Clinique Mutualiste de Grenoble : L’Agduc et le CHU de Grenoble déposent une offre conjointe

Le CHU Grenoble Alpes ainsi que l’association sous statut ESPIC, l’AGDUC, ont finalement annoncé le dépôt d’une offre finale commune pour la reprise du Groupement Hospitalier Mutualiste de Grenoble. Une offre qui viserait à assurer la poursuite de l’indépendance et des activités des six sites du GHM, ainsi que le maintien des emplois, avec l’élaboration d’une nouvelle carte de soins sur le territoire.

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(Crédits : Capture écran YouTube)

Nouveau rebondissement dans l'affaire de la vente du Groupement Hospitalier Mutualiste de Grenoble. Le CHU Grenoble Alpes ainsi que l'association sous statut ESPIC, l'AGDUC, viennent d'annoncer le dépôt d'une offre, d'ici demain soir, pour la reprise de l'ensemble des activités et des salariés du site. Un partenariat à "50-50"qui garantirait selon eux "la sauvegarde d'une offre de soins non-lucrative au GHM", à travers notamment le maintien du statut ESPIC de l'établissement.

"Notre objectif est de maintenir le privé non lucratif dans une offre complète de territoire de proximité, mais nous ne pouvions pas le faire seuls. C'est pourquoi nous avons cherché un partenaire, le CHU, avec lequel nous travaillions déjà depuis longtemps", résume le Pr Philippe Zaoui, président de l'AGDUC, une structure associative crée en 1974 à Grenoble et spécialisée dans la prise en charge de l'insuffisance rénale chronique.

"Le CHU Grenoble Alpes a souhaité être le partenaire de l'Agduc dans cette opération de sauvegarde du GHM, qui constitue une institution importante sur le territoire en matière de santé et d'offre de soins", a confirmé Monique Sorrentino, directrice générale du CHU Grenoble Alpes.

Car la vente du GHM, annoncée en septembre dernier par l'UMG-GHM (détenue par le groupe Adréa et la Mutualité Française), avait fait grand bruit.

"Cette vente est venue ajouter une inquiétude forte sur le territoire des patients et usagers du système de soins, mais également des salariés et médecins libéraux", a rappelé Eric Piolle, maire de Grenoble et président du conseil de surveillance du CHU Grenoble Alpes.

"Les élus de tous bords se sont mobilisés car nous ne voulions pas voir basculer le GHM aux mains d'un privé lucratif". Il y a quelques jours, le président du Département de l'Isère, Jean-Pierre Barbier, s'était lui-même exprimé il y a quelques jours en la faveur d'une offre déposée par l'Agduc.

« Pas de casse sociale »

Retenu parmi les trois offres pré-sélectionnées par l'UMG-GHM, le projet de l'Agduc se transforme donc aujourd'hui en une offre conjointe avec le CHU Grenoble Alpes. Avec, certes, un délai que ses instigateurs ont justifié par "la difficulté à réceptionner des informations complètes, qui ont été communiqué de manière très tardive et impactées par la crise du Covid-19".

"Le GHM est un établissement très complexe, de par la nature de ses activités et de ses partenariats, mais également la multitude de ses collaborateurs et la spécialité de ses établissements. Nous voulions avoir toutes les données en main avant de nous tourner vers un partenaire", a justifié Pierre Maréchal, directeur général de l'Agduc.

Reste que le soutien du CHU, - qui avait d'abord affirmé qu'il regarderait avec attention les projets de l'ensemble des repreneurs potentiels -, pourrait bien peser dans l'étude des dossiers, qui se tiendront au cours des prochaines semaines, selon un calendrier qui sera déterminé par l'UMG-GHM.

Alors que le contenu de cette nouvelle offre demeure encore en grande partie confidentiel, on sait déjà que les deux partenaires s'engageraient à maintenir en place l'ensemble des activités du site et sa masse salariale. Et ce, "même s'il y aura forcément des changements au sein du fonctionnement, y compris du CHU et de l'Agduc afin de réaliser le maillage du territoire", glissait Philippe Zaoui.

"L'idée est d'avoir un nouveau modèle mais surtout pas de casse sociale, en travaillant davantage sur les liens avec les fonctions supports, l'optimisation des achats ou encore un immobilier un peu plus responsable afin de maintenir les emplois", traduit Pierre Maréchal.

Une offre qui comprendrait également "des solutions techniques et juridiques" afin de garantir le maintien des activités des professionnels libéraux, actuellement employés par le GHM. Le CHU et l'Agduc souhaitent également poursuivre et élargir les partenariats en matière de soins et de recherches au niveau local, mais également avec des établissements tels que le Centre de cancérologie Léon Bérard ou encore les Hospices Civils de Lyon.

Et d'accéder, "pourquoi pas à de manière conjointe à des équipements lourds. Si l'on allie nos forces, il devient ainsi possible d'accroître l'offre sur le territoire et que les patients n'aient pas forcément à se déplacer sur Lyon par exemple", a complété Monique Sorrentino.

Un projet de structure qui demeure "autonome"

Validé lors d'un conseil d'administration de l'Agduc le 19 mai dernier, puis d'un conseil de surveillance du CHUGA qui s'est tenu ce vendredi matin, l'offre conjointe des deux établissements devrait prendre la forme d'un Groupement de Coopération Sanitaire (GCS).

"Une formule déjà très utilisée par d'autres structures et qui a déjà fait ses preuves", a souligné Monique Sorrentino.

Refondu dans le cadre de la dernière loi Hôpital, le GCS est en effet "l'outil de coopération privilégié dans le cadre des coopérations entre le secteur public et privé, mais également entre la ville et l'hôpital", comme le rappelle également le Ministère de la Santé sur son site internet.

Pour autant, Pierre Maréchal, directeur général de l'Agduc a tenu à rappeler qu'il ne s'agirait ni d'une acquisition, ni d'une fusion :

"On ne fait pas un investissement, on veut sauver un modèle. Nous sommes très attachés à ce que le GHM reste un établissement privé non lucratif et qu'il demeure autonome".

Une volonté de faire tomber les barrières de la compétition présente entre les différents acteurs d'un même territoire, et de trouver "de nouveaux modèles de prises en charge concertés".

Le budget prévisionnel de l'offre demeure confidentiel à ce stade, au même titre que le chiffre d'affaires de l'Agduc, une association de loi 1901 sous statut Espic, qui gère déjà 17 sites à l'échelle régionale et près de 450 salariés (dont 35 médecins). "La santé de l'Agduc n'est plus à prouver", a affirmé Eric Piolle, tout en rappelant que le CHU Grenoble Alpes générait quant à lui 750 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel.

"Se poser la question de la santé financière du CHU, c'est comme lorsqu'on regarde le budget d'une collectivité : on peut étudier son déficit ou alors ses garants, et de ce côté, la question ne se pose pas", a affirmé l'élu.

Tous espèrent que ce dossier sera regardé avec attention par l'UMG-GHM puisqu'il s'agit du seul dossier à être déposé par un consortium alliant un acteur associatif sous statut ESPIC et un acteur public. Avec, face à eux, les groupes Vivalto et Doctegestio.

 "Il reste encore beaucoup d'incertitudes quant au choix d'Adréa mais il s'agit d'ores et déjà une première étape de franchie", a conclu Eric Piolle.

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