Pourquoi Microsoft a choisi Lyon pour déployer une promotion de son école Business Apps

Après une première formation, centrée sur l'intelligence artificielle, le géant Microsoft choisit à nouveau Lyon pour y implanter l'une des promotions de son école Business Apps, dédiée aux métiers du numérique et notamment aux profils très prisés des développeurs d'applications métiers. Une filière qui cristalliserait de forts besoins de la part des entreprises, y compris sur la scène locale, alors que la crise sanitaire a fait évolué (et digitalisé) avec elle les modes de travail.

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Pour cette première promotion lyonnaise, onze candidats, demandeurs d'emplois ou salariés en reconversion professionnelle, seront accompagnés durant 18 mois par l'école Business Apps de Microsoft. Ils suivront une alternance chez plusieurs entreprises régionales de la filière, dont Expertime, Orange Business services, SA Global, Exakis Nelite, Neos-SDI et Place du marché.
Pour cette première promotion lyonnaise, onze candidats, demandeurs d'emplois ou salariés en reconversion professionnelle, seront accompagnés durant 18 mois par l'école Business Apps de Microsoft. Ils suivront une alternance chez plusieurs entreprises régionales de la filière, dont Expertime, Orange Business services, SA Global, Exakis Nelite, Neos-SDI et Place du marché. (Crédits : CC0 Creative Commons/Pexel.)

En 2018, Microsoft avait déjà créé une première formation, centrée sur l'intelligence artificielle, qui avait essaimé sous la forme de trois premières promotions à Lyon. "Nous avions déjà fait le constat à cette occasion qu'il n'existait pas, sur le marché, les profils et talents dont avaient besoin les entreprises. C'était aussi un moyen de démystifier la complexité du métier et son accès, qui ne se fait pas nécessairement à bac +5", se souvient Agnès Van de Wall, directrice de l'entité partenaires et startups, chargée d'accompagner l'écosystème de partenaires de Microsoft en France.

Et depuis le printemps dernier, le géant de l'informatique Microsoft (qui emploie 1.800 collaborateurs en France, principalement localisés sur son Campus d'Issy-les-Moulineaux) a renouvelé l'essai, d'abord à l'échelle nationale en lançant sa nouvelle école Business Apps dédiée aux applications métiers. L'objectif est le même : fournir aux entreprises des profils qui n'existent pas sur le marché du travail, avec des compétences spécifiques et assurer ainsi des débouchés aux apprenants, au nombre d'une soixantaine par année.

Car depuis début 2021 déjà, le géant informatique avait déjà remarqué qu'il existait "une pénurie de talents autour des métiers de l'IA et du Cloud, avec l'optimisation des infrastructures, le move-to-cloud et l'essor des applications métiers (business applications), aussi bien pour Microsoft que pour notre écosystème". C'est pourquoi il avait décidé d'agir en lançant avec Simplon et ses partenaires, les Ecoles IA Microsoft et les Ecoles Cloud, des formations visant à outiller les personnes éloignées de l'emploi ou en reconversion aux métiers de l'IA et du Cloud. Avec, à l'issue de leur cursus, des contrats de professionnalisation et des opportunités d'emplois proposés au sein de son écosystème de partenaires.

C'est donc dans cette lignée que Microsoft a décidé, depuis le 15 novembre dernier, d'ouvrir une première promotion de son école Business Apps à Lyon. Montée en partenariat avec WebForce3, un réseau d'écoles du numérique issu de l'ESS et qui héberge notamment les formations, le contenu de celle-ci a été cocréé aux côtés de Microsoft. "Nous avons également le soutien de Pôle Emploi et travaillé aux côtés de Digital League afin de faire remonter les besoin des clients", affirme Agnès Van de Wall.

Objectif : former une cohorte de onze apprenants, demandeurs d'emploi ou salariés en reconversion professionnelle, afin qu'ils suivent un parcours professionnalisant de 18 mois, intégrant 6 mois de formation intensive, puis une alternance de 12 mois en entreprise.

Une formation "spécifique"

Ces élèves lyonnais apprendront notamment à développer des "applications métiers", ces applications informatiques spécifiques dont les fonctionnalités sont dédiées et pensées pour une branche de métiers spécifique, ou une tâche précise.

 A Lyon, les enseignants de l'école Business Apps sont des enseignants de WebForce3 pour la partie technique et de Social Builder pour la partie "human skills".

Cette formation leur apprendra en effet à concevoir une application informatique, dédiée par exemple à chaque département ou client d'une entreprise, et pouvant prendre la forme d'un tableau de bord, d'un calcul de jauges, d'un suivi ou d'une mesure de l'engagement client, de la gestion des notes de frais... "Tous ces départements recherchent des profils pour développer ces applications spécifiques", assure Agnès Van de Wall, directrice de l'entité dédiée aux partenariats chez Microsoft.

Et d'ajouter : "Une formation comme celle-ci, leur assurant de pouvoir être certifié afin de devenir développeur application métier n'existait pas jusqu'ici : il s'agit d'un dispositif très spécifique et rare".

Un domaine qui vise également à permettre à ces salariés d'évoluer par la suite, car "dans le numérique, on est en formation permanente", ajoute Agnès Van de Wall.

D'autant plus que les opportunités ont été fortement accélérées par la crise sanitaire et la digitialisation de l'économie française, qui aura conduit les entreprises à internaliser ce type de profils : "La demande dans ce domaine a explosé avec la crise sanitaire, notamment pour mesurer les jauges ou des fluidifier les échanges de données et documents", constate le groupe informatique, sans toutefois révéler de chiffres.

Pour Microsoft, l'enjeu de proposer ces formations est de s'inscrire "au service de l'innovation numérique. [...] Si nous voulons accélérer le développement de projets concrets dans les entreprises, nous devons former les futurs artisans du numérique. Notre rôle est donc d'accompagner les organisations et les personnes dans cette transformation numérique."

"En région aussi, les entreprises ont aussi du mal à trouver des collaborateurs"

Les promotions de l'école Business Apps n'ouvrent d'ailleurs que si le terreau local est en demande de ces compétences. "On ouvre une classe à partir du moment où l'on est certains que les entreprises embauchent."

D'ailleurs, en Auvergne Rhône-Alpes, les derniers chiffres communiqués début 2021 par le 5e Observatoire du Numérique en Auvergne-Rhône-Alpes associant Digital League et EY pointent l'ampleur de l'enjeu pour la scène du numérique :

La région Auvergne-Rhône-Alpes se situait "une fois de plus à la première place des régions après l'Île-de-France avec 69.843 emplois, soit 3% de l'emploi total de la région". Le numérique aurait ainsi permis la création de 10.000 emplois sur la période 2015-2019, "soit +17 % en seulement cinq ans et représente 7% des créations d'emploi d'Auvergne-Rhône-Alpes". "À titre de comparaison, l'industrie régionale a créé sur la même période 7.000 emplois."

Concernant la promotion lyonnaise, 150 candidats avaient postulé, et seuls onze ont été retenus pour cette première année. Ils travailleront ensuite chez plusieurs acteurs de la scène régionale : Expertime, Orange Business services, SA Global, Exakis Nelite, Neos-SDI et Place du marché...

Selon Agnès Van de Wall, ce sont près de 83% des apprenants trouvent un emploi à la fin de la formation. "Nous avons des profils diversifiés qui veulent donner un élan à leur carrière. L'âge moyen est de 36 ans."

Après Lyon, mais aussi Nantes et Bordeaux, le géant de l'informatique songe déjà à ouvrir quatre nouvelles promotions courant 2022, notamment à Toulouse et à Rennes. Pour Microsoft, pas question de demeurer en effet centré sur Paris "car en région aussi, les entreprises ont aussi du mal à trouver des collaborateurs", souligne le groupe. L'objectif étant, à terme, d'ouvrir six promotions par an, dont trois en province d'ici 2023.

Le géant du web réfléchit plus largement à la possibilité de proposer, par la suite, une formation dédiée à la cybersécurité, et vient de lancer, aux côtés de plusieurs autres partenaires (Capgemini, Perfesco (groupe EDF), Suez, Elaia, Citizen Capital, Time for the planet, Loamics et l'ADEME) l'Environmental Start-up Accelerator, un incubateur de start-ups européennes qui visent à trouver des solutions pour réduire les émissions de carbone.

(avec ML)

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Commentaire 1
à écrit le 05/12/2021 à 10:13
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Autant il est logique que les multinationales numériques américaines envahissent le monde autant il est incompréhensible qu'on leur laisse former les esprits européens différents des américains. Quand ils sortent de ces écoles, google fait un carton ...

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