Plas'Tri : la scanette veut booster la valorisation des déchets plastiques

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En fixant un objectif ambitieux de 100% des plastiques recyclés d'ici 2025, la loi antigaspillage pourrait appuyer le développement de nouvelles jeunes pousses dans le domaine des cleantechs.
En fixant un objectif ambitieux de 100% des plastiques recyclés d'ici 2025, la loi antigaspillage pourrait appuyer le développement de nouvelles jeunes pousses dans le domaine des cleantechs. (Crédits : DR)
JOURNÉE DE LA TERRE 2021. La startup stéphanoise Plas’Tri développe une scanette permettant aux centres de tri d’identifier les différents types de plastiques afin de mieux les valoriser, et de limiter le volume des rebuts. Après avoir participé au CES de Las Vegas en début d'année, elle espère décrocher ce printemps sa certification UE pour démarrer sa commercialisation dans la foulée.

La loi antigaspillage, votée début 2020, concrétise un objectif, promesse de campagne du candidat Macron : en 2025, 100% des plastiques devront être recyclés.

Un objectif particulièrement ambitieux au regard des pratiques actuelles : selon Eurostat, direction générale de la commission européenne chargée de l'information statistique à l'échelle communautaire, la France recyclait encore en 2018 moins de 30% de ses plastiques quand l'Europe affichait dans sa globalité une proportion de l'ordre de 40%. Et même si les chiffres progressent de plusieurs points chaque année, l'échéance de 2025 semble presque utopique.

Parmi les problématiques : le manque de structuration de la collecte et la performante insuffisante des circuits de valorisation. Sur ce dernier point, la startup stéphanoise Plas'tri compte bien apporter sa pierre à l'édifice, grâce à sa scanette de tri.

Mieux identifier les plastiques pour mieux les valoriser

Selon Clara Spetebroodt, jeune diplômée de l'Institut d'Optique de Saint-Etienne et cofondatrice, il y a quelques mois, de Plas'tri : 15% des déchets plastiques seraient en effet écartés, à tort, des process de recyclage. "Les critères de pureté demandés par les filières de revalorisation avoisinent les 99%. Avec un tel niveau d'exigence, les centres de tri préfèrent écarter tous les objets plastiques sur lesquels ils ont un doute ". Ces plastiques sont alors mis au rebut, enfouis ou incinérés sans recyclage.

Pourquoi une telle exigence ? Il existe des dizaines de polymères plastiques et tous ne se recyclent pas de la même façon, avec des températures de fonte et des réutilisations très différentes. "Ces polymères ne sont pas toujours aisément identifiables. Difficile parfois pour les opérateurs de tri de les distinguer. Les grands centres de tri sont souvent équipés de machines à lecture optique, mais elles sont très onéreuses, peu accessibles à des centres plus modestes. Or, ce sont eux qui gèrent la plupart des déchets industriels".

Partant de ce constat, Plas'Tri, d'abord incubée par Ronalpia et désormais accompagnée par l'Ecole des Mines de Saint-Etienne, a mis au point une scanette portable fonctionnant via la technologie de la spectroscopie proche infrarouge.

En clair, un signal lumineux est envoyé par la scanette au plastique. Selon sa composition, ce dernier renvoie différemment ce signal à la scanette qui peut alors identifier sa composition. L'opérateur n'a plus qu'à consulter l'information inscrite sur l'écran et diriger le plastique vers la bonne filière de revalorisation. Selon Clara Spetebroodt, la scanette Plas'tri permettrait de valoriser au moins 30% de déchets plastiques supplémentaires.

Pour s'adresser à ces centres de tri de petite et moyenne taille, la startup stéphanoise a opté pour le business model de la location (480 euros/mois, maintenance incluse).

Certification UE au printemps 2021

Après une première phase de test chez XL Recycling à Montbrison, Plas'tri devrait passer à une nouvelle série d'essais, notamment dans un centre de tri auxerrois et chez un plasturgiste stéphanois. Au printemps, elle espère décrocher sa certification UE pou une commercialisation dans la foulée.

Sur la première année, elle prévoit d'équiper 10 centres, 40 l'année suivante et 80 d'ici trois ans, soit 400.000 euros de chiffre d'affaires avec trois salariés. La fabrication des scanettes devrait être sous-traitée localement. Dans un deuxième temps, Plas'tri prévoit de développer une plateforme de mise en relation entre les acteurs du tri, afin d'optimiser encore plus le recyclage des plastiques.

Lauréate du dernier prix Bercy IMT (Institut Mines Telecom), la jeune pousse a pu participer au dernier CES de Las Vegas, début janvier. "Nous n'avons pas signé de contrat mais nous avons rencontré des facilitateurs qui pourront nous assister dans un développement futur en Europe et aux États-Unis", signale Clara Spetebroodt précisant que sa stratégie à l'international est encore en construction.

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