Flambée des coûts des matières premières, tendance vegan : la volaille d'Auvergne fait de la résistance

La hausse des coûts des matières premières impacte toutes les productions agricoles et cette année, les éleveurs de volailles fermières d’Auvergne n’y feront pas exception. Pour autant, qui dit fêtes de fin d’année, dit mets d’exception, ce qui permet aux dindes, poulardes, pintades et chapons auvergnats de rester, malgré tout, au centre des repas de fête. Une jolie récompense pour leur stratégie de production, qui fait exception dans une filière qui a plutôt tendance à enregistrer, à l'échelle nationale, des reculs de production.

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Ni le mouvement vegan -sans impact visible à notre niveau-, ni les hausses de coût de production n'ont impacté les ventes du 24 et du 31 décembre, quand bien même elles seraient répercutées sur les prix de vente. Elles sont négligeables pour chaque consommateur mais importantes cumulées au producteur, assure Patricia Nifle,directrice du SYndicat des VOlailles Fermières d'Auvergne (SYVOFA).
Ni le mouvement vegan -"sans impact visible à notre niveau"-, ni les hausses de coût de production n'ont impacté les ventes du 24 et du 31 décembre, quand bien même elles seraient répercutées sur les prix de vente. "Elles sont négligeables pour chaque consommateur mais importantes cumulées au producteur", assure Patricia Nifle,directrice du SYndicat des VOlailles Fermières d'Auvergne (SYVOFA). (Crédits : DR/Syvofa)

Les éleveurs de volailles de chair et poules pondeuses affrontent une hausse exponentielle et sans précédent de leur coût de production.

Le Syndicat National des Labels Avicoles de France (Synalaf) s'inquiète de l'avenir des élevages de volaille. "Le prix des matières premières s'envole : depuis juillet 2020, il a augmenté sans discontinuité pour atteindre des niveaux historiques", prévient Marie Guyot, directrice du SYNALAF.

"Parallèlement, l'ensemble des autres charges connaît également une croissance importante, tant pour l'énergie que le transport ou la main d'œuvre..." En 2021, la production agricole a subi, comme toutes les autres, la hausse du prix des matières premières.

"La hausse de la production agricole est surtout marquée pour la production végétale, en particulier celle des céréales (+ 46,2 %), stimulée par la poussée conjuguée du volume et des prix. Dans le même temps, les consommations intermédiaires des agriculteurs augmentent de 2,8 %, du fait essentiellement du renchérissement des prix de l'énergie et de l'alimentation animale" commente l'Insee.

Des hausses pas prises en compte par la grande distribution

Dans un communiqué de presse, le Synalaf regrette "ces hausses ne soient pas prises en compte par la grande distribution."

Le syndicat national exhorte donc les différents acheteurs à revaloriser leur prix d'achat :

"Pour le consommateur, qui plébiscite ouvertement les signes officiels de qualité, cette majoration équivaudrait à un surcoût solidaire. On estime qu'il s'agirait d'augmenter le prix des poulets Label Rouge et Bio de 0,70 euros par poulet, celui des œufs Label Rouge de 0,12 euros par boîte de 6 œufs et celui des œufs bio de 0,30 euros par boite de 6 œufs, afin de garantir le revenu des éleveurs."

Autonomie et relocalisation de la production

Pour faire face aux charges, en Auvergne, les éleveurs ont depuis longtemps mis en place une stratégie vertueuse. Dans le souci d'offrir une traçabilité totale des intrants, la filière garantit une alimentation à base de céréales et soja cultivés uniquement sur le territoire français. L'ensemble des céréales (maïs, blé et orge) et le soja qui composent l'alimentation des Volailles Fermières d'Auvergne proviennent uniquement de France.

Auparavant, le soja utilisé dans l'alimentation des volailles était importé, en provenance de pays émergents comme l'Amérique du Sud, l'Inde ou encore la Chine, du fait de l'insuffisance de la production française. La diminution de cette dépendance était un enjeu majeur pour réorienter l'agriculture.

D'autant qu'avec du soja français, il n'y a aucun risque de contamination croisée puisque la production française est exclusivement non OGM. Cette recherche d'une plus grande indépendance protéique s'inscrit pour la filière avicole auvergnate dans l'objectif de promouvoir une agriculture plus autonome en intrants et donc moins consommatrice de carbone fossile.

En s'approvisionnant auprès de producteurs français, la filière maîtrise également mieux coûts, volumes et qualité de la production, tout en répondant à la tendance "locavore".

Cependant, face aux fluctuations du marché "nous ne sommes pas à l'abri et sommes aussi impactés par l'augmentation des prix car le manque de matière première fait monter tous les prix", précise cependant Patricia Nifle, directrice du SYndicat des VOlailles Fermières d'Auvergne (SYVOFA).

L'engagement de la filière avicole auvergnate au développement d'une agriculture durable et autonome sur son territoire en produisant des céréales et du soja ne laisse pas les consommateurs indifférents.

Sans compter que la filière s'est dotée d'un procédé unique permettant aux consommateurs de remonter directement à l'éleveur du poulet acheté en libre-service grâce à un QR Code apposé sur chaque Poulet Fermier d'Auvergne. Il renvoie vers une courte vidéo de 46 secondes et chaque film, présente l'éleveur qui a produit la volaille flashée. Celui-ci s'exprime sur son poulailler, sa vision du métier et son élevage. De quoi rapprocher le consommateur de l'éleveur.

Embellie pour la volaille d'Auvergne

Aujourd'hui, les volailles fermières festives d'Auvergne concernent 200 éleveurs et trois abattoirs : Sedivol, Arrivé Auvergne et Allier Volailles.

La qualité des produits est reconnue, toutes les volailles fermières d'Auvergne produites sont vendues.

Ni le mouvement vegan -"sans impact visible à notre niveau" assure Patricia Nifle-, ni les hausses de coût de production n'ont impacté les ventes du 24 et du 31 décembre, quand bien même elles seraient répercutées sur les prix de vente. "Elles sont négligeables pour chaque consommateur mais importantes cumulées au producteur" remarque Patricia Nifle.

Alors qu'au niveau national, les volailles fermières festives enregistrent un recul de production de -8 % pour la pintade et la dinde, de -7 % pour la poularde blanche et de -1 % pour le chapon blanc, le marché demeure en constante augmentation pour les producteurs auvergnats.

Avec plus de 9,1 millions de Volailles Fermières d'Auvergne mises en élevage en 2019, les chiffres de la filière avicole auvergnate avaient progressé de plus de 5,27% en 2020.

L'embellie des années précédentes se confirme également en 2021 : "Sur la fin d'année, nous enregistrons un transfert de la production de dinde en chapon ou poularde. La profession constate de bons débouchés en pintade sur cette fin d'année. Les poulardes se développent en Auvergne avec une nouvelle venue : La Poularde Fermière d'Auvergne Jaune", appprécie Patricia Nifle.

5.700 poulardes jaunes ont été mises en élevage, et elles s'ajoutent à la production traditionnelle. Les éleveurs auvergnats ajustent leur production à la demande du marché. Ils élèvent moins de pintade, de dinde et de chapon blanc que les années précédentes, mais la production de chapon jaune augmente de +3,48 %. Celle de poularde blanche augmente de +19,71 % après avoir déjà enregistré une montée en puissance de mises en élevage de +22% en 2020, versus 2019.

La Poularde Fermière d'Auvergne est de plus en plus appréciée pour son petit format, lui permettant de s'adapter aux modes de consommation actuels et aux tables de moins de 10 personnes. "C'est une volaille facile à préparer et à servir, qui reste conviviale et synonyme de partage en famille", conclut Patricia Nifle.

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