Sommet de l'élevage  : comment la filière bovine française s'exporte

Les acteurs de la filière bovine française ont défendu le poids économique du secteur lors du sommet de l'élevage 2017, et notamment son potentiel à l'export. Stéphane Travert, ministre de l'Agriculture, présent ce vendredi, a dénoncé la méthode employée par la Commission européenne, sans être plus offensif.

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(Crédits : Sonia Reyne/ADE)

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Interbev ne ménage pas ses efforts pour séduire les délégations d'Algérie, d'Iran et de Tunisie, invités au Sommet de l'Elevage 2017. Accompagnés d'éleveurs et exportateurs français de bovins ou de viande les délégués acheteurs étrangers potentiels ont découvert l'abattoir de Socopa à Villefranche d'Allier (03). Ils ont également visité un élevage naisseur-engraisseur en race Charolais et Aubrac, rencontré un vendeur de broutards et un engraisseur en race Limousine. Toujours dans le cadre du Sommet de l'élevage, les délégués étrangers ont découvert le centre d'allotement de bovins vivants de la SAS Creuse Bétail Export.

Si les Etats généraux de l'alimentation prouvent que la sécurité et la souveraineté alimentaire restent des enjeux vitaux, les exportations le sont tout autant pour le revenu des éleveurs et la pérennité de la filière, particulièrement dans un contexte d'instabilité internationale et de bouleversement des échanges mondiaux. Pour rappel, le cheptel bovin français constitue le premier d'Europe avec 19 millions de têtes de bétail.

Un marché mature en Europe

"La filière bovine locale est un atout économique", explique ainsi Philippe Chotteau, chef du département économique Idele-Institut de l'élevage. En 2015, la France a exporté 1,45 million d'animaux. Dans un marché mature en Europe, "l'Italie, la Grèce et l'Allemagne restent les principales destinations étrangères de la viande bovine française (environ 15 % de la masse globale en 2016, NDLR), mais les exportations françaises se diversifient depuis 2013", précise Philippe Chotteau. "Les broutards exportés viennent principalement des départements du Massif central". Du côté des concurrents, "la Pologne prend des parts de marché, en particulier grâce à la viande low cost qui répond à la crise."

Ainsi, au-delà de ses clients traditionnels, la filière regarde vers de nouvelles destinations."Les marchés de la Méditerranée sont un enjeu important d'exportation pour l'Europe", avance de son côté Yves Trégaro, médiateur délégué aux relations commerciales agricoles au ministère de l'Agriculture et de l'alimentation. Mais, des barrières impactent les acteurs économiques de la filière, estime le fonctionnaire. "Le protectionnisme, les barrières sanitaires, les accords de partenariat économique impactent la filière." "Le marché algérien est également lié aux cours du pétrole"  renchérit Germain Milet, chef de projet Idele-Institut de l'élevage.

Un ministre timide face à la Commission européenne

Pour les éleveurs français, des marchés s'ouvrent au Proche-Orient, avec des espoirs pour du bétail vif notamment vers Israël.

"Ce pays est un marché qui s'ouvre progressivement, son gouvernement lève les freins à l'import. C'est un marché d'avenir pour la France, en particulier pour la valorisation de la génétique. Enfin, le pouvoir d'achat élevé valorise notre sécurité alimentaire et la qualité des productions françaises", poursuit Yves Trégaro

La Turquie de son côté est un marché en expansion, soumis à l'instabilité réglementaire, mais qui reste indéniablement un réel potentiel pour la France. Enfin, paralysée par la crise monétaire,"l'Egypte est le premier marché de la Méditerranée. Elle importe des produits d'entrée de gamme et ses achats sont corrélés aux finances de l'état Égyptien, mais elle est le pays le plus peuplé du pourtour de la Méditerranée."

Concernant les pays du Mercosur, la filière viande bovine appelle la France à s'opposer fermement à la proposition de la Commission européenne d'octroyer un quota de 70 000 tonnes de viande bovine fraîche ou congelée en faveur des pays d'Amérique du Sud.

En visite au Sommet ce matin, le ministre de l'agriculture, Stéphane Travert a dénoncé la méthode employée par la Commission européenne, sans être plus offensif.

Plus que jamais, malgré les incertitudes géopolitiques, il y a des marchés pour la filière bovine. À moyen terme, d'autres perspectives devraient s'ouvrir sur l'Asie du Sud-Est pour la viande et les abats.

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