Capillum : les cheveux collectés seront revalorisés... en tapis de jardin biodégradables

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Ces tapis de paillage, 100% naturels et biodégradables, seront fabriqués à partir de cheveux collectés chez les coiffeurs ayant déjà rejoint la démarche Capillum, et de laine issue du recyclage.
Ces tapis de paillage, 100% naturels et biodégradables, seront fabriqués à partir de cheveux collectés chez les coiffeurs ayant déjà rejoint la démarche Capillum, et de laine issue du recyclage. (Crédits : DR)
TRANSITIONS ECOLOGIQUES. Spécialisée dans la collecte de cheveux auprès des coiffeurs, la jeune pousse clermontoise Capillum a trouvé un nouveau débouché de valorisation pour ses mèches de cheveux. Elle s'apprête à lancer, par le biais d'une campagne de financement participatif, un tapis de paillage fabriqué à partir de cheveux recyclés, qui se pose comme une alternative écologique aux plastiques utilisés dans le jardinage.

A Clermont-Ferrand, la jeune pousse clermontoise Capillum fondée en avril 2019 se pose déjà comme la "première filière de collecte et valorisation des cheveux en France et en Europe", avec son réseau de collecte de cheveux coupés auprès des coiffeurs.

Après avoir monté une opération pour aider à absorber la marée noire grâce à sa collecte de cheveux en août 2020, elle a lancé depuis quelques jours une campagne de financement participatif, nommée "Avec nos cheveux, révolutionner les cultures !".

Objectif : l'aider à commercialiser son nouveau produit 100% naturel et biodégradable pour le jardin. Conçu à base de fibres capillaires "100% naturel et biodégradable", ce produit permettrait de limiter ainsi l'arrosage et le désherbage, en se posant comme une alternative écologique aux produits plastiques utilisés dans le jardinage, utilisable également en agriculture biologique.

La promesse semble avoir séduit les internautes, puisque la campagne de financement lancée sur KissKissBankBank le 8 avril dernier aurait même déjà explosé son objectif de 7.000 euros en l'espace de 11 heures ! Presque 20 jours après son lancement, Capillum avait déjà récolté 11.245 euros...

Cette campagne proposait des contributions allant de 10 à 1.000 euros avec différentes contreparties associées, allant du remerciement personnalisé, des graines bio pour son jardin, à une journée d'immersion et d'expérience... Avec l'objectif de financer la fabrication de ce nouveau paillage et plus particulièrement, d'accélérer la collecte chez les coiffeurs, d'accroître ses capacités de stockage ainsi que d'activer sa logistique pour ses futures expéditions.

« Avec le lancement de cette innovation pour le jardin, notre objectif est de suivre notre raison d'être, qui a toujours été de concevoir et proposer des alternatives écologiques, pour préserver l'avenir, et l'environnement », explique James Taylor, cofondateur de Capillum.

Valoriser les 4.000 tonnes de cheveux jetés à la poubelle chaque année

En donnant une seconde vie aux cheveux coupés et en utilisant une matière première existante et non exploitée, la startup clermontoise tire les bénéfices des cheveux coupés pour transformer ce déchet en ressource.

Le tapis de paillage 100% naturel, fabriqué à partir de cheveux recyclés, représente ainsi un moyen de réduire la consommation d'eau dans les cultures, champs, potagers et même sur les balcons. Commercialisé au tarif de 25 euros pièce, le tapis de paillage sera notamment vendu avec un sachet de graines bio, dix agrafes métalliques pour le tapis.

Aujourd'hui, 800 coiffeurs participent à la collecte, et la startup clermontoise s'est fixé comme objectif d'atteindre les 10.000 salons partenaires, soit 1 sur 7 à horizon 2025.

Car cette filière de valorisation, longtemps ignorée, représente pourtant des perspectives de taille : chaque jour en France, près d'un million de personnes se rendent chez leur coiffeur.

Les cheveux représentent plus de 50% des déchets des salons de coiffure, soit 4.000 tonnes jetés à la poubelle des ordures ménagères chaque année en France.

« Coiffeurs comme clients, nous avons tous et toutes le pouvoir d'effectuer des changements pour l'avenir », argumente James Taylor.

Objectif : 2.000 rouleaux par an, avant une levée de fonds

Grace à cette campagne de crowdfunding, Capillum a choisi de lancer son innovation via un système de précommandes, afin d'inclure l'ensemble de sa communauté dans la démarche, et ainsi, la faire grandir.

« Nous démarrons avec une production modeste de 2.000 rouleaux cette année, avec le projet d'être référencés l'an prochain dans les jardineries et d'intéresser les distributeurs. Nous comptons sur les retours d'expérience de la communauté et de pépiniéristes et de maraîchers. »

« C'est une nouvelle alternative pour lutter contre le plastique encore largement utilisé dans les jardins. Les rouleaux sont conditionnés au sein d'un ESAT -établissement et service d'aide par le travail, favorisant la réinsertion professionnelle des personnes en situation de handicap à partir de matériaux recyclés et recyclables. »

Destiné à tous les jardiniers, amateurs ou professionnels, ces tapis de paillage se composent de cheveux collectés chez les coiffeurs ayant déjà rejoint la démarche Capillum, et de laine également issue du recyclage.

« Le procédé mécanique de fabrication mélange les cheveux avec de la laine. Produit cette année dans le nord de la France, nous souhaitons à terme faire venir l'outil industriel dans la région, pourquoi pas l'internaliser. »

Construite autour d'une logique d'économie circulaire, la startup a également conçu un modèle et une logistique écoresponsable, de bout en bout de la chaîne de recyclage du cheveu et de sa transformation. Elle leur donne une seconde vie en les récupérant auprès de tous les coiffeurs responsables et adhérents pour ensuite les recycler et revaloriser dans trois secteurs que sont la recherche médicale, l'agriculture et les absorbants d'hydrocarbures.

Ses 100.000 euros de chiffre d'affaires anticipés pour 2021 ne seront ainsi qu'un début, puisque Capillum envisage d'ores et déjà une levée de fonds pour passer à l'échelle.

(avec ML)

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Commentaires
a écrit le 05/05/2021 à 11:05 :
P.S.: Même Capillum c'est pas assez flou ! :-)

La société marchande ultra polluante n'hésites pas à tromper les gens, n'ayez pas mauvaise conscience à le faire également, il est plus important de générer des économies eertueuses que d'être sincère par ailleurs dès le 16 ème siècle Machiavel prevenait" Le commerce est l'école de la tromperie" Il n'y a pas à culpabiliser ! C'est intrésèque au commerce qui n'est déjà en soi pas naturel.
a écrit le 05/05/2021 à 11:02 :
Ca me fait penser un peu au maquillage bio fait à bave d'escragot, qui est une formidable idée mais pas vendable en l'état alors que c'est ce qu'ils ont essayé, mais même moi qui suis un protecteur de la nature né, un fervent partisan des escargots par ailleurs, cela me dégoute quelque peu, il vaut mieux aller chercher des appellations scientifiques en latin, qui doivent certainement exister et insister afin d'imposer le terme, plutôt que de parler cash dans des cas comme cela !

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