Effigear, la startup ligérienne qui a su chuchoter à l'oreille de Valeo

 |  | 821 mots
Lecture 4 min.
En parallèle au Valeo smart e-bike System, Effigear mise sur l'adaptation de sa boite à vitesse musculaire pour porter sa croissance jusqu'au seuil des 10 millions d'euros de chiffre d'affaires.
En parallèle au Valeo smart e-bike System, Effigear mise sur l'adaptation de sa boite à vitesse "musculaire" pour porter sa croissance jusqu'au seuil des 10 millions d'euros de chiffre d'affaires. (Crédits : DR)
Sa boite de vitesse automatique a séduit Valeo, en recherche de positionnement différenciant sur les nouvelles mobilités : la startup ligérienne Effigear a signé un partenariat d'envergure lui assurant une belle visibilité pour les années à venir. Elle compte bien la mettre à profit pour multiplier par plus de 50 son chiffre d'affaires dans les cinq ans à venir.

Il y a un an, la start-up ligérienne Effigear présentait son prototype aux équipes R&D de Valeo dédiées aux nouvelles mobilités.

Moins de 10 mois plus tard, fin décembre, le leader de l'électrification automobile dévoilait en grandes pompes son Valeo smart e-bike System : une solution innovante intégrant moteur électrique et boite de vitesses automatique adaptative dans le pédalier.

Lire aussi : Effigear, la start-up qui a su chuchoter à l'oreille de Valeo

Grâce à cette nouvelle assistance électrique, le vélo s'adapte au cycliste, c'est-à-dire que le passage de vitesse est autonome, ses algorithmes ajustant instantanément l'assistance électrique dont le cycliste a besoin, en fonction des capacités et des besoins de celui-ci. Le produit sera disponible début 2022.

"Seuls, nous n'avions pas les épaules"

"Nous avons eu les premiers contacts en février et nous avons signé en juin 2020. Tout est allé très vite. Valeo travaillait sur un projet mais se trouvait face à une problématique technique que nous pouvions résoudre avec notre technologie. Nous sommes arrivés au bon moment ", résume Vincent Lecornu.

L'ex-directeur commercial du Grenoblois eBikeLabs a repris Effigear l'année dernière, en s'associant à David Roumeas, salarié de l'entreprise depuis 2012. Celle-ci avait été créée en 2003 par Guy Cavalerie sur la base d'une innovation : la boîte de vitesses automatique pour le vélo de montagne.

Sauf qu'Effigear n'ayant pas trouvé son marché, elle était restée, pendant près d'une décennie, au stade de jeune pousse prometteuse se satisfaisant de la fabrication de quelques dizaines de VTT à la marque Cavalerie par an, VTT sur lesquels la fameuse boite de vitesses pouvait être montée.

Une situation à laquelle les deux nouveaux dirigeants ont décidé, dès la reprise de l'entreprise, de remédier en réorientant son positionnement : ils se sont employés à intégrer la boite de vitesses sur un moteur électrique afin de se décentrer du vélo sportif de descente. Avec une idée : s'orienter vers les professionnels et les usages urbains, un marché fortement accéléré par la crise sanitaire, mais qui offrait déjà depuis quelque temps de belles perspectives.

"Il nous aurait fallu cinq ans et 25 millions d'euros pour réussir à mettre sur le marché une offre de haut niveau. Nous n'avions ni les épaules, ni l'envie, de créer une grosse entreprise. Nous avons préféré nous mettre en quête d'un partenaire industriel".

Les deux associés ont donc entamé un tour d'Europe des équipementiers et sont parvenus à taper dans l'œil, très vite, de Valeo. Avec un deal plutôt bien négocié dans cette coopération de David et Goliath : les produits sont cobrandés et la startup percevra des royalties sur toutes les ventes.

"Nous assurerons également la commercialisation en direct auprès des "petits" fabricants de vélos (moins de 5.000 vélos par an). Le potentiel est gigantesque, ces petits fabricants ne sont pas la priorité des gros du marché comme Bosch ou Shimano".

Valeo se chargera de l'intégralité de la fabrication mais Effigear conservera la fabrication de ses boites de vitesse non électriques.

Limiter la dépendance à Valeo

En passant du statut de fabricant de vélo à celui d'équipementier, Effigear ose des ambitions fortes : 10 millions d'euros de chiffre d'affaires sous cinq ans, 20 salariés sous trois ans contre 150.000 euros en 2020 avec 5 salariés.

Mais les deux entrepreneurs se disent prudents et affichent clairement la couleur : l'engagement de Valeo est signé pour 20 ans mais pas question de faire plus de 20% du chiffre d'affaires avec les royalties de ce contrat.

"Nous ne nous sommes absolument pas sentis écrasés par le poids de Valeo mais nous ne souhaitons pas baser tout notre développement sur ce partenariat. C'est essentiel pour notre pérennité d'une part et d'autre part, nous voulons participer au développement de notre territoire localement en amenant plus d'industrialisation ici dans la Loire, en interne et avec des sous-traitants", précise Vincent Lecornu.

En parallèle du Valeo smart e-bike System, Effigear mise ainsi sur un autre cheval de bataille pour porter sa croissance jusqu'au seuil des 10 millions d'euros de chiffre d'affaires : la start-up va adapter sa boite à vitesse "musculaire" pour se calquer sur la technologie du leader du segment, l'Allemand Pinion, devenu le standard en la matière. "Pinion détient 95% du marché.

"Nous adaptons notre offre au format de notre concurrent. En clair, nous arrivons avec une vraie plus-value mais qui n'obligera pas nos clients à revoir leur process de production et d'assemblage", précise Vincent Lecornu.

La production devrait être lancée dans les prochaines semaines, les deux dirigeants tablant sur la visibilité offerte par le partenariat avec Valeo pour accélérer le développement de la commercialisation de cette nouvelle offre. Effigear doit également sortir sous peu une nouvelle gamme de vélos Cavalerie en carbone.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 06/04/2021 à 12:35 :
Applicable a l'automobile électrique ?
Réponse de le 06/04/2021 à 19:17 :
Il n'y a pas de boîte de vitesse sur les voitures électriques

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :