Aéroport Grenoble Alpes Isère : une stratégie qui se confirme

A l’occasion des quinze ans de la collaboration entre le délégataire Vinci airports et le Département de l’Isère, propriétaire de l’aéroport Grenoble Alpes Isère, l’équipement isérois confirme ses positions malgré quelques doutes qui subsistent sur le calendrier du Brexit à venir.

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(Crédits : DR)

Avec ses 357 000 voyageurs accueillis l'an dernier (contre 310 000 en 2016), l'aéroport de Grenoble-Alpes Isère se positionne comme l'une des principales portes d'entrée du tourisme d'hiver en Isère.

La structure, dont la propriété est placée sous l'égide du Département, est gérée par le délégataire Vinci Airports par le biais d'une délégation de service public (DSP) qui court jusqu'en juin 2026. Avec ses 40 salariés permanents et ses 350 saisonniers, l'aéroport Grenoble-Alpes Isère vient de donner le coup d'envoi de sa saison d'hiver, qui s'échelonnera cette année du 28 novembre au 30 avril.

"La saison d'hiver représente environ 80% de notre trafic annuel, tandis que les 20% sont principalement réalisés à travers l'aviation d'affaires, pour laquelle nous avons un terminal et une équipe dédiée toute l'année", explique Basma Jarbouai, la directrice de l'aéroport Grenoble Alpes Isère.

Avec un chiffre d'affaires qui oscille désormais entre 10 et 12 millions d'euros à l'année (contre 7,7 millions d'euros en 2015), l'aéroport situé à 35 minutes de Grenoble semble avoir réussi son pari de doper son activité.

Un pari à relever

Deux ans après le lancement de sa nouvelle identitié (Grenoble-Alpes Isère) mais également d'un nouveau terminal et d'une nouvelle salle d'embarquement, qui avaient représenté 800 000 euros d'investissements (financés à 80% par le Département), l'aéroport isérois semble reprendre des couleurs.

L'an dernier, l'équipement a accueilli près de 357 000 voyageurs accueillis (contre 310 000 en 2016), ainsi qu'une augmentation de sa clientèle affaires de 8%. Et la structure iséroise mise déjà sur une nouvelle croissance de 5% sur l'ensemble de ses voyageurs pour la saison 2019-2020. Le tout, en continuant de développer son offre de vols en hiver, mais également sur la saison estivale, qui tourne pour l'instant au ralenti.

Cette année, l'aéroport isérois proposera ainsi 19 destinations en vols réguliers, contre seulement neuf destinations il y a quinze ans.

"Nous avons une très forte collaboration avec des tours opérators de passagers, et ouvrons notamment cette année de nouvelles destinations avec l'aéroport d'East Midlands (Angleterre) avec Jet Tours, de Bristol (Angleterre) avec Ryanair, ainsi que Göteborg (Suède) avec Norwegian", annonce Basma Jarbouai.

Après l'ouverture d'une ligne avec de nouvelles destinations comme la Pologne en 2017, Grenoble Alpes Isère regarde aussi à nouveau du côté de la Russie, un pays dont elle perçoit à nouveau une appétence forte pour les séjours au ski.

Le Brexit en ligne de mire

Son partenaire principal demeure cependant encore le Royaume-Uni, dont la desserte de six villes représenterait encore près de 80% de son activité. Si ce pari s'avère gagnant jusqu'ici, quelques turbulences pourraient cependant toucher l'aéroport isérois à l'approche de la date fatidique du Brexit.

La direction semble toutefois préparée :

"Nous avons déjà dû réaliser des travaux de conformité pour nous préparer à cette perspective, avec la création d'un local dédié aux fouilles à l'arrivée des passagers notamment. Mais nous ne savons pas encore à l'heure actuelle quelles seraient les modalités et les conséquences de cette sortie, nous n'avons pas encore de directives claires".

Bien que l'année 2018-2019 ait été marqué par une légère baisse de la part de touristes anglais, la nouvelle saison semble néanmoins repartir de plus belle, et ce, malgré une nouvelle échéance pour le Brexit fixée au 30 janvier prochain.

"A l'heure actuelle, les tours opérators indiquent que les périodes de Noël et de février présenteraient de meilleurs taux de réservations que l'an dernier. Car si les Anglais étaient plutôt sur la réserve jusqu'ici, on sent qu'ils ont pris le parti de prendre leurs vacances quoi qu'il arrive", rapporte Basma Jarbouai.

Une porte d'entrée dans les Alpes-du-Sud

Parmi les pistes de développement également à l'étude, figure également le déploiement des activités estivales de l'équipement. Avec une tendance de fond, un retour des destinations montagne, y compris en été, au détriment des destinations soleils jusqu'ici plébiscitées par les touristes :

"Face à un climat qui devient de plus en plus chaud, on s'aperçoit que les clients ont tendance à se diriger aussi en montagne l'été. Nous travaillons donc en lien avec les tours opérators et les stations afin de proposer des séjours aux touristes étrangers et français. Toutes les pistes sont ouvertes à ce sujet", explique la directrice.

Alors que Vinci Airports se trouve également aux commandes de plusieurs autres aéroports en Auvergne Rhône-Alpes (tels que Chambéry, Lyon, et Clermont-Ferrand), le groupe défend le positionnement spécifique de l'équipement isérois, dont l'existence avait été un temps menacée par les doutes.

"Grenoble Alpes Isère constitue une porte d'entrée en Isère et dans les Alpes du Sud, avec une spécificité autour du ski, à travers des dessertes de bus allant ensuite acheminer les clients directement au sein des stations. Ce positionnement est très complémentaire par rapport à l'activité d'autres aéroports", confirme Basma Jarbouai.

Rejetant toute forme de concurrence avec les hubs voisins, le groupe Vinci affirme qu'il ferait même parfois jouer sa complémentarité avec ses autres équipements à l'échelon régional, lorsqu'il est question de recruter du personnel qualifié en été, ou de réquisitionner une piste d'atterrissage lorsque les pistes se retrouvent saturées ou impactées par une perturbation météorologique.

Dans un secteur du transport aérien toujours en croissance (+6,1% en 2018 d'après les chiffres de l'Organisation de l'aviation civile internationale notamment), Vinci Airports rappelle également l'impact économique de cet équipement au niveau local : avec 3600 emplois induits sur le territoire, Grenoble-Alpes Isère générerait un PIB de 146 millions d'euros.

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Commentaires 3
à écrit le 14/12/2019 à 16:38
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Clermont-FerranD !!! merci de rectifier ... Une piste suggérée à Vinci : que du personnel domicilié entre Grenoble et St Exupéry soit recruté en CDI, pour faire alternativement la saison hiver à Grenoble (pic d'activité) et la saison été à St Exup...

à écrit le 14/12/2019 à 11:14
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Comment l'aéroport va évoluer, surtout sur la ligne interne

à écrit le 14/12/2019 à 8:49
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"une délégation de service public (DSP) qui courre jusqu'en juin 2026" elle court (comme le furet pendant une chasse à courre)

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