Premier débat télévisé pour les candidats en AURA : un match Wauquiez-Belkacem se dessine

CARNET DE CAMPAGNE, semaine #1. Quinze jours avant le premier tour des Régionales 2021, le bureau Auvergne Rhône-Alpes de La Tribune se met en mode "campagne" et vous propose de suivre, en un coup d'oeil, les principaux rebondissements et dossiers clés qui font l'actualité de la campagne en Auvergne Rhône-Alpes.

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(Crédits : ©Région Auvergne-Rhône-Alpes/MichelPérès)

Malgré la crise sanitaire qui a perturbé son démarrage et son calendrier initial, la campagne des élections régionales en Auvergne Rhône-Alpes a démarré et s'intensifie.

Avec désormais neuf candidats déclarés en lice pour le premier tour, qui se tiendra le 20 juin prochain, le bureau Auvergne Rhône-Alpes de La Tribune vous propose de suivre les temps forts de cette dernière ligne droite.

Mercredi 9 juin. Coup d'envoi de la joute télévisée, et premiers soutiens de poids

A dix jours du premier tour, 7 des 9 candidats en lice se sont retrouvés sur les antennes de France 3 Alpes pour une soirée de "grand débat". La première et la seule de ces élections régionales, soulignait par ailleurs la chaîne.

A noter qu'il s'agissait également de la première fois que l'actuel président de Région LR, Laurent Wauquiez, débattait face à ses opposants, dans une campagne inédite où la crise sanitaire a imposé son rythme. Jusqu'ici, le président de Région avait pris soin de demeurer dans ses habits de président de Région, et d'éviter les interviews télévisées le reléguant à un rôle de candidat.

Durant cette soirée d'échanges où les candidats ont enfin pu confronter leurs idées en "live", c'est la socialiste Najat Vallaud-Belkacem qui a sorti les gants. Objectif : ouvrir le match et s'imposer comme "la" challenger de la gauche. Jusqu'à se positionner comme celle qui saura ensuite mener une liste Union de gauche, que ni PS ni EELV n'écartent en vue du second tour ?

Outre la sécurité, qui a occupé une grande place dès l'entrée du match -alors qu'il ne s'agit toujours pas d'une compétence directe de la Région, même si les derniers sondages montrent qu'elle demeure une forte préoccupation des Français-, les questions du soutien à l'économie, des transports et notamment du soutien (ou non) au Lyon-Turin ont animé les débats.

En parallèle, deux des principaux candidats ont vu les rangs de leurs soutiens politiques s'élargir : à commencer par le marcheur Bruno Bonnell, dont l'équipe de campagne vient d'annoncer la présence d'un membre du gouvernement en prévision de son prochain grand meeting de campagne, planifié jeudi 17 mai, juste avant le premier tour.

Et il ne s'agit pas des moindres, puisque c'est le Premier ministre Jean Castex lui-même qui est annoncé pour venir épauler son candidat à Lyon, dans cette région où leur adversaire LR Laurent Wauquiez est toujours donné loin devant par les récents sondages. De quoi insuffler une dynamique ?

De l'autre côté, la candidate PS Najat Vallaud-Belkacem a relayé sur Twitter une vidéo de soutien réalisée par Christiane Taubira, où l'ex-garde des Sceaux sous le gouvernement Hollande exprime ces mots : "Vous avez le sort de la Région Auvergne Rhône-Alpes et à bien y regarder, vous n'avez pas tant de choix, mais quel choix !". Saluant, en bout de ligne, "l'envergure nationale de la candidate" et "les 20 années de combat" de la candidate à gauche.

Mardi 8 juin. Emmanuel Macron giflé dans la Drôme, les réactions régionales

Au cours d'un déplacement à l'agenda dans la Drôme, qui visait à l'origine à présenter la troisième étape du déconfinement qui sera symbolisée ce mercredi par l'ouverture des restaurants, le président de la République Emmanuel Macron a été agressé à sa sortie du lycée hôtelier de Tain-l'Hermitage, par un homme ayant crié "A bas la macronie".

Le président a néanmoins pu poursuivre son déplacement tandis que deux personnes ont été interpellées. Le procureur de la République de Valence, Alex Perrin, a précisé en fin d'après-midi que ces deux personnes demeureraient en garde à vue, "le parquet décidera demain, ou jeudi au plus tard, de leur orientation judiciaire".

Cet épisode a suscité une réaction immédiate du président sortant et candidat LR Laurent Wauquiez, qui présentait justement ce lundi son nouveau programme pour les Régionales 2021, axé sur la sécurité. Il a qualifié cet épisode sur Twitter par ces mots : "Geste intolérable. On ne peut pas accepter que s'installent la violence et l'absence de respect dans notre pays".

Le candidat LREM, Bruno Bonnell, a lui aussi réagi en ces termes : "Choqué mais surtout indigné. Gifler le président, c'est gifler la République, la Démocratie et les Français. Nous devons combattre ceux qui attisent la haine de l'Etat et des institutions et qui sèment la division de la Nation Cet acte isolé ne représente en rien notre région."

Du côté de la gauche également, la candidate PS Najat Vallaud Belkacem a ajouté, elle aussi sur les réseaux sociaux : "Cette image du Président de la République giflé fait froid dans le dos. De grâce ressaisissons-nous. Retrouvons le goût du respect. Des institutions comme des hommes et femmes. La dignité dans nos débats. La quête de concorde".

Même "soutien Républicain" de la part de l'EELV Fabienne Grébert, qui estime : "A force de banaliser l'extrême droite, l'extrême droite révèle la violence dont elle capable. Faisons face aux menaces qui pèsent sur notre démocratie".

Le candidat du RN, Andrea Kotarac, a lui aussi "condamné totalement la violence à l'encontre du Président", ajoutant : "quand bien même nous sommes ses premiers opposants. La violence physique n'a pas sa place, ni en politique, ni en Auvergne-Rhone-Alpes".

Lundi 7 juin. Une gestion des finances régionales saluée par le Canol... avec un bémol

Hasard de calendrier, alors que le "candidat" Laurent Wauquiez présentait ce lundi son programme, la journée était également l'occasion, pour le groupement de citoyens Canol, de poser lui-même un premier diagnostic de la mandature de Laurent Wauquiez, sur le terrain budgétaire cette fois. Cette association des "Contribuables Actifs du Lyonnais" se donne en effet pour mission d'analyser les comptes publics en vue de "lutter contre le gaspillage".

Et après avoir épluché les comptes de l'ancienne mandature de 2015 à 2019, ses représentants ont fait état de leur satisfecit et salué notamment le plan d'économies à 1 milliard d'euros du président sortant, engagé sur plusieurs années avant la crise Covid, qui aurait permis de dégager une plus large capacité d'autofinancement, nécessaire selon le Canol à pouvoir ensuite se saisir des fonds européens.

Car pour pouvoir utiliser cette manne de financement de taille (soit 27,5 milliards d'euros sur la période 2014-2020 pour la France, dont 80% de cette somme est allouée aux différentes régions françaises), « il faut pouvoir abonder à travers une capacité d'autofinancement importante », rappelait le Canol.

Et à l'aide d'une forte réduction des dépenses de fonctionnement (-14,8 %) et une épargne brute en progression (+55,3 %), l'association des contribuables a donc salué le bilan de la mandature, dont la capacité de désendettement de la Région passée de 6,1 à 3,7 années, remarquant qu'il tranchait avec le mandat (PS) précédant, "marqué par une hausse continuelle des dépenses de fonctionnement et une diminution des investissements ".

Tout en notant que sur le milliard économisé, près de la moitié, soit 457 millions d'euros, ont été réalisés sur le poste de la formation professionnelle, dont la compétence aurait été entièrement transférée à Pôle Emploi, alors qu'il s'agit d'une prérogative de la Région.

L'association émet toutefois plusieurs remarques :

A commencer par une politique de subventions régionale jugée « peu lisible », et un peu trop dense à son goût : en effet, les équipes de Laurent Wauquiez auraient attribué 1,6 milliards d'euros à près de 22.000 dossiers rien qu'en 2019.

« Il n'y a pas d'indicateurs pour en assurer le suivi, malgré l'engagement qui était pris par Laurent Wauquiez à ce sujet ». Même chose concernant la ventilation réalisée à l'échelle de la mandature entre économies de fonctionnement d'un côté, et investissements de l'autre, où l'absence de détails « ne donne pas les moyens de quantifier précisément la bascule des dépenses d'investissement ». On retrouve le même constat sur la répartition des enveloppes allouées, entre fonds européens et abondements réalisés par la Région, qui n'est pas précisée non plus, note l'association.

En conclusion, le Canol invite ainsi « la prochaine mandature » à fixer, à l'avenir, des objectifs pour l'octroi de chaque subvention, « avec des indicateurs en permettant le suivi ».

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