Qui est i-Care Lab, le nouveau lab lyonnais dédié à l'innovation en santé ?

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(Crédits : Michel Pérès / Région Auvergne-Rhône-Alpes)
[La relance vue d'ici] Permettre "le passage d'une phase d'expérimentation à celle d'une industrialisation" des projets innovants, alors que le domaine de la santé est actuellement soumis à de grandes tensions en raison de la crise sanitaire. Tel est l'objectif du i-Care Lab bâti en collaboration par le pôle de compétitivité Lyonbiopôle et le cluster i-Care. Avec l'ambition d'accompagner entre 12 et 15 projets liant santé et digital par an, tout en visant déjà un partenariat avec un programme franco-suisse.

Explorer les enjeux de transformation liés à la tech auxquels se confrontent actuellement les organisations de santé, et accompagner l'expérimentation de nouvelles solutions et le passage à l'échelle. Soit, en d'autres mots, mieux valoriser les innovations technologiques en santé du territoire.

Tels sont les objectifs du nouveau i-Care Lab, mis sur pied il y a quelques semaines à Lyon. A l'heure de la crise sanitaire qui secoue le pays, les innovations en santé s'avèrent plus que jamais nécessaires pour lutter contre l'épidémie de coronavirus. Mais c'est déjà à plus long terme que songent les deux partenaires, Lyonbiopôle et du cluster i-Care, en lançant cette structure associative, qui s'inspire entre autres du Lab Santé Île-de-France, ainsi que d'autres d'initiatives du même type issue des pays nord-américains (comme le Canada).

"C'est en réfléchissant sur l'évolution du monde de la santé, en particulier sur la place des usagers, que l'idée de lancer ce type de laboratoire en Auvergne-Rhône-Alpes nous est venue", résume Gérald Comtet, président d'i-Care Lab.

Car ce nouveau Lab cherche à répondre à plusieurs enjeux de la filière, en proposant en premier lieu un "décloisonnement" entre les univers de la prévention, du sanitaire, du médico-social et de l'autonomie, en vue de réimaginer la notion de parcours de santé du patient. Et dans ce domaine, les défis des entreprises qui souhaitent innover seraient de plusieurs ordres. "Tout d'abord, il faut s'adapter à la transformation des organisations et de la prise en charge. Si la solution proposée, que ce soit un médicament, un dispositif médical ou un logiciel, ne parvient pas à comprendre l'écosystème, elle part nécessairement avec un retard", explique Gérald Comtet.

Autre facteur clé, pouvant parfois mener à l'échec au niveau industriel : "la capacité à mobiliser largement le Big Data et les outils d'intelligence artificielle au sein de ces projets". Car à l'heure où le digital s'installe dans tous les champs de notre quotidien, Gérald Comtet rappelle que "pour développer une solution numérique, il faut aussi prendre en compte l'individu".

S'appuyer sur le tissu de la santé en AuRA

Dans sa démarche, le Lab a d'ailleurs déjà reçu le soutien de nombreux partenaires institutionnels (région Auvergne-Rhône-Alpes, métropole de Lyon ou département du Cantal), d'acteurs de la santé (Hospices civils de Lyon, l'infirmerie protestante, la CPTS des Monts du Lyonnais), ainsi que de structures de soins à domicile ou du médico-social. "Notre but est d'être ouverts à tous les champs de la santé, y compris la prévention", explique Gérald Comtet.

Si le i-Care Lab vient d'être officiellement lancé début octobre au sein du H7 -le lieu phare de la Tech du quartier lyonnais de la Confluence-, il a déjà pu réaliser ses premiers accompagnements en amont, grâce à un appel à projets lancé par la Région Auvergne Rhône-Alpes il y a deux ans, afin de promouvoir les tiers lieu d'innovation. "Nous avons été lauréats de cet appel à projets et le financement obtenu nous a permis d'asseoir un certain nombre d'activités et de commencer à aller à la rencontre de partenaires", souligne le président d'i-Care Lab.

L'objectif est bel et bien d'avancer vite, et de permettre à des projets d'innovation du domaine de la santé de passer à la vitesse supérieure tout en bénéficiant des expertises du territoire. Il ne faut pas oublier qu'Auvergne-Rhône-Alpes se pose en effet comme la seconde région de France, en nombre d'établissements et d'emplois issus des industries de santé, avec un tissu de près de 1.250 entreprises, 40.000 salariés et 10 000 chercheurs académiques œuvrant déjà dans cette filière.

Passage à une échelle d'industrialisation

Une quinzaine de projets avaient même commencé à être accompagnés, à la suite du Hacking Health organisé par i-Care chaque année. On compte parmi eux déjà quelques projets phares : c'est le cas par exemple du robot Joe du lyonnais Ludocare, destiné à faciliter l'observance des jeunes patients atteints d'asthme. Ou encore d'un projet, développé en partenariat avec les Hospices civils de Lyon, et visant à proposer une borne digitale de pré-admissions au service des urgences, pour des patients parlant peu le français.

Si de telles innovations sont déjà en phase d'émergence, Florence Agostino-Etchetto, directrice générale de Lyonbiopôle, note que ce Lab va permettre "le passage d'une petite échelle d'expérimentation à une échelle d'industrialisation". Pour cela, il disposera d'un budget de 500.000 euros, provenant pour un tiers de financements publics et pour deux tiers des projets ou des membres contributeurs.

Sa mission sera ainsi "d'identifier 12 à 15 projets par an, qui vont bénéficier d'un amorçage à partir du terrain", précise Gérald Comtet. Avec l'objectif d'assurer ensuite l'émergence d'une douzaine d'entre eux, voire le montage d'une startup. Sur la partie accompagnement au long cours, le Lab pourrait aussi prendre en charge deux à trois projets d'envergure par an et les accompagner sur plusieurs années.

"Nous sommes d'ailleurs en attente d'un résultat d'un programme franco-suisse qui viserait à accompagner 6 projets sur deux ans", précise Gérald Comtet, sans livrer plus de détails à ce stade.

(avec ML)

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