Capillum : des cheveux contre la marée noire à l'île Maurice

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James Taylor et Clément Baldellou, deux anciens de l'ESC Clermont, ont cofondé l'an dernier la startup clermontoise Capillum à tout juste 24 et 25 ans.
James Taylor et Clément Baldellou, deux anciens de l'ESC Clermont, ont cofondé l'an dernier la startup clermontoise Capillum à tout juste 24 et 25 ans. (Crédits : DR)
Capillium, la startup clermontoise qui récupère des mèches de cheveux chez les coiffeurs, a monté une opération pour aider à absorber la marée noire qui touche depuis le 6 août dernier l'île Maurice, suite au naufrage d’un navire de transport japonais.

James Taylor et Clément Baldellou, les deux jeunes cofondateurs de Capillum, une startup clermontoise spécialiste de la collecte et du recyclage du cheveu créée en 2019, se sont lancés dans une opération exceptionnelle de collecte et d'acheminement de cheveux vers l'île Maurice, aux côtés des ONG qui luttent contre la marée noire. Tous deux ont lancé un appel auprès des coiffeurs européens et le retour a été immédiat : les cheveux arrivent désormais par sacs entiers.

Le navire Wakashio s'est échoué fin juillet sur la Pointe d'Esny, au sud-est de l'île Maurice, en zone maritime protégée. Ses soutes contenaient, entre autres, 3800 tonnes de fuel et 200 tonnes de diesel qui menaçaient les massifs coralliens, mangroves et lagons. Les ONG ont immédiatement lancé un appel à la collecte de cheveux.

En effet, notre chevelure constitue un absorbant naturel, permettant de récupérer jusqu'à 8 fois son poids de polluants. Après avoir pompé les hydrocarbures présents au sein de l'eau, ces déchets sont ensuite retirés puis acheminés vers des centres de traitement adaptés. Ce procédé aurait d'ailleurs déjà été utilisé au large de la Nouvelle-Orléans en 2010.

Un appel aux dons de cheveux

« Capillum se positionne comme un mobilisateur et un acteur en faisant appel au don de cheveux. Elle travaille avec des ONGs, notamment Projet Rescue Ocean qui a une antenne à l'île Maurice et a lancé une cagnotte afin de financer le matériel nécessaire sur place », explique James Taylor.

Sans compter qu'au-delà de cette mobilisation pour aider l'île Maurice, Capillum s'engage à constituer des stocks d'urgence pour pouvoir agir plus rapidement en cas de nouvelle catastrophe écologique.

« Nous sommes partenaires d'Urby, une filiale du Groupe la Poste et la Banque des Territoires, qui a ouvert tous ses points de collecte français pour que tous les coiffeurs, mais aussi les particuliers dans la mesure où ils peuvent collecter des sacs de 50 litres, puissent y déposer leurs dons gratuitement », ajoute James Taylor.

Résultat : plus d'une dizaine d'entrepôts français du réseau Urby ont permis aux coiffeurs et aux particuliers de venir déposer cette précieuse matière.

Une démarche liée à l'économie circulaire

Actrice de l'économie circulaire, la startup clermontoise collecte elle-même les mèches de cheveux chez les coiffeurs, à l'intérieur de grands  sacs de recyclage. Considérant cette matière comme une véritable ressource, Capillum en extrait aussi la kératine afin de répondre, entre autres, à la demande du marché biomédical.

Une manière de faire entrer les coiffeurs et leurs clients dans une démarche environnementale et de contribuer à l'objectif territoire zéro déchet en apportant de nouvelles alternatives écologiques de recyclage sur différents marchés.

« Au sein des déchets, on trouve plus de 4 000 tonnes de cheveux chaque année en France », rappelle James Taylor. Aujourd'hui, grâce à 200 coiffeurs éco-responsables, 2000 kilos de cheveux sont recyclés en France, économisant ainsi 400000 litres d'eau.

(Avec ML)

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