Tanguy Bertolus : "L'aéroport de Lyon va jouer son rôle dans la relance de l'économie régionale"

Après deux mois d'activité très réduite, le trafic commercial reprend progressivement à l'aéroport Lyon-Saint Exupery. L'occasion pour Tanguy Bertolus, président du directoire de Lyon Aéroport, d'évoquer la crise sanitaire, l'évolution du trafic, la présence d'Air France et l'avenir du troisième aéroport français.

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(Crédits : Vinci Airports)

La Tribune : Dans quel état d'esprit abordez-vous la reprise des vols commerciaux ce lundi 8 juin 2020 ?

Tanguy Bertolus : C'est un événement important pour toutes les équipes. Nous annonçons la reprise des vols en France et en Europe vers 27 destinations. Ce sera progressif, en fonction des ouvertures des frontières et des pays.

Après une période difficile et compliquée, où nous avons perdu des dizaines de millions d'euros - nous n'avons pas encore les chiffres détaillés - et avons dû recourir au chômage partiel tout en concentrant notre activité autour du Terminal 2, c'est un point de relance important de notre activité.

Comment ce trafic va-t-il évoluer ?

Nous avons une faible visibilité. Pour le moment, neuf compagnies volent à nouveau. Mais ce que l'on peut dire, c'est que les premiers vols de ce matin avaient un taux de remplissage de 70%. C'est un indicateur intéressant : cela signifie que la demande est présente et que cette reprise est importante, notamment pour la relance de l'économie de notre territoire. Nous avions réalisé une étude qui montrait que l'aéroport était un catalyseur fort et qu'il engendrait un PIB de 1,8 milliards d'euros dans la région. Nous allons jouer notre rôle dans la relance de l'économie régionale.

Selon vous, quels sont les facteurs qui favoriseront la reprise du trafic aérien ?

Il faut donner confiance aux usagers. Il faut leur assurer la sécurité sanitaire : cela passe par des marquages au sol, la gestion des flux, des plexiglass dans les terminaux, la distanciation sociale ou encore le port du masque obligatoire dans tous les espaces.

Comme nous avons la culture de l'innovation, nous avons imaginé des dispositifs complémentaires : amélioration des services "sans contact" aux bornes de parking ou aux bornes de vente automatique, mise en place d'un point d'information et d'un accueil médical où les voyageurs peuvent poser des questions. On pourra même y mener des téléconsultations par le biais d'une valise mobile : elle permettra la mise en relation avec un médecin sous 3 à 4 minutes. Nous avons lancé ce service ce matin, j'ai vu déjà quelques personnes s'y arrêter.

Nous sommes également en train de travailler sur un système d'ouverture des portes sans les mains, fabriqué à partir d'imprimante 3D. C'est concret et simple, mais efficace.

L'ouverture des frontières est-elle essentielle pour porter davantage ce trafic ?

Dès le 15 juin, plusieurs compagnies devraient ouvrir leurs destinations européennes devraient ouvrir, comme Faro, Porto et Lisbonne au Portugal ou encore Lufthansa qui devrait voler vers ses hubs de Francfort et Munich. On voit que les compagnies restent à l'écoute des annonces des différents gouvernements.

Que deviennent les projets importants pour l'aéroport comme l'ouverture de la base Volotea ou la nouvelle ligne Lyon-Doha de Qatar Airways ?

Nous sommes toujours en discussion approfondie. Volotea n'a pas renoncé à son implantation - elle ouvrira en juin des lignes sur la Corse - même si la question de la date est toujours sur la table. On évoque désormais l'automne ou la fin de l'année. Quant au Lyon-Doha, ce serait plutôt pour la fin de l'année, voire le début de l'année prochaine.

Craignez-vous que la présence d'Air France à Lyon soit remise en cause au regard des difficultés de la compagnie ?

Nous avons de bons contacts avec la compagnie, c'est la force d'être intégré au réseau Vinci Airport. Lyon est un outil stratégique pour Air France : avec son hub, elle capte un trafic pour l'ensemble de la France. Ce que nous savons, c'est qu'il est important pour la compagnie de pérenniser sa présence à Lyon et que la suppression des lignes qui sont en concurrence avec le TGV ne s'appliquerait pas au hub. Nous pourrions bénéficier d'une certaine souplesse dans l'application de cette mesure.

L'année 2019 avait été une très bonne année en terme d'exploitation, à quoi ressemblera 2020 ?

Ce sera moins bon, évidemment. Nous avons révisé nos plans en supprimant nos investissements en lien avec l'amélioration du trafic. Nous sommes tout à fait en mesure de rebondir, en lien avec les capacités de notre territoire.

Par contre, nous n'avons pas fait l'impasse sur nos engagements environnementaux. Nous allons leur apporter une attention encore plus forte qu'avant. Nous restons attentifs à la biodiversité, aux économies d'énergie avec un travail sur le photovoltaïque, le bio carburant pour des navettes au biogaz, la gestion des déchets.

Avec le confinement et la diminution du trafic aérien, revient sur le devant de la scène la question du bruit pour les riverains. Où en êtes-vous sur cette question ?

En dix ans, nous sommes passés de 4 à 5000 réclamations par an à moins de 400 par an. Il est vrai que les riverains ont pu retrouver une certaine quiétude de jour, mais le fret ne s'est jamais arrêté la nuit. D'ailleurs, ce serait impossible, au regard des conséquences économiques. Cela fait plus d'un an que nous travaillons sur l'amélioration des vols de nuit, avec de nouvelles approches. Nous avons finalisé nos propositions et nos mesures, elles sont entre les mains de notre autorité de tutelle. Elle devrait rendre son avis d'ici à la fin de l'année 2020.

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Commentaires 4
à écrit le 26/08/2020 à 23:36
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¤¤¤ Accord de Performance Collective ¤¤¤ (APC) , , , << Lorsque l'imagination, les arts et les sciences et tous les dons de l'Esprit Saint se sont faits vains et qu'il ne reste plus à l'homme que la compétition, alors le jugement dernier est proche...

à écrit le 06/08/2020 à 23:43
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Tombé à l’instant sur un article au sujet de l'aéroport Lyon St Exupéry. Que du bon et du rebond dans le "futur" de la société aéroport de Lyon,, c'est à dire dans son rôle son œuvre dans la relance de l'économie régionale Lyonnaise. Un délice ce tit...

à écrit le 10/07/2020 à 19:18
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Bon est-ce nécessaire ou faut-il quand même traduire le titre de cet article? Car en effet, on a +UN discours+, et +UNE réalité+. En sémantique générale, on utiliserait il me semble l'expression "La carte n'est pas Le territoire". Évidemment, chaque ...

à écrit le 08/06/2020 à 19:07
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Pas mal ce genre d'article fait par des journalistes de Médiacités, j’espère qu'il y en aura d'autres faite par une presse un peu plus internationale... .:Aéroport Lyon Saint‐Exupéry : malaise social derrière les beaux discours de Vinci:. « Épuisem...

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