atteignent "à un niveau satisfaisant par rapport à 2019", précise le groupe. Il envisage toujours un retour de son chiffre d'affaires (et de son EBO) à leurs niveaux d'avant-crise "à partir de 2022/2023", puis une reprise de la trajectoire de croissance "lors des exercices suivants".

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