Avec son nouveau fonds doté de 145 millions, Supernova Invest veut booster la deeptech industrielle

La plateforme d'investissement Supernova Invest, installée à Grenoble, assoit ses positions de leader sur le sujet de la deeptech. Elle annonce le lancement d'un nouveau fonds d'envergure, Ambition Industrie, doté pour le moment de 145 millions d'euros. Déjà deux entreprises, le francilien Ynsect et le grenoblois Aledia, ont été sélectionnées.

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AuRA est indéniablement la première région en matière de deeptech. La proximité entre les structures de recherches, les industriels, les startups ne se retrouve nulle part ailleurs. Même pas sur le plateau de Saclay, confirment les équipes de Supernova, dont la moitié des effectifs sont basés à Grenoble.
"AuRA est indéniablement la première région en matière de deeptech. La proximité entre les structures de recherches, les industriels, les startups ne se retrouve nulle part ailleurs. Même pas sur le plateau de Saclay", confirment les équipes de Supernova, dont la moitié des effectifs sont basés à Grenoble. (Crédits : DR)

Depuis sa création en 2017, la plateforme Supernova Invest avait déjà investi largement dans la deeptech française. Avec ses 80 startups (dont un tiers en "late stage") développant des technologies de rupture dans quatre domaines majeurs de la deeptech (santé, transition énergétique et agricole, industrie 4.0 et les technologies du digital) et ses quelque 400 millions d'euros en gestion, Supernova Invest se revendiquait d'ailleurs déjà comme le leader de l'investissement deeptech en France.

Elle fait désormais un pas de plus et renforce son leadership sur le sujet en lançant un fonds d'envergure dédié à la deeptech industrielle.

Objectif : 200 millions pour conserver la maitrise stratégique des technologies

Baptisé Ambition Industrie, ce fonds est actuellement pourvu d'engagements importants des investisseurs, 145 millions d'euros, souscrits notamment par le groupe Crédit Agricole et le CEA, deux acteurs auxquels Supernova est historiquement lié mais aussi par des investisseurs institutionnels, des industriels de l'écosystème deeptech et des family offices.

"Nous espérons obtenir de nouveaux engagements rapidement pour atteindre 200 à 250 millions d'euros", annonce Régis Saleur, directeur général de Supernova Invest.

Ambition affichée : investir des tickets de 8 à 30 millions d'euros dans une quinzaine de start-ups à l'occasion de levées de fonds de 20 à 200 millions d'euros. Si Supernova avait jusqu'ici investi majoritairement en France, elle veut désormais s'ouvrir à la deeptech industrielle européenne.

"Nous visons les startups avec une technologie de rupture et des perspectives commerciales à fort potentiel", précise le président de Supernova, Pierre-Emmanuel Struyven. "Des entreprises qui ont besoin de lever des fonds de manière conséquente pour mettre en place les infrastructures industrielles et humaines nécessaires à leur déploiement. Nous ciblons plus particulièrement ces entreprises s'engageant dans la phase industrielle". Et de poursuivre :

"Chez Supernova nous avions déjà cette ambition avant le Covid mais cette période a déclenché une prise de conscience générale de l'importance de la deeptech et de sa maitrise stratégique en France et en Europe. Il n'est plus acceptable que nos startups doivent partir se financer et se développer ailleurs lorsqu'elles passent à l'échelle industrielle".

Derrière les enjeux économiques, Supernova affirme également vouloir soutenir les défis sociétaux relevés par les deeptechs. "Nous ne nous revendiquons pas comme un fonds à impact, mais nous constatons que toutes les deeptech portent des voies de progrès profond en matière de préservation du climat ou d'avancée sociétale notamment", précise Régis Saleur.

Aledia et Ynsect en premiers de cordée

La création d'Ambition Industrie est à peine annoncée que déjà deux investissements sont finalisés : dans l'entreprise Ynsect d'abord, spécialisée dans l'élevage et la transformation d'insectes pour nourrir les animaux, les plantes et à l'avenir les humains. Elle bénéficie d'une enveloppe de 8 millions d'euros de Supernova Invest.

Mais aussi dans l'iséroise Aledia pour porter le développement de ses nanofils lumineux. La jeune pousse grenobloise, qui pourrait devenir dans les prochaines années un fleuron français de la microélectronique, a l'ambition d'être en capacité de produire courant 2023 des puces microLEDs pour les écrans nouvelle génération.

En septembre dernier, elle avait validé un tour de table de 80 millions d'euros, première tranche d'un financement global de 120 millions, finalisé en septembre 2021. Financement auquel vient donc de prendre part Ambition Industrie, à hauteur de 10 millions d'euros.

AuRA, pierre angulaire de la DeepTech française

Sans vouloir trop en dire, le président de Supernova Invest confie que de nombreux dossiers sont actuellement à l'étude. Dont une partie non négligeable concerne des entreprises de la région Auvergne Rhône-Alpes.

En parallèle d'Ambition Industrie, la région concentre d'ailleurs à elle seule près d'un tiers du portefeuille de Supernova Invest (Afyren, Keranova etc). Rien d'étonnant pour Pierre-Emmanuel Struyven car au-delà de l'implantation historique de la plateforme sur les terres grenobloises (qui accueillent la moitié des 18 salariés de Supernova),

"AuRA est indéniablement la première région en matière de deeptech. La proximité entre les structures de recherches, les industriels, les startups ne se retrouve nulle part ailleurs. Même pas sur le plateau de Saclay".

Les sujets deeptech phares dans la région : la micro-électronique et la santé.

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