L'étoile ferroviaire lyonnaise, un enjeu (toujours) stratégique jusqu'en 2025

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Carrefour européen, l'étoile ferroviaire lyonnaise est devenue un enjeu tant stratégique que problématique, avec une hausse de fréquentation de 60% en l'espace de 10 ans.
Carrefour européen, l'étoile ferroviaire lyonnaise est devenue un enjeu tant stratégique que problématique, avec une hausse de fréquentation de 60% en l'espace de 10 ans. (Crédits : DR/étoile ferroviaire lyonnaise)
Elle constitue tour à tour le coeur du problème, mais aussi de la solution, lorsque l'on évoque l'accroissement de la desserte ferroviaire lyonnaise. A quelques mois des élections régionales, les travaux d'amélioration de l'étoile ferroviaire lyonnaise (EFL) affichent de premiers résultats positifs. Avec en premier lieu une amélioration notable de la fiabilité du réseau SNCF sur ce "noeud" stratégique, au sein d'un plan de modernisation plus large qui doit néanmoins se poursuivre jusqu'en 2025.

Seulement 78% des trains arrivaient à l'heure en gare de Lyon Part-Dieu en 2018. En 2020, le chiffre a grimpé à 86%. En gare de Lyon Perrache, la proportion est passée de 82 à 88%.

"Pour la première fois en 10 ans, nous avons noté une amélioration notable de la ponctualité sur les gares lyonnaises", se réjouit Thomas Allary, directeur régional SNCF Réseau, à l'occasion d'une conférence de presse commune avec la Préfecture, la Région et la Métropole de Lyon ce début de semaine. "Ce sont les premiers résultats du programme Etoile Ferroviaire Lyonnaise lancé en 2015", assure-t-il.

Horizon 2025 : restaurer la fiabilité du réseau

Ce programme, séquencé en 32 opérations entre 2015 et 2025, pour un budget total de 310 millions d'euros (110 millions abondés par l'Etat, 110 millions par la Région, 40 millions par l'UE, 40 millions par SNCF Réseau, 10 millions par la Métropole de Lyon et la CNR), mobilise l'ensemble des acteurs autour d'un objectif clair : détendre enfin cet inextricable nœud ferroviaire lyonnais, douloureux point de crispation des utilisateurs des services de la SNCF.

Il faut dire qu'un tiers des retards des TER de toute la région sont imputables à la congestion profonde de cet épicentre situé à la convergence de 15 lignes ferroviaires européennes, notamment sur l'axe Europe du Nord/Méditerranée ainsi que sur deux corridors de fret européen (Edimbourg/Marseille et Madrid/Budapest).

Six branches régionales sont connectées depuis ce point aux réseaux TER et TGV : Roanne, Saint-Etienne, Saint-André-le-Gaz, Ambérieu-en-Bugey, Bourg-en Bresse, Villefranche-sur-Saône et Vienne.

Quotidiennement, ce sont près de 1.200 trains qui passent par l'Étoile Ferroviaire Lyonnaise, dont 50% des TGV nationaux, sur ses 772 km de voies ferrées et ses 400 km de voies de service.

Carrefour européen, primordiale tant pour l'attractivité de la région et des territoires qui la composent que pour la qualité de vie de ses habitants, l'étoile ferroviaire lyonnaise est devenue au fil des années autant stratégique (avec une hausse de fréquentation de 60% en 10 ans) que problématique.

Les chiffres sont d'ailleurs éloquents : 36 millions de voyageurs par an, 66 gares, 722 kilomètres de voies ferrées...

Agir pour qu'une opportunité ne se transforme pas en frein

"Cette étoile est une chance, car elle place Lyon au cœur des dessertes européennes et nationales, mais c'est aussi devenu un frein à l'attractivité de la région", résume ainsi Pascal Mailhos, Préfet de région.

Saturée, cette étoile cumule plusieurs goulots d'étranglement : la gare de Lyon-Part-Dieu en extrême limite de capacité avec 700 circulations/jour, le secteur de Saint-Clair au Nord où le nombre de voies passe de 6 à 4, celui de la Guillotière au Sud où se croisent plusieurs lignes et celui de Grenay à l'Est où le nombre de voies passe de 4 à 3 puis à deux en quelques kilomètres seulement.

Conséquence : un piètre résultat affiché par SNCF Réseau, avec un taux de régularité des trains à 82% en 2015, soit 10 points de moins que la moyenne nationale...

Parmi les opérations phares du projet EFL : la création d'une voie à quai supplémentaire en gare de Lyon Part-Dieu (la voie L), le traitement de plusieurs points problématiques sur l'axe Lyon/Saint-André le Gaz (suppression de passages à niveau, amélioration de la signalisation etc), augmentation de la puissance électrique par la création de six sous-stations (dont une à Saint-Etienne), fluidification du trafic sur l'axe Perrache-Vaise etc.

Certaines ont d'ores et déjà été réalisées, permettant déjà une amélioration de la fluidité et de la ponctualité des trains. L'ensemble devrait être achevé à horizon 2025.

Sans attendre cette date, Région, SNCF et Etat veulent déjà imaginer l'étape d'après. Celle qui permettra d'accueillir plus de trains afin de faire basculer la région dans une nouvelle phase de sa transition écologique.

Next step : accueillir plus de trains

"Nous savons que la première étape du projet EFL nous permettra d'améliorer la fiabilité du réseau et sa robustesse, d'améliorer le confort des voyageurs mais pas d'accueillir de nouveaux trains", explique ainsi Thomas Allary.

L'enjeu est essentiel : les études prévoient, à horizon 2035, une hausse de fréquentation des TER de 25% et de celle de la Gare de Lyon Part-Dieu de 15%.

Un nouveau plan d'investissement, pour les 20 prochaines années, va donc être discuté entre les parties prenantes. Discussions auxquels devraient être associés les élus des territoires, les associations d'usagers, les habitants des territoires etc, dans un esprit de concertation citoyenne, au sein d'un comité d'information et de concertation dont la première réunion s'est ainsi tenue ce lundi.

"Ces nouveaux investissements s'appuieront sur de nouvelles technologies", précise Laurent Wauquiez, président de Région, citant le train à hydrogène par exemple pour le Lyon-Clermont.

Lire aussi : Le train à hydrogène sera bien expérimenté sur la ligne Lyon-Clermont Ferrand

"Nous souhaitons aussi aller vers la réouverture de liaisons à l'ouest et une accélération du cadencement avec des trains tous les quarts d'heure". Un point sur lequel insiste également Jean-Charles Kolhaas, vice-président de la Métropole de Lyon en charge des déplacements et de l'intermodalité. "Nous voulons avancer rapidement sur le sujet d'un Réseau Express Métropolitain".

Lire aussi : RER à la lyonnaise : un dossier qui illustre l'avant-match des régionales ?

Reste que pour l'heure, le dossier du RER à la lyonnaise est lui aussi voulu par tous, mais sans qu'un consensus des différents bords politiques ne parvienne à se dessiner.

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