Roomonitor : le détecteur qui fait la chasse aux fêtes clandestines arrive à Lyon (et Paris)

 |  | 1257 mots
Lecture 7 min.
Connecté en wifi, le boîtier de Roomonitor, se pose comme un urgentiste de la nuisance sonore en analysant les écarts de bruits afin de traquer les fêtes clandestines et les nuisances de voisinage. Il a débarqué en France, et notamment à Paris et Lyon en ce début d'année.
Connecté en wifi, le boîtier de Roomonitor, se pose comme un "urgentiste de la nuisance sonore" en analysant les écarts de bruits afin de traquer les fêtes clandestines et les nuisances de voisinage. Il a débarqué en France, et notamment à Paris et Lyon en ce début d'année. (Crédits : DR)
Alors que les fêtes clandestines ont fait la Une de la presse nationale, une lyonnaise a voulu prendre le sujet en main. Capitalisant sur un partenariat avec Airbnb, cette jeune pousse veut se poser comme une « tour de contrôle des nuisances sonores » avec son détecteur de bruit. Elle envisage même la création d’une brigade dédiée à Lyon, après un déploiement déjà effectif à Paris, Barcelone ou Madrid. Explications.

Le second confinement marquera un tournant également pour Marine Cornu. Car depuis la fin d'année, cette lyonnaise s'est rapprochée de l'espagnol Roomonitor, qui commercialise depuis cinq ans un capteur de bruit destiné à un marché bien spécifique : celui de la location temporaire, déployée par les plateformes telles que Airbnb, mais également par les propriétaires de logements meublés, au sens large. Et depuis la crise sanitaire, ce marché a pris une autre résonance avec un sujet qui monte : celui des fêtes clandestines.

Car malgré la reprise de l'épidémie, les fêtes clandestines seraient en augmentation de 25% depuis le 21 mars, "souvent au sein de logements Airbnb loués pour l'occasion", selon les chiffres issus des boîtiers installés par Roomonitor en France (nombre : NC), qui compare la période précédente allant du 1er janvier et le 20 mars dernier.

« Au-delà des nuisances sonores et des dégradations matérielles, c'est la lutte contre la propagation du virus qui est mise à mal par une infime minorité. Sans compter que pendant le confinement, le phénomène des fêtes sauvages a explosé », estime Marine Cornu. Cette Lyonnaise, devenue directrice Roomonitor France, s'est donc donné pour mission de « débusquer les fauteurs de troubles ».

C'est à Barcelone qu'elle a repéré une startup qui proposait des détecteurs de variation sonore, destinés à traquer les bruits. Et les trois années passées au sein de la plateforme Airbnb auront même été un atout pour elle, d'autant plus que le site de location de vacances s'est lui-même donné pour mission de conseiller et outiller ses propriétaires en vue de pérenniser le juteux marché de la location saisonnière.

« Aujourd'hui, près de 80 % du parc de logements touristiques professionnels de la ville de Barcelone sont équipés de ces boîtiers. Au début du Covid, Airbnb a d'ailleurs lancé un programme de "party prévention", conseillant à ses hôtes à l'échelle mondiale de s'équiper de ces détecteurs au sein des logements. Cela a constitué un bon levier de développement », assure la directrice de développement France.

Son métier : « casser l'ambiance dans les soirées trop bruyantes »

Concrètement, ces boîtiers, installés par les propriétaires ou les loueurs des logements, « ne mesurent pas le niveau de bruit à proprement parler, mais bien l'écart entre le bruit habituel et des pics plus intenses et réguliers, pouvant se traduire par des nuisances pour les riverains, voire même plus », explique Marine Cornu. Mieux : celle-ci affirme que l'analyse des variations sonores permet de repérer les prémices d'une fête sauvage et affirme même que des cas ont déjà pu « être prévenus et traités » par le fournisseur espagnol. Sans plus de précisions cependant.

En parallèle à son appareil connecté en wifi, Roomonitor propose aux propriétaires une application mobile de suivi, mais aussi une ligne téléphonique où des gestionnaires d'appels jouent, la nuit, un rôle de vigie et peuvent même décider d'appeler les contrevenants en cas d'écarts de bruits jugés trop importants.

Dans certaines villes comme Paris, la startup vient de franchir un cap supplémentaire en instaurant une véritable « brigade de surveillance du bruit », composée d'une poignée de salariés chargés d'intervenir directement à l'adresse concernée.

Pour autant, pas question de parler d'un volet judiciaire : cette « brigade » est uniquement là pour « calmer le jeu » et jouer un rôle de prévention. Elle pourra toutefois prévenir les forces de l'ordre en cas de situation jugée à risque. « Dans 70% des cas, le dispositif de base, qui comprend l'envoi d'un SMS ou d'un appel aux occupants, vaccine les fauteurs de troubles contre toute récidive », souligne la directrice du développement Roomonitor en France.

Déjà opérationnelle et prévue pour « intervenir en moins de 30 minutes », une équipe de ce type est actuellement en place à Madrid, Barcelone et Paris.

« Lyon sera parmi les prochaines grandes villes à disposer d'une telle force de frappe. Le profil actuellement recherché pour intégrer cette brigade du silence est de réunir en un seul homme la réactivité d'un livreur Deliveroo, l'autorité naturelle d'un videur de boîte de nuit et le tact d'un médiateur capable de dénouer les conflits », précise Marine Cornu.

Avec le soutien des opérateurs tels que Airbnb

Dans ce « combat », la startup Roomonitor vise « tout propriétaire ou gestionnaire de bien immobilier allant de 50 à 200 appartements », ainsi que des services de conciergerie, etc, pour un tarif d'achat conseillé de 90 euros pièce, assorti d'un abonnement mensuel de 7,90 euros à son service.

« Notre solution répond au besoin des propriétaires d'être soutenus dans la gestion de leurs logements la nuit, en vue de prévenir d'éventuelles dégradations et problèmes de voisinage. L'objectif est de pouvoir contribuer à une meilleure cohabitation entre les riverains et les locataires de courte durée », estime Marine Cornu.

Selon elle, le Covid aura permis de faire prendre conscience de la problématique des nuisances sonores à plus large échelle, étant donné le temps que passent désormais les Français à leur domicile avec la généralisation du télétravail.

« C'est aussi un outil de valorisation pour le tourisme, afin de montrer que les appartements de location temporaires de type Airbnb, qui se trouvent au sein des immeubles résidentiels, ne sont pas pour autant mal gérés. Ce boîtier permet en effet aux propriétaires d'être proactifs et de continuer à faire leur métier».

Face aux questions d'éthique et de confidentialité des données soulevées par ce type d'équipements connectés, la startup espagnole assure que son produit se veut RGPD « conforme » : son détecteur n'enregistrerait pas les conversations mais détecterait uniquement, en temps réel, les variations sonores.

« Nous n'avons pas fixé un volume sonore initial, de telle sorte qu'un jappement de chien ou qu'une porte qui claque ne déclenche pas d'alerte. Notre appareil est au contraire programmé pour analyser les variations an cours des 5 à 7 dernières minutes, avec une sensibilité réglable sur une échelle de 1 à 4 par le propriétaire », précise-t-elle.

Un fonctionnement qui se veut "bien différent", selon la jeune pousse espagnole, des Google Home et autres Alexa proposés par les Gafa.

D'ailleurs, cette absence d'enregistrement lui permet de ne pas devoir se signaler officiellement auprès des locataires concernés. Même si, dans les faits, la startup et ses partenaires conseillent de signaler leur présence au sein des annonces de location. « Il s'agit d'une solution qui respecte totalement la vie privée du locataire, car les conversations ne sont ni écoutées, ni enregistrées », veut rassurer Marine Cornu.

La startup ne s'en cache pas : elle a toutefois prévu, au sein de son dispositif, un standard téléphonique dédié au voisinage, qui propose de dénoncer directement les abus, mais toujours dans une optique de « prévention ».

Avec une ambition : que ce type de détecteur devienne, à terme, une norme parmi tant d'autres, au même titre que du détecteur d'incendie. En attendant, elle vise à poursuivre le déploiement de ce boîtier en France, et notamment au sein des grandes villes comme Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse, etc. « Au total, nous avons déjà près de 2.000 équipements installés, ou en cours de déploiement, à l'échelle française ce printemps ».

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 13/04/2021 à 17:40 :
C'est triste, Pétain est parti bien trop tôt,la délation devient informatique, plus besoin de mots doux envoyés subrepsticement à la Kommandantur, sommes nous encore bien surs d'être dans la démocratie réelle que j'ai connu?
Taper sur les jeunes, ça fait pas de mal, ils ne savent même pas se défendre! lol!
Réponse de le 15/04/2021 à 13:36 :
Normal ,il est grand temps de leur mettre du plomb dans la tête, et arrêter de faire leurs conneries !
a écrit le 12/04/2021 à 21:16 :
Big brother is watching you !! La France prévaut !!
a écrit le 12/04/2021 à 16:58 :
Une camionnette qui passe dans les rues comme en 40 ,bref,le nouveau monde
Réponse de le 15/04/2021 à 13:38 :
Arretez de vous plaindre, vous n'avez rien connu de bien pire
a écrit le 12/04/2021 à 16:31 :
Du flicage en somme ?
Franchement ne dites pas que les confinements et les restrictions et la crise du Covid partie de Wuhan n’est pas préméditée car ce n’est absolument pas crédible , au fur et à mesure que nous avançons dans le temps.
C’est criminel d’imposer des restrictions pour un virus créé de toutes pièces en laboratoire pour permettre des start ups «  avec des produits «  qui violent la vie privée .
Réponse de le 12/04/2021 à 19:09 :
Que voulez vous LaREM est juste un retour de dictature en France..

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :