Logistique : en Isère, le géant du bio Bjorg se dote de chariots autonomes, créés sur mesure

Le site de Bjorg à Saint-Quentin-Fallavier est en train de se doter d'une vingtaine de chariots élévateurs autonomes. Cette solution logistique, qui s'affiche comme un prototype taillé sur mesure pour le géant du bio et déployé par son partenaire allemand, le groupe Rhenus, vise à lui permettre un gain de temps, mais aussi de pallier à des tensions en matière de recrutement. Avec, dans le viseur, les opérations commerciales du printemps à venir, "qui se poseront comme un test significatif" quant à l'élargissement de ce nouvel outil.

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Les 21 chariots élévateurs-gerbeurs automatiques (AGV) accueillis par le l'entrepôt du géant du bio Bjorg, dont le groupe allemand Rhenus gère la logistique, permettront de limiter les déplacements des préparateurs et de faciliter leur manipulation par les opérateurs, en s'appuyant sur la robotisation.
Les 21 chariots élévateurs-gerbeurs automatiques (AGV) accueillis par le l'entrepôt du géant du bio Bjorg, dont le groupe allemand Rhenus gère la logistique, permettront de limiter les déplacements des préparateurs et de faciliter leur manipulation par les opérateurs, en s'appuyant sur la robotisation. (Crédits : DR Rhenus)

A Saint-Quentin-Fallavier (Isère), l'entrepôt du géant du bio Bjorg est en train d'accueillir 21 chariots élévateurs-gerbeurs automatiques (AGV). Sur ce site où travaille une centaine de personnes en moyenne, c'est le groupe allemand Rhenus qui gère sa logistique.

En collaboration avec les auvergnats d'Effidence, Rhenus et Bjorg ont mis en place ces nouveaux AGV afin de pallier certaines difficultés structurelles.

"Ces chariots ont deux fonctions fondamentales, le "follow me", c'est-à-dire suivre un préparateur dans sa zone, et le "go to", où il va se déplacer vers une zone. Dès qu'il y a une nouvelle manipulation, c'est-à-dire une rupture de charge, il se chargera de faire le lien", explique Mercedes Ortiz Garcia, directrice business et développement au sein de Rhenus Logistics France.

Ces nouveaux outils présentent plusieurs atouts : outre les gains de productivité apportés par la robotisation, ils permettent de limiter les déplacements des préparateurs, tout en affichant une simplicité d'usage qu'ils ne nécessitent pas de Caces (Certificat d'aptitude à la conduite en sécurité) pour être manipulés.

"Des intérimaires peuvent utiliser cet AGV"

Ce dernier point est en effet l'un des arguments qui ont paradoxalement joué le plus pour l'implantation de ces chariots. Car à l'heure où la filière de la logistique a, comme d'autres secteurs, de la peine à recruter des caristes et des préparateurs, Rhenus et son donneur d'ordre Bjorg n'étaient pas épargnés.

Selon l'Enquête Besoins en Main-d'Œuvre 2021 menée par Pôle Emploi, Auvergne Rhône-Alpes compte 8.790 projets de recrutements d'ouvriers "non qualifiés" de l'emballage et manutentionnaires. Ce qui en fait le septième métier avec le plus de projets de recrutements de la région. Un secteur qui a 28,7 % de projets difficiles en matière de recrutement et 39,5 % des effectifs sont saisonniers.

Habituellement, le manque de candidats ainsi que la saisonnalité des emplois du secteurs peuvent en effet être un frein à l'utilisation des équipements robotisés : "Des intérimaires peuvent au contraire utiliser cet AGV", souligne ainsi Mercedes Ortiz Garcia. Avec les chariots automatisés, le but est d'arriver "plus facilement à absorber les flux d'activités et à nuancer les besoins en ressources externes."

Pour les préparateurs de commande, ces appareils sont aussi conçus pour limiter la pénibilité. "Moins de déplacements seront nécessaires tandis qu'une fonction élévatrice permettra de faciliter les préparations."

Sur le volet énergétique, "des batteries sont également intégrées directement dans les AGV. Il s'agit de batteries pure plomb qui tolèrent le biberonnage. Les AGV se postent de manière autonome devant la base de recharge, la recharge est alors automatique via le système d'induction", explique Mercedes Ortiz Garcia.

Et d'ajouter : "Nous n'avons pas de recul suffisant pour savoir si ce matériel est moins énergivore, mais compte-tenu de notre volonté de réduire nos consommations, nous allons suivre ces informations de près."

Un projet sur-mesure

Les chariots implantés à Saint-Quentin-Fallavier sont des prototypes : "Il n'y a pas vraiment de produits comme celui-ci qui existent sur le marché, avance Mercedes Otriz Garcia. L'AGV mis en place est unique, on a préféré aller vers une customisation pour avoir quelque chose d'adapté à l'activité de Bjorg."

Avec pourquoi pas, la volonté de les étendre ensuite à d'autres clients. A noter que le site situé en Nord-Isère est aussi le seul à être doté de ces prototypes, pour l'heure au sein du groupe.

"Notre relation avec Rhenus, basée sur l'amélioration continue et la co-construction des solutions, se renforce quand nous choisissons ensemble des investissements qui permettent d'optimiser l'efficience des ressources et de faire des économies partagées", affirmait déjà Jean-Ferréol Ruph, le directeur supply chain d'Ecotone France, par voie de communiqué.

La maison-mère de Bjorg et Compagnie, soulignait d'ailleurs avoir "hâte de mesurer l'impact de cette nouvelle organisation" sur sa propre réactivité à répondre à la demande de ses clients. Et d'ajouter : "La période des grandes opérations commerciales du printemps, qui vont bientôt se préparer, seront un test significatif". Quant au montant de l'investissement, Rhenus ne souhaite toutefois pas le communiquer.

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