Groupement Hospitalier Mutualiste de Grenoble : vers une cession des cliniques

Une annonce qui devrait renforcer les craintes de l’écosystème grenoblois. Quelques semaines après de premières fuites, qui évoquaient un projet de vente, un communiqué du Conseil d’administration de l’Union Mutualiste pour la Gestion du Groupement Hospitalier Mutualiste de Grenoble vient d’annoncer le lancement d’une "réflexion" visant à céder ses trois cliniques grenobloises.

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(Crédits : Capture écran YouTube)

Avec six voix favorables, contre une abstention, le conseil d'administration de l'UMG GHM (Union Mutualiste pour la Gestion du Groupement Hospitalier Mutualiste de Grenoble) - dont l'administrateur majoritaire est la Mutuelle Adréa, suivi de la Mutualité Française de l'Isère - vient d'annoncer officiellement qu'il s'apprêtait à lancer "une réflexion" visant à "une cession éventuelle" des activités des cliniques mutualistes de Grenoble. Une annonce qui ne fait que confirmer les craintes de l'écosystème grenoblois.

Plusieurs voix s'étaient en effet élevées cet été pour dénoncer un projet de vente à un acteur privé. Avec, parmi elles, celles de la ville de Grenoble, qui s'était fendue d'un communiqué pour faire part de son inquiétude "quant à cette vente", en demandant même des garanties "afin qu'un repreneur à but non lucratif soit privilégié, ainsi que la poursuite des missions de service public ".

Cette fois, c'est une communication du conseil d'administration de l'UMG GHM, publiée en date du 26 septembre, qui annonce une "réflexion visant à une cession éventuelle de ses activités" faisant "suite à la présentation d'un diagnostic réalisé par le cabinet Ernst & Young durant l'été".

Un niveau d'endettement "préoccupant"

Elle interviendrait dans un contexte financier "très difficile" pour le Groupe Hospitalier Mutualiste de Grenoble (GHM), dont les pertes s'élèveraient à 17 millions d'euros pour un chiffre d'affaires annuel de 130 millions d'euros.

"L'exercice 2019 s'inscrit dans la continuité avec un résultat net budgété négatif, qui devrait avoisiner -1,6 millions d'euros", annonce le groupe, avec un niveau d'endettement cumulé jugé "préoccupant", qui atteignait fin 2018 les 21,9 millions d'euros en décembre 2018, ce qui représente 150% des fonds propres.

Toujours d'après le conseil d'administration, "ce déficit structurel est en partie causé par la prise en charge intégrale par le Groupe Hospitalier Mutualiste de Grenoble du coût des dépassements d'honoraires qui ne sont ainsi pas répercutés sur les patients." En 2018, ces dépassements d'honoraires auraient ainsi représenté un coût de près de 3,5 millions d'euros, à la charge de l'établissement.

Placées sous statut d'Etablissement de Santé Privé d'Intérêt Collectif (ESPIC) à but non lucratif, les trois cliniques grenobloises (la Clinique Mutualiste des Eaux Claires, la clinique d'Alembert et le Centre Daniel Hollard) participent au service public hospitalier en regroupant différentes spécialités (chirurgie, maternité, urgences, cancérologie, etc.). Elles accueillent chaque année près de 160 000 patients, avec 400 lits, 200 médecins et 1 100 salariés.

Une cession d'abord contestée

 "Les activités de l'UMG GHM sont emblématiques de l'agglomération grenobloise et, plus largement, de l'Est de la région Auvergne Rhône-Alpes", précisait elle-même l'UMG GHM, dans une première communication adressée à la mi-juillet.

Elle y annonçait notamment la tenue d'un audit en cours jusqu'à septembre 2019, et y réfutait alors jusqu'ici tout projet de vente :

"Contrairement à de fausses informations répandues depuis quelques semaines et pour lesquelles une procédure pour diffamation pourrait le cas échéant être engagée, aucune décision n'a été prise, à ce jour, et aucune négociation n'a été initiée afin de débuter une cession des activités à des repreneurs potentiels".

Désormais, son conseil d'administration affirme qu'"Adréa Mutuelle sera vigilant, dans les mois qui viennent, à ce que les éventuels candidats à la reprise de l'activité présentent une offre qui garantisse à la fois l'emploi, les conditions d'accueil des patients, la qualité et l'accessibilité de l'offre de soins et du plateau technique".

Aucune information n'a cependant filtré sur les discussions en cours ainsi que sur les noms de potentiels candidats.

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