Comment l'intelligence artificielle pourrait sauver les vignobles français

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Coris Innovation n'avait pas prévu les fortes gelées du printemps qui ont dévasté les vignobles français, mais la PME annécienne avait, dans ses cartons, un outil qui pourrait outiller à l'avenir les viticulteurs.
Coris Innovation n'avait pas prévu les fortes gelées du printemps qui ont dévasté les vignobles français, mais la PME annécienne avait, dans ses cartons, un outil qui pourrait outiller à l'avenir les viticulteurs. (Crédits : © PHB.cz - Fotolia.com)
INNOVATION. Alors qu'une vague de gel a frappé une large partie des vignobles français au début du printemps, une PME d'Annecy (Haute-Savoie) développe justement un système de prévention utilisant l'intelligence artificielle, qui pourrait éviter la répétition de ce scénario catastrophe. Avec une mise en marché prévue d'ici fin 2022, et le dépôt d'un brevet en cours.

La PME annécienne Coris Innovation n'avait pas prévu les fortes gelées du printemps qui ont dévasté les vignobles français. L'entreprise haute-savoyarde de 40 salariés n'a même pas l'habitude de développer des projets d'innovation pour son propre compte, car son métier est d'oeuvrer, depuis sa création il y a cinq ans, comme conseil en accompagnement en innovation, auprès d'industriels français et suisses.

Lire aussi : Gel des vignes : en AuRA non plus, les braseros n'auront pas suffi

Toutefois, en octobre 2020, l'entreprise -composée d'une quarantaine d'ingénieurs et de chercheurs- avait lancé un appel interne à projets participatifs auprès de ses collaborateurs. Avec une ambition : protéger ses vignes du gel, en offrant un système automatique de prévision et de mise en route des bougies de chauffage.

« On avait vu qu'il y avait un besoin », indique Stéphane Maige, directeur associé de Coris Innovation.

Ce besoin se concrétisera finalement ce printemps, alors qu'une vague de gel s'abat sur 80% des vignobles français, et engendre une perte financière de deux milliards d'euros.

Car le système traditionnel d'allumage manuel des bougies, utilisé habituellement dans les vignes, n'a pas pu empêcher les dégâts. "Pour un domaine de dix hectares, ce sont en moyenne 2.000 bougies que l'exploitant doit pouvoir allumer au moment opportun, en pleine nuit", explique Stéphane Maige, en soulignant l'ampleur de la tâche et le coût qui y est associé.

Des prévisions hyperlocales associées à l'IA

Le système Vesta propose quant à lui un maillage de stations météorologiques sur le domaine viticole, capable d'anticiper la survenue du gel de façon très localisée, grâce à des programmes de traitement de données.

L'information est alors transmise aux dispositifs robotisés d'allumage situés sur chaque bougie. Et une fois que l'épisode de gel s'achève, le système éteint automatiquement chaque bougie.

Si le projet, nommé Vesta, n'était pas encore au point en ce printemps, il pourra par contre éviter de lourdes pertes lors de prochains épisodes de gel. « Nous misons sur une mise en marché d'ici un an et demi », précise Stéphane Maige, qui indique que Coris Innovation prépare actuellement le dépôt d'un brevet.

La modèle de commercialisation du futur système Vesta est déjà connu : les vignerons devront acquérir l'équipement et un abonnement annuel, leur permettant de connecter et d'exploiter les données. Coris Innovation mise aussi sur la participation des assureurs pour soutenir le financement de ce déploiement, tandis qu'un leasing du matériel pourrait également être mis en place, en lien avec les banques.

Une rampe de lancement pour des startups innovantes

Jusque là cantonnée à des activités de consultation en innovation, la PME d'Annecy voit ainsi un nouveau champ d'activités s'ouvrir devant elle.

« Ce n'était pas prévu dans notre plan stratégique de commercialiser nos projets d'innovation internes », pointe Stéphane Maige, qui cite notamment un outil d'intelligence artificielle que la PME a développé et qu'elle utilise en interne.

Mais sur les quatre prochaines années, son ambition sera désormais lancer des startups susceptibles de commercialiser elles-mêmes les innovations imaginées par ses salariés, sous le contrôle de Coris.

Avec également l'ambition de conserver le modèle de management participatif, cher à la PME haut-savoyarde. « Notre idée sera de faire entrer dans le capital de ces futures startups des personnes ayant travaillé sur ces innovations en interne », affirme Stéphane Maige.

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a écrit le 01/05/2021 à 10:35 :
Il serai peut être plus intelligent de changer l'environnement des parcelles pour créer un micro climat favorable que d'utiliser occasionnellement des innovations! Mais sortir de sa zone de confort est il toujours aussi difficile?
a écrit le 30/04/2021 à 19:06 :
Je me demande encore à quoi serve les modérateurs de la Tribune pour laisser paraître plus de 100 commentaires identiques et incompréhensibles du nommé 'chich'.
Dans ce cas, ils semblent bien plus réactifs que de coutume et ce type de commentaire stupide est publié avec une célérité remarquable!
a écrit le 30/04/2021 à 19:00 :
Pas grave puisque les viticulteurs , soucieux de ne pas faire appel a la "solidarité " ( ouarf ! ) nationale avaient pris la précaution de constituer des caisses de " prévoyance intempéries " lors des années fastes !
...... judicieux non ?
a écrit le 30/04/2021 à 18:59 :
Pas grave puisque les viticulteurs , soucieux de ne pas faire appel a la "solidarité " ( ouarf ! ) nationale avaient pris la précaution de constituer des caisses de " prévoyance intempéries " lors des années fastes !
...... judicieux non ?
a écrit le 30/04/2021 à 15:50 :
cette gelée reste exceptionnelle, sans doute la gelée du sciêcle, avec le changement climatique on pourrait passer à des ceps plus tardifs, vendanger en août ne fait pas un vin de garde.Chez-moi les pommiers, spécialité du coin, n'ont pas eu de dégats, de toute façon on manque de ramasseurs (le chômage vrai est une vue de l'esprit en France), pour la vigne il y en aura assez et comme les reserves sont pleines et que ces vins se tiennent plus de 10 ans, pas de soucis pour les vignerons. (10 ans, plutôt 20 pour un liquoreux voire +)
a écrit le 30/04/2021 à 15:16 :
Et pourquoi pas un système de serre automatique plutôt ? Trop d'arrosage de produits chimiques je suppose les pieds de vignes étoufferaient. Parce que chauffer l'air... -_-
a écrit le 30/04/2021 à 13:35 :
La meilleure protection est par un enrobage de glace autour des bourgeons. Cela se fait en déclenchant automatiquement un embrun comme un mini-canon a neige, dès que la température atteint le zéro. J'avais participé à la mise au point de cette technique en Suisse, dans les cantons du Valais et de Vaud, dès les années 80, pour protéger les vignes et les arbres fruitiers.
a écrit le 30/04/2021 à 12:07 :
quand je lis bougie de préchauffage, j'ai l'image d'un vieux Peugeot 403 diesel avec son joli panache de fumée noire.

Je ne vois rien de nouveau dans le dispositif. Le mécanisme de prévision s’appelle météorologie nationale et thermomètre, et le réchauffage se fait déjà par des bougies.

Le dispositif d'allumage automatique permettra au vigneron de dormir (s'il le peut)... à quel prix?

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