Triporteurs électriques : Kleuster accélère en rejoignant Jean Lain Automobiles

Cet été, Kleuster, le fabricant lyonnais des triporteurs à assistance électrique commercialisés sous la marque Freegônes, a rejoint le giron du groupe de distribution automobile savoyard Jean Lain. Une nouvelle étape dans l’évolution de cette société axée sur les nouvelles mobilités, qui devrait lui permettre d’accroître considérablement la production et la distribution de son produit "100 % made in France".

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Le triporteur Freegônes se décline en quatre gammes : street food, livraison, espaces verts et propreté. Il est capable « de monter des pentes de plus de 16% avec une charge utile de 350kg tout en disposant de 80km d’autonomie. »
Le triporteur Freegônes se décline en quatre gammes : street food, livraison, espaces verts et propreté. Il est capable « de monter des pentes de plus de 16% avec une charge utile de 350kg tout en disposant de 80km d’autonomie. » (Crédits : Kleuster)

C'est l'histoire d'une petite société de la métropole lyonnaise, qui grandit en s'appuyant sur le besoin de ses utilisateurs. Fondatrice de la marque Kleuster, la société EMD, créée en 2012 à Champagne au Mont d'Or (Rhône), a eu l'idée de lancer une gamme de triporteurs à assistance électrique, Freegônes, qu'elle conçoit et commercialise.

Une gamme qui est née en auditant les besoins de ses futurs utilisateurs : "Le triporteur à assistance électrique était intéressant, parce que ça n'existait pas encore sur le marché, et cela répondait aux besoins des utilisateurs. On a aussi été les premiers à fournir le loueur de camions frigorifiques Petit Forestier et, en fonction des retours, on s'est adaptés", raconte Gérard Têtu, fondateur d'EMD et de Kleuster.

La compagnie a d'abord tenté de réaliser une levée de fonds de 3 millions d'euros pour industrialiser et structurer ses équipes (SAV, pièce détachée, distribution). Celle-ci n'aura finalement pas abouti, l'un des partenaires financier étant trop affaibli par la crise sanitaire actuelle.

Gérard Têtu alors placé son entreprise en redressement judiciaire, en attendant d'être repris. "Nous avons finalement été contactés par Jean Lain Automobiles, qui dispose d'un réseau très structuré et assure tous les services centraux. C'est un distributeur performant et nous profitons de cette dynamique." Le groupe automobile savoyard Jean Lain a donc racheté les actifs d'EMD et a créé la société Kleuster SAS, dont Gérard Têtu demeure le directeur général, pérennisant ainsi le nom de la marque.

Une alliance pour mieux "préparer l'avenir"

En 2019, le concessionnaire Jean Lain Automobiles (1.600 collaborateurs) a généré 840 millions d'euros de chiffre d'affaires, vendu près de 34.000 véhicules et enregistré plus de 220.000 entrées en atelier. Des moyens humains, techniques et financiers qui devraient donc lui permettre d'accélérer l'activité de Kleuster, qui bénéficiera ainsi "de tout le support et l'expertise du groupe, dans divers domaines tels que la commercialisation et la distribution, le service après-vente, le marketing et bien d'autres", détaille le communiqué de presse.

De son côté, Jean-Michel Lain, le dirigeant du concessionnaire automobile, déclare : "Nous sommes très heureux d'accueillir Kleuster au sein de Jean Lain Automobiles et d'apporter tous nos moyens et notre expertise pour le développement de cette startup, qui propose une solution adaptée à des problématiques concrètes. Notre secteur d'activité, la mobilité au sens large, est en pleine mutation et Kleuster nous permet de prendre un nouveau virage indispensable pour préparer l'avenir."

En effet, le triporteur à assistance électrique du lyonnais Kleuster vise à répondre aux enjeux de la mobilité, et aux nouvelles normes environnementales toujours plus exigeantes, qui visent le sans bruit et le zéro émissions. Le Freegônes peut même se faufiler dans les petites rues, les zones à faible émission de CO2 (ZFE), mais aussi les espaces piétons, pistes cyclables, voies sur berge ou encore parcs et jardins... Il se décline en quatre gammes : street food, livraison (possible avec un caisson frigorifique), espaces verts et propreté (avec une benne). Le triporteur est ainsi capable "de monter des pentes de plus de 16% avec une charge utile de 350 kgs, tout en disposant de 80km d'autonomie."

Objectif 1.000 unités par an d'ici 2025

Depuis sa reprise, la société s'est remise en ordre de marche : l'équipe en a profité pour renforcer ses rangs, avec l'arrivée d'un directeur commercial, Yannick Boulch, et d'un directeur technique, Pierre Louis Dumas. "Nous allons également recruter un ingénieur et un technicien, tandis que nous recherchons un bâtiment à Lyon pour y installer nos bureaux, un atelier de réparation et un showroom", annonce Gérard Têtu qui espère constituer une équipe d'une quinzaine de personnes d'ici 2025.

Le directeur général affiche ses ambitions : atteindre les 2,6 millions de chiffre d'affaires en 2021, et près de 18 millions d'euros dès 2025 ! Première étape pour parvenir à cette cible : accélérer la production et sortir 120 Freegônes d'ici le premier trimestre 2021. Après avoir mis 80 véhicules en circulation depuis fin 2014, Kleuster voit grand et vise les 1.000 unités par an à l'horizon 2025. "Notre objectif est davantage de les louer, que de faire des ventes sèches", explique Gérard Têtu.

Un produit 100 % made in France

Pour assurer sa production, Kleuster travaille déjà avec Lamberet, une entreprise basée dans l'Ain, chargée de la partie frigorifique de ses triporteurs de livraison. Saint Jean Industries, de Belleville-en-Beaujolais (Rhône), assurera quant à elle la production des châssis et des cabines. "Pour le reste, on travaille avec des sous-traitants variés, mais français." Gérard Têtu mise sur cette production franco-française pour convaincre de nouveaux prospects.

Actuellement, Kleuster compte déjà une trentaine de clients au sein de son portefeuille. Et vise notamment les collectivités territoriales et, pourquoi pas, la Région Auvergne Rhône-Alpes. Bien ancré dans son environnement, l'entreprise a aussi intégré le Cluster régional des Mobilités Actives et Durables (MAD) qui a vu le jour en juin dernier. "C'est important d'aller chasser en meute", témoigne Gérard Têtu, dont les ambitions internationales sont tournées vers l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne.

Après avoir réussi son intégration au sein du groupe Jean Lain, Kleuster devra ensuite s'atteler à aligner sa production avec les besoins du service commercial. "Avoir un bon timing entre les triporteurs que l'on produit, et ce que l'on mettra en location. La gestion des équilibres constituera une grosse partie de la réussite".

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