Sillia VL : deux offres solides en concurrence

Le fleuron de l'industrie photovoltaïque français, Sillia VL, placé en redressement judiciaire, va-t-il s'en sortir ? Selon nos informations, deux offres fermes et solides, - l'une portée par un industriel toulousain, l'autre par un consortium international -, ont été transmises pour une reprise partielle de l'activité. Car un seul des deux sites, celui de Lannion, est concerné par les plans de cession. Le tribunal de commerce de Lyon pourrait statuer sur ce dossier lors de l'audience du 14 juin prochain. Décryptage.

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(Crédits : Laurent Cerino/Acteurs de l'économie)

Deux offres fermes et solides ont été déposées auprès de l'administrateur judiciaire pour acquérir des actifs corporels et incorporels de Sillia VL, selon nos informations. Cet ex premier fabricant tricolore de panneaux solaires, implanté à Vénissieux, dans le Rhône, et à Lannion, en Bretagne, a été placé en redressement judiciaire le 1 mars. Le tribunal de commerce de Lyon avait accordé un nouveau délai aux candidats intéressés, jusqu'au 7 juin. Dès le 24 mai dernier Recom Italia SRL, un acteur du marché du photovoltaïque, avait déposé un plan de reprise, qu'il a un peu modifié dans l'intervalle. La seconde proposition, nouvellement formulée, est portée par l'industriel toulousain Mecamidi SA associé à DT International, une société de droit suisse basée à Genève.

Recom Italia

Ces deux propositions, jugées sérieuses, se concentrent sur la reprise du site de Lannion, sans surprise. Recom Italia s'engage à garder 43 emplois sur 44 et le repreneur franco-helvétique 41 postes. L'un et l'autre émettent des conditions suspensives à lever dans les jours qui viennent.

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Recom Italia SRL, détenu à 85 % par Recom and Co (Stuttgart) et à 15 % par le groupe japonais Inabata, coté en bourse (4,635 milliards d'euros de chiffre d'affaires), prévoit de loger les actifs dans une nouvelle entité, Recom France SARL. Ce prétendant présente un projet où il se réserve le droit de répartir la charge de travail entre Lannion (capacité : 50 MWc/an) et ses usines en Italie et Pologne ; ce afin de réduire les coûts et améliorer la compétitivité. Il demande l'extension de la période du leasing des deux lignes de Lannion  à cinq ans. Il met 100 000 euros pour récupérer les actifs corporels et incorporels.

Un des champions des micro et moyennes centrales hydroélectriques

Mecamidi SA, compagnie installée à Toulouse dont les origines remontent à 1860 et aujourd'hui présidée par Jean Zekri, ingénieur des Ponts et Chaussées, se classe parmi les tous premiers concepteurs et fabricants mondiaux de micros et moyennes centrales hydroélectriques. L'entreprise exploite sept usines dans tous les continents où elle est référencée dans 150 pays, est-il précisé. Son champ d'action s'étend aussi au photovoltaïque où il sr positionne actuellement en tant qu'intégrateur de centrales solaires opérant aux côtés de Géneral du Solaire.

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Cette "diversification", engagée en 2009, répond à une stratégie de mix énergique hydro-solaire pour garantir à ses clients, opérateur de centrales, une production constante d'énergie, au meilleur coût. A ses côtés, DT International commercialise notamment des produits technologiquement innovants, telle une solution d'éclairage public et privé alimentée par l'énergie solaire. Cet associé présenterait l'avantage de faciliter la conquête du marché suisse, de plus en plus orienté vers les énergies propres.

Des investissements à Lannion

Ce consortium, qui pourrait se renforcer en accueillant d'autres actionnaires minoritaires participant au capital de New Sillia, la future société de reprise, envisage d'investir 500 000 euros à Lannion afin d'améliorer la fiabilité et productivité des lignes de production, d'ici à la fin 2017. Le repreneur, qui veut élargir ses gammes de produits, a pour objectif de faire de ce site breton la vitrine de son savoir-faire dans le solaire et de le doter d'un laboratoire de R&D. Il émet, entre autres, comme réserve à son offre un carnet de commandes qui ne doit pas être inférieur à 120 MW et l'obtention d'une ligne de financement de 2,5 millions d'euros pour assurer les besoins en fonds de roulement. Il débourse 100 000 euros pour acheter un périmètre d'actifs supérieur à Recom Italia.

Vénissieux

Ces plans dits de cession peuvent encore s'améliorer d'ici au 14 juin date à laquelle la juridiction commerciale lyonnaise se penchera une nouvelle fois sur ce dossier. Rendra-t-elle son jugement ce jour-là ? Ce qui ouvrirait alors un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) concernant les 130 employés de Vénissieux, dont 128 anciens collaborateurs de Robert Bosch France à qui l'équipementier allemand s'est engagé à verser des primes extra-légales. C'est le 14 juin 2014 que Sillia, société d'origine bretonne dirigée par Bruno Cassin a pris les commandes ce qui était l'unité Bosch Solar de Vénissieux, à l'arrêt depuis plusieurs mois. Cette reprise a été émaillée de difficultés de toutes sortes, opérationnelles, commerciales et financières.

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