Saint-Etienne Métropole double ses investissements, mais augmente ses impôts

La Métropole stéphanoise vient de voter son pacte fiscal et financier, une obligation légale dont elle devait s'acquitter avant la fin de l'année. Pour la première fois sous l'ère du Républicain Perdriau (élu en 2014 à la tête de Saint-Etienne), celui-ci entérine une hausse de la fiscalité. Supportée pour un tiers par les ménages et pour deux tiers par les entreprises, elle doit permettre de renforcer les capacités d'autofinancement de la métropole... avec l'objectif affiché de doubler ses investissements pour le mandat en cours.

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Composée de 53 communes pesant 400.000 habitants, Saint-Etienne Métropole veut voir loin derrière la crise en envisageant de doubler son effort d'investissement à l'échelle du mandat à venir d'ici 2026. Objectif affiché : affirmer son rang de grande métropole.
Composée de 53 communes pesant 400.000 habitants, Saint-Etienne Métropole veut voir loin derrière la crise en envisageant de doubler son effort d'investissement à l'échelle du mandat à venir d'ici 2026. Objectif affiché : affirmer son rang de "grande métropole". (Crédits : DR)

"Nous aurions pu stabiliser l'investissement à 400 millions d'euros, à l'identique de ce qu'il était sur mon premier mandat (2014-2020). Nous avons décidé, à l'unanimité des 53 maires de Saint-Etienne Métropole, de le doubler. Sur cette seconde période, notre effort d'investissement sera donc porté à 800 millions d'euros jusqu'en 2026".

Pour Gaël Perdriau, maire LR de Saint-Etienne et président de Saint-Etienne Métropole, ce montant doit permettre au territoire de "poursuivre sa transformation" et d'affirmer son rang de "grande métropole".

Cet investissement public de l'ordre de 800 millions d'euros pourrait générer, selon l'édile métropolitain, un effet levier sur l'investissement privé de quatre à cinq dans les domaines du développement économique, de l'emploi, de l'agriculture, des transports en commun, de la gestion des rivières, ou encore de l'enseignement supérieur.

Parmi les principaux investissements annoncés pour ce territoire de quelque 400.000 habitants, dans un inventaire à la Prévert : 204 millions pour la politique transports et mobilité (dont 40 millions pour l'aménagement de la gare de Chateaucreux par exemple, 5,2 millions pour les expérimentations hydrogène, navettes autonomes et câbles, ou encore 25 millions pour les axes de transport intercommunaux structurants)...

Mais aussi 60 millions pour les programmes locaux de l'habitat, 51 millions pour la résorption des friches industrielles et 35 millions pour l'immobilier économique (dont la création de nouvelles pépinières et la création d'un pôle entrepreneuriat innovation).

Côté énergie, 7,5 millions iront à la création d'énergies renouvelables, tandis que 32,4 millions seront affectés au volet éducation et notamment au Plan campus. Les loisirs et la culture recevront également 43 millions pour la Cité du Design, 45 millions pour le Musée d'Art Moderne, 28 millions pour la nouvelle patinoire métropolitaine etc.

Une hausse de la fiscalité pour financer les projets métropolitains

Pour financer cette augmentation conséquente du niveau de ses investissements, tout en maintenant le niveau de solidarité avec ses communes, la Métropole souhaite renforcer ses capacités d'autofinancement, à hauteur de 18,6 millions d'euros supplémentaires par an.

Capacités qui seront alimentées par une hausse de la fiscalité. Celle-ci a été validée ce jeudi par le conseil métropolitain avec une large majorité de 85 voix pour, 7 voix contre et 7 abstentions, dans le cadre du vote du pacte financier et fiscal de la métropole.

Un vote qui a suscité néanmoins plusieurs heures d'échanges avec les représentants de l'opposition de différentes communes de la métropole. Avec Pierrick Courbon, notamment, conseiller municipal d'opposition à la Ville de Saint-Etienne et principal adversaire de Gaël Perdriau lors des dernières élections municipales.

"Nous ne pouvons pas comparer les hausses d'énergie actuelles et cette hausse de la fiscalité. Il n'empêche que sur le compte en banque en fin de mois des habitants de la Métropole, elle arrive comme une cerise sur le gâteau qui vient grever leur budget".

"Ce sera la seule et unique hausse en 14 ans de mandat", s'engage de son côté Gaël Perdriau, qui estime avoir trouvé dans cette hausse de fiscalité supportée pour un tiers par les ménages et pour les deux tiers par les entreprises, un équilibre "socialement acceptable pour tous".

Le "sens des responsabilités" des représentants économiques salué

Le président de Saint-Etienne Métropole salue d'ailleurs le "sens des responsabilités" des représentants économiques du territoire qui ont acté cette évolution assure-t-il, "conscients de la dynamique positive dans laquelle est engagée Saint-Etienne Métropole".

Benoit Fabre, président du Medef Loire, contacté par téléphone par La Tribune, confirme : "nous nous engageons derrière cette ambition métropolitaine de transformation du territoire. Elle est nécessaire et porteuse d'avenir".

Le chef de file du syndicat patronal regrette néanmoins que les instances représentatives du monde économique aient été mises devant le fait accompli, sans concertation préalable sur cette hausse de la fiscalité. Et d'insister : "nous avons demandé à être désormais mieux associés au suivi de tous ces investissements à venir, afin de vérifier qu'ils soient judicieux et porteurs d'intérêt pour nos entreprises et nos salariés".

Dans le détail, cette hausse de la fiscalité se traduira par une augmentation du versement mobilité (2% au lieu d'1,8%), par l'instauration de la taxe GEMAPI pour la gestion des milieux aquatiques (compétence transférée par l'Etat en 2018 avec autorisation de créer cette taxe associée), par la hausse de la cotisation foncière des entreprises (29,67% au lieu de 28,81%) ainsi que de la taxe sur les surfaces commerciales de 1,05 à 1,15%. Enfin, le taux métropolitain de la taxe foncière sur les propriétés bâties et non bâties passera de 1,37% à 2,60%.

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