Outillage industriel : pourquoi Peugeot Frères Industrie met la main sur le Savoyard Tivoly

Le savoyard Tivoly, spécialiste des accessoires pour le matériel de bricolage électroportatif pour les particuliers et des outils de coupe pour l'industrie, entre dans le giron du fonds Peugeot Frères Industrie (PFI). Cette acquisition doit permettre à la holding dédiée à l'investissement et détenue par la famille du constructeur de renforcer son pôle outillage avec, en ligne de mire, une accélération de l'innovation produits et du rayonnement international, notamment en Europe du Nord et en Europe de l'Est.

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Le Savoyard Tivoly, qui mise beaucoup sur l'aéronautique en tant que sous-traitant de rang 1 pour Airbus (et contractuel pour Stelia Aeropspace, Movac ou encore Rolls Royce), entre dans le giron de Peugeot Frères Industrie.
Le Savoyard Tivoly, qui mise beaucoup sur l'aéronautique en tant que sous-traitant de rang 1 pour Airbus (et contractuel pour Stelia Aeropspace, Movac ou encore Rolls Royce), entre dans le giron de Peugeot Frères Industrie. (Crédits : DR)

"Peugeot Frères Industrie (PFI) nous a contactés début 2021, nous avons accepté d'écouter", raconte, en souriant, Jean-François Tivoly. Écouter jusqu'à finalement valider, il y a quelques semaines, l'offre de reprise de la filiale des Établissements Peugeot Frères, holding de tête du Groupe familial Peugeot.

Car en face, l'entreprise familiale savoyarde plus que centenaire Tivoly (600 salariés; CA 2021 : 80,7 millions d'euros) est spécialisée dans le matériel de bricolage électroportatif pour les particuliers et les outils coupants pour l'industrie. Jean-François Tivoly raconte le cheminement qui a mené sa famille a accepté de céder la majorité du capital à la famille, qui est à la tête de la marque au lion.

"Avant même cette prise de contact, nous avions en tête l'éventualité de faire entrer un investisseur car, au fil des générations, le capital se dilue. Nous souhaitions pérenniser la société en regroupant le capital autour d'un actionnaire fort. De plus, nous étions conscients qu'il devenait nécessaire d'adapter la gouvernance aux enjeux de croissance".

Pour Jean-François Tivoly, Peugeot Frères Industrie représentait le candidat idéal avec " un même ADN d'investisseurs familiaux français et une forte culture industrielle".

Au terme de cette opération, PFI détient désormais 73,12% du capital de Tivoly SA (via Holding Tivoly). Le solde étant entre les mains de Jean-François Tivoly, qui conserve sa mission de président directeur général. A court terme, cette casquette sera dissociée, il assurera alors la fonction de président du conseil d'administration.

Le recrutement d'un directeur général est en cours. Peugeot Frères Industrie a, par ailleurs, d'ores et déjà annoncé son intention de faire sortir Tivoly SA de la cotation Euronext Growth, via une offre publique d'achat.

Renforcement du pôle outillage de Peugeot Frères Industrie

Peugeot Frères Industrie est une filiale du groupe familial Peugeot, détenue à 100% par les Établissements Peugeot Frères et contrôlée par les héritiers de la famille Peugeot. Elle s'est fixée comme mission de développer la marque Peugeot, en dehors de l'univers automobile.

Avec deux positionnements pour le moment : un pôle cuisine et un pôle outillage. Le premier s'appuie historiquement sur Peugeot Saveurs SNC (arts de la table) et, depuis 2018, sur Monbento à Clermont-Ferrand (boites lunch) ainsi que sur Bretagne Céramique Industrie (plats en céramique).

Avec l'acquisition de Tivoly, Peugeot Frères Industrie compte désormais engager la même démarche de consolidation, sur son pôle outillage, déjà constitué de Peugeot outillage et de sa participation minoritaire dans le groupe Sigma - Far Tools.

"Pour renforcer notre pôle outillage, nous avons trouvé dans Tivoly le partenaire idéal : un groupe familial, centenaire, qui déploie ses savoir-faire sur un large spectre de produits pour une clientèle allant du particulier à de grands groupes industriels", explique Christian Peugeot. "Les deux pans de l'activité de Tivoly sont complémentaires et gages de succès pour les années à venir".

Internationalisation et extension de gamme

Cette prise de contrôle doit donner les moyens à Tivoly d'accélérer sa croissance.

"L'expertise de PFI doit nous permettre d'avancer plus vite. Et puis, sa solidité devrait rassurer la communauté financière, ce qui facilitera nos futures levées de fonds", observe Jean-François Tivoly.

Au menu : de la croissance organique mais aussi de la croissance externe.  Avec deux axes : l'internationalisation de l'activité industrielle (en particulier en direction de l'Europe de l'Est et de l'Europe du Nord afin d'accompagner les clients de Tivoly dans leurs activités à l'étranger) et l'intégration de plus larges pans de production propre de la business unit consumers.

"L'ambition est de fabriquer nous-mêmes de plus en plus de produits pour cette activité destinée au grand public. Le négoce représente actuellement une partie non négligeable de cette BU". En ligne de mire : devenir un acteur européen majeur de ses deux marchés.

Dans cette stratégie, Tivoly peut s'appuyer sur son nouvel actionnaire donc mais aussi sur une reprise économique forte de son marché industrie.

"Nous sommes positionnés sur deux marchés contracycliques. Pendant la crise Covid, l'industrie a chuté mais le marché des particuliers a explosé ce qui nous a permis de passer sans trop de dommages cette crise. Depuis début 2021, le marché industriel remonte. Et depuis début 2022, l'aéronautique superforme avec des hausses de 30 à 40%".

Tivoly mise beaucoup sur l'aéronautique qui représentait en 2021 jusqu'à 15% de son chiffre d'affaires. L'ETI est d'ailleurs sous-traitante de rang 1 pour Airbus et travaille en parallèle pour Stelia Aeropspace, Movac ou encore Rolls Royce.

Elle développe actuellement, sur son site de Saint-Etienne, une gamme d'outils innovants destinés à usiner les avions de demain, en matériaux combinés (titane et carbone notamment) plus légers.

"Ces matériaux ont l'inconvénient d'être plus complexes à usiner. Les solutions existantes aujourd'hui ne sont pas encore satisfaisantes, elles nécessitent par exemple trop de lubrifiant. Ces usinages sont également assez longs, nous visons à améliorer la productivité de nos clients", explique le P-dg de l'entreprise. Montant de l'investissement : 3 millions d'euros, dont 1,15 millions accordés par le plan France Relance.

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