CES 2022 : Qui sont les 30 startups qui partiront cette année à Las Vegas ?

Après une édition 2021 placée sous le signe du distanciel et d’une sélection plus restreinte de participants, la Région Auvergne Rhône-Alpes a dévoilé la liste des 30 startups qui composeront sa délégation pour le CES de Las Vegas 2022. Avec à la clé, toujours une forte présence des deeptechs grenobloises, et un intérêt marqué pour des sujets "tendance" : modélisation de la perception humaine par les datas et l'intelligence artificielle, santé connectée, nouvelles générations de piles et batteries plus durables, ou encore une livraison de colis "augmentée"...

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(Crédits : iStock)

Après une quarantaine des startups accompagnées en 2018 et 2019, puis un chiffre qui était tombé à une quinzaine en 2021, la délégation régionale conduite par Auvergne Rhône-Alpes et son partenaire, le pôle de compétitivité Minalogic, se musclera à nouveau cette année.

Du 4 au 8 janvier prochains, ce seront en effet de nouveau une trentaine de pépites (dont plus d'une vingtaine qui n'avaient pas participé à l'édition 2021) qui franchiront les portes des célèbres hôtels du Consumer Electronics Show (CES). Un grand rendez-vous souvent évoqué comme "la grande mecque de l'électronique grand public", et qui réunissait jusqu'à 4.500 exposants issus de 150 pays et 200.000 visiteurs au coeur du Nevada (Etats-Unis) avant la crise sanitaire.

Et après une année 2021 placée sous le signe du distanciel, Auvergne Rhône-Alpes a saisi l'occasion de renouer avec ce grand rendez-vous en présentiel, destiné à faire entrer en contact les jeunes pousses et leurs solutions innovantes avec les GAFAS et géants de l'électronique, de l'automobile, du high tech...

Car chaque année, les plus grandes innovations technologiques sont dévoilées en avant-première au cours de cet événement international, qui s'impose désormais comme un rendez-vous stratégique pour la filière, encore plus critique à l'aune de la relance de l'économie mondiale et de la pénurie de composants actuelle que rencontre le monde de l'électronique.

Le vice-président à l'innovation et à la recherche de la Région Auvergne Rhône-Alpes, Yannick Neuder, rappelle que la filière numérique représente à la fois une filière forte à l'échelle régionale, avec ses 4.200 entreprises et 72.000 emplois (dont 14.500 emplois créées depuis 2015), mais également, une volonté de la présidence actuelle de se positionner "comme une silicon valley européenne, en misant à la fois sur nos forces issues du domaines du soft comme du hard, avec notamment des écosystèmes régionaux autour de a microélectroniques et des nanotechnologies".

De quoi réitérer cette année une aide allant jusqu'à 5.000 euros par startup retenue (soit une enveloppe globale de 180.000 euros) afin d'aider jeunes pousses à se faire connaître en dehors de leurs frontières, mais aussi de "relancer également les accords internationaux, avec des écosystèmes voisins comme celui du Québec ou de l'Ontario", ajoute Yannick Neuder.

Les habitués de ce grand rendez-vous

En 2022 encore, la sélection couvrira donc une grande partie de la région avec deux délégations fortes, que seront le Rhône et l'Isère, mais suivies également par les Deux Savoie ou encore l'Auvergne et notamment, le Puy-de-Dôme.

On retrouvera tout d'abord une poignée d'"habitués" parmi les jeunes pousses sélectionnées par la Région comme vitrines de l'innovation régionale (environ un tiers des 30 pépites étaient déjà présentes l'an dernier).

A commencer par la jeune pousse Perfect Memory, basée à Chamalières (Puy-de-Dôme), déjà présente l'an dernier avec sa plateforme logicielle qui collecte et interprète différents types de données afin de développer de nouveaux services. Celle-ci travaille par exemple déjà sur des projets en collaboration avec le Paris-Saint-Germain, RTL ou encore Eurovision Media Services.

Côté grenoblois, la deeptech BeFC et son modèle de pile miniature et écologique à base de papier et de sucre seront aussi de la partie. Cette spin-off du CNRS ambitionne de révolutionner le secteur de l'électronique et espère désormais séduire différentes applications portables, médicales, IoT & Industrie 4.0 avec sa première étiquette de capteur active, alimentée par une technologie de pile en papier à très faible consommation ultra-faible. Elle avait notamment déjà remporté l'an dernier le prix 10.000 startups pour changer le monde, organisé par La Tribune, dans la catégorie Environnement & Energie.

Cette édition signera également le retour de deux autres isérois : IoTize et son système TapNLink qui, associé à l'écosystème Duetware, transforment les puces sans fil en modules clé en main pour les appareils connectés aux smartphones. Objectif affiché : que la création d'interfaces utilisateur mobiles ne nécessite qu'une simple configuration. Mais également la startup eLichens, qui développe des capteurs connectés afin de mesurer la qualité de notre environnement (mesure la concentration de CO2, PM1, NO2, O3, etc, ainsi qu'un système de détection de fuites de méthane).

Elle avait d'ailleurs a trouvé l'an dernier une nouvelle application en plein période de Covid-19, avec l'intégration de son capteur par l'industriel américain Honeywell, afin de protéger les travailleurs de la chaîne du froid. Objectif : que ceux-ci soient alertés lorsqu'ils manipulent de trop fortes concentrations de CO2.

En région lyonnaise, la jeune pousse Ido-Data réembarque également pour une seconde édition du CES avec son offre combinant l'IoT et le digital au service des professionnels de la prévention, de la sécurité, du sauvetage et des premiers secours. De même que le lyonnais ProovStation, qui développe une gamme de scanners pour les véhicules qui offrent un scan à 360° en seulement quelques secondes, à l'attention des loueurs et des experts de l'assurance-dommages.

Les nouveaux... et les anciens qui renouvellent l'essai

Pour le reste, la vingtaine de jeune pousse restantes se compose essentiellement de "nouveaux" ou presque, qui ont cependant pour la plupart déjà posé déjà plusieurs jalons au sein de leur écosystème régional.

Avec en premier lieu, un lien plus ou moins direct avec le Covid-19 : c'est notamment le cas du grenoblois Aryballe technologies, qui développe, à partir d'une technologie fondée par deux chercheurs du CEA, un nez électronique NeOse Advance pouvant reconnaître des milliers d'odeurs, des plus délicates aux moins agréables... et qui a pris un tournant particulier avec le Covid et les problématiques rencontrées par certains patients.

A Lyon, la jeune pousse Airxôm a déjà l'ambition de se lancer sur le marché mondial avec son masque de protection actif longue durée, qui vise à détruire les COV, virus, bactéries et autres particules tandis qu'un autre lyonnais, LOD Protect, conçoit une solution alliant la lumière à une protection contre les virus et les bactéries pour les milieux fermés, promettant l'élimination de 99% des virus en l'espace d'une heure, pour une pièce allant jusqu'à 120M2...

Côté santé toujours, le grenoblois Direct Analysis dévoilera quant à lui sa micro-usine à ADN qui vise à analyser des échantillons alimentaires, en vue de détecter les bactéries pathogènes... par PCR. Le tout, "en moins de 6h, contre 24h actuellement". Tandis que le lyonnais Y-Brush et sa brosse à dents automatique et munie de vibrations soniques promet un brossage parfait en 10 secondes seulement.

Avec parmi les grandes tendances de cette année, d'autres concepts plus ciblés, qui s'appuieront également sur les datas et l'intelligence artificielle afin de simuler l'action du cerveau humain.

C'est par exemple le cas du grenoblois Prophesée, qui capitalise son capteur breveté inspiré de l'œil humain et associé à des algorithmes d'IA pour "rendre la vue aux aveugles" et notamment révéler l'invisible aux machines. Le rhodanien Ava s'est quant à lui donné pour mission de "faire prendre vie à l'inerte", en rendant notamment une série de données 3D visibles (informations, instructions, etc), tandis que le lyonnais Visual Behavior développe un "cortex visuel artificiel", c'est-à-dire un logiciel émulant la capacité du cerveau humain à comprendre une scène visuelle.

Objectif affiché : "fournir aux robots une perception de haut niveau de leur environnement pour prendre des décisions et des actions plus intelligentes et sophistiquées".

De la livraison augmentée au télétravail

La livraison de colis sera elle aussi "augmentée" avec des données qui serviront (aussi) à équiper les boîtes à colis connectées du lyonnais Ouba, autonomes en énergie et connectées à la 5G, pour répondre aux besoins de désenclavement des communes petites ou rurales. Ou encore la plateforme de récupération de colis entre particuliers Welco, lyonnaise elle aussi, et qui veut se placer comme une nouvelle référence aux côtés des points relais.

Des innovations qui n'oublieront pas non plus la thématique du télétravail, en plein essor depuis la pandémie, avec le grenoblois ActivMotion qui produit des accessoires de communication sans fil, Discuss&Care qui se proposer de maximiser la performance des entreprises avec une suite bureautique combinant des fonctionnalités collaboratives (et un module dédié à évaluer l'équilibre des salariés), ou encore Nemeio, et son clavier personnalisable unique en son genre, qui s'adapte à toutes les langues et logiciels.

Et ce, alors que le lyonnais Matvisio veut contribuer à prévenir et corriger les mauvaises postures et éviter les troubles musculo-squelettiques en s'appuyant sur une caméra et un logiciel.

Une délégation grenobloise solide

Autre tendance de cette année : une délégation grenobloise toujours fortement présente, et notamment marquée par les deeptechs de différentes tailles : on peut ainsi citer par exemple le cas de Dolphin Design, une filiale de l'isérois Soitec qui emploie déjà 180 salariés, afin de créer des architectures de pointe, à l'image de son système de détection d'objets, alliant intelligence artificielle et faible consommation d'énergie, et qu'elle compte présenter au CES cette année.

Ou encore le fabricant Drone Interactive, développant un nouveau concept d'attraction pour les parcs de loisirs associant pilotage de drones et jeux vidéo et qui s'appuie sur plus de 15 ans de R&D menés dans le laboratoire GIPSA-lab (unité mixte CNRS - Grenoble-INP - Université Grenoble Alpes). Il n'en est pas à son coup d'essai puisqu'il avait déjà participé au CES 2018 ainsi qu'à la dernière édition du salon IAAPA Expo Europe.

L'isérois Grapheal et ses biocapteurs connectés fera également partie du voyage en vue de proposer une offre de santé numérique, dont une bandelette de test numérique qui détecte une infection au Covid-19 et délivre un pass sanitaire RFID biométrique,  alors qu'un autre isérois, Inject Power, démontera comment il alimente un implant médical autonome pour le suivi des maladies chroniques, au moyen d'une microbatterie miniaturisée et rechargeable.

Grandes ambitions également du côté du grenoblois Isorg (désormais installé en Nouvelle-Aquitaine), qui se pose comme l'un des pionniers des capteurs d'images organiques de grande taille, et qui exposera sa technologie de capteurs d'empreintes digitales pour des applications dédiées à la sécurité et à l'identité. Il pourra d'ailleurs compter à ce titre sur une récente certification FBI  qu'il vient de décrocher grâce à son module d'authentification multi-doigts plein écran.

Enfin, la délégation régionale proposera également un peu de douceur avec l'isérois Lovebox, qui en temps de pandémie et de distanciel, a imaginé une boîte à messages connectée, avec l'objectif de partager des messages d'affection en temps réel avec ses proches.

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