Le "candidat" Laurent Wauquiez met un coup d’accélérateur sur la sécurité face au RN

Après s’être porté finalement candidat à sa propre succession dans la dernière ligne droite, le 11 mai dernier, l’actuel président (LR) de la Région Auvergne Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, a dévoilé ce lundi 6 juin les grands axes de son programme, « La Région avec toutes ses forces ». Au menu : une centaine de mesures, pour un budget total évalué à dix milliards d'euros, où il place la sécurité comme l’une de ses priorités. Comme un appel du pied à la frange droitière de son parti.

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En plus d'accorder le double de l'enveloppe actuelle aux questions de sécurité -soit 300 millions d'euros sur les cinq ans à venir-, le désormais candidat Laurent Wauquiez veut faire appliquer les peines de travail d'intérêt général ou encore supprimer l'accès aux aides de la Région pour les délinquants.
En plus d'accorder le double de l'enveloppe actuelle aux questions de sécurité -soit 300 millions d'euros sur les cinq ans à venir-, le désormais candidat Laurent Wauquiez veut "faire appliquer les peines de travail d'intérêt général" ou encore "supprimer l'accès aux aides de la Région pour les délinquants." (Crédits : DR/C Pietri)

Sa priorité : aller « plus loin » sur le domaine de la sécurité. Un message que le président sortant LR martelait, depuis quelques mois déjà, lorsqu'il avait organisé en mars dernier une rencontre avec plusieurs maires de la métropole lyonnaise sur ce thème, fustigeant l'inaction de ses adversaires EELV. Cette fois, le sujet est entré dans l'arène des Régionales.

Avec, lors de la présentation de son programme ce lundi, la thématique de la sécurité désormais insérée officiellement au cœur de ses priorités. Et ce, alors que cette compétence ne fait pourtant pas partie du champ d'action régional.

Laurent Wauquiez souhaite y accorder notamment un peu plus de 300 millions d'euros, soit le double du mandat actuel, en dotant notamment les lycées, les cars et les trains (les lycées et transports étant quant à elles directement au coeur des compétences régionales) de davantage de caméras, matériels et personnels de sécurité.

Le président sortant veut aussi doubler le nombre de caméras dans les rues, équiper la police municipale, expérimenter la reconnaissance faciale et utiliser l'intelligence artificielle pour "détecter les comportements suspects".

Les femmes victimes de violence et les commerçants seraient équipées de dispositifs d'alerte. Comme un appel du pied à la frange plus droitière de son parti, après la surveillance, Laurent Wauquiez veut aussi punir :

"Nous accordons une place importante à la sanction", martèle-t-il. Son programme propose ainsi de "faire appliquer les peines de travail d'intérêt général" ou de "supprimer l'accès aux aides de la Région pour les délinquants."

Pour l'avenir : emploi, santé et environnement

Le programme du candidat LR se divise ensuite en trois plans régionaux et  trois grands principes : le soutien à tous les territoires, la lutte contre le communautarisme et une "bonne gestion" de l'argent public.

Le premier volet de son plan consiste en une relocalisation de l'emploi, avec, entre autres, un plan d'un milliard d'euros et la création d'un fond souverain garantissant "aux épargnants que leur argent sera pour défendre les entreprises de la région." Le soutien à l'agriculture locale et aux terroirs fait aussi partie de ses promesses de campagne, avec la création d'une plateforme d'achats de produits régionaux en ligne ou le "soutien à l'industrie du tourisme et à la montagne".

Le deuxième volet concerne la santé et son accès sur tout le territoire, avec l'instauration de bus médicalisés ainsi qu'un renforcement du soutien aux hôpitaux de proximité ainsi qu'aux maisons de santé. Le candidat ambitionne aussi de sensibiliser et vacciner contre le papillomavirus. Un volet d'investissement au sein de la recherche sur la santé est également prévu.

Le troisième pan est quant à lui axé sur la qualité de vie et l'environnement. Un "grand chantier" que le candidat LR Laurent Wauquiez veut mener, en "changeant de l'approche sectarisme" des adversaire de gauche (PS et écologistes).

300 millions d'euros seraient ainsi investis pour "améliorer la qualité de l'air", à l'image de l'initiative pilote déjà lancée dans la Vallée de l'Arve. Les voies vertes, le développement de l'hydrogène ainsi qu'une meilleure gestion des déchets (lutte contre le gaspillage et l'enfouissement), sont aussi avancés.

Des sondages toujours favorables, sur fond d'abstention

Sur le plan du quotidien, les trois domaines sur lequel l'actuel président souhaite poursuivre son action sont le développement des transports (TER, cars, RER métropolitain) et la jeunesse (rénovation des lycées, développer encore l'apprentissage, créer une bourse jeune).

Le social est également au menu, avec plusieurs "nouveautés" proposées par le candidat LR : le soutien aux structures d'aide aux personnes en situation de handicap, création d'une mutuelle régionale pour les étudiants et les retraités, ou encore mise en place d'un « Pass région » pour les séniors... Il propose également une expérimentation d'achats groupés d'électricité visant à déployer des tarifs plus avantageux aux foyers précaires.

A deux semaines du premier tour des Régionales, la présentation du programme du président sortant intervient alors qu'une nouvelle enquête Ifop-Fiducial pour Le Figaro et LCI plaçait toujours Laurent Wauquiez en net avantage.

Il serait en effet à nouveau donné en tête dès le premier tour (35% des intentions de vote), mais sur un fond d'abstention massive qui peut interroger (estimé à 62% des inscrits).

Il continue cependant de devancer au premier tour le candidat du Rassemblement national Andréa Kotarac (22%), notamment en s'appuyant sur les sujets sécuritaires, ainsi que le LREM Bruno Bonnell (13%)  et l'ex-ministre de l'éducation PS Najat Vallaud-Belkacem (11%), qui est désormais créditée du même score que la candidate EELV Fabienne Grébert.

Au second tour, Laurent Wauquiez affiche toujours pour l'heure une bonne résistance en cas de quadrangulaire (37%) ou de triangulaire (47%) avec l'hypothèse d'un retrait de LREM. Il est également le seul des quatre principaux candidats à n'avoir pour l'heure donné aucune suite aux demandes d'interviews répétées de La Tribune.

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