Comment le Médipole Lyon-Villeurbanne réinvente l'offre hospitalière

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L'entrée du Médipole Lyon Villeurbanne
L'entrée du Médipole Lyon Villeurbanne (Crédits : DR)
Dépassant l'éternel clivage mutualiste/privé, sept établissements de santé de la métropole de Lyon sont désormais regroupés sur un seul site de 5 hectares à Lyon-Villeurbanne. Ils font le pari de la mutualisation des moyens et de la complémentarité des soins pour faire face aux nouvelles exigences du secteur.

Dès son ouverture, ce mercredi 2 janvier après-midi, le premier bébé du Médipôle Lyon-Villeurbanne a pointé le bout de son nez tandis que le premier patient inaugurait le plateau technique. Ce jeudi matin, le service des urgences entrait dans la danse. Suivront, tout au long du mois de janvier 2019, l'ouverture du service SOS Main, de dialyse, de médecine et enfin de l'hôpital de jour. Au total 

Cette ouverture progressive se joue au rythme régulier du transfert des activités d'une partie du groupe Capio dans la région (Clinique du Tonkin, Clinique du Grand Large) et de celles du groupe mutualiste lyonnais Resamut (Clinique Mutualiste de Lyon, Clinique de l'Union, SSR Les Ormes, SSR Pédiatrique de la FougeraieSSR Centre Bayard).

Ensemble, les deux opérateurs disposent, sur un site de 5 hectares, de 740 lits, 1 500 collaborateurs, 250 praticiens qui interviennent dans quasiment toutes les disciplines (urgences, médecine, chirurgie, dialyse, maternité, pédiatrie, soins de suite et réadaptation, imageries et analyses médicales). Et devraient assurer la prise en charge de 2 800 naissances, 40 000 urgences, 40 000 séances de dialyse, 28 500 séjours d'hospitalisation complète et 250 000 consultations par an.

Partenariat privé/mutualiste

Lancé en 2012, à l'orée d'un appel à projets de l'Agence Régionale de Santé (ARS) visant à moderniser l'offre hospitalière, ce projet de rapprochement (investissement global : 200 millions d'euros) entre le groupe d'origine suédoise, récemment racheté par Ramsay Générale de Santé, premier groupe privé paneuropéen d'hospitalisation (36 000 salariés, 8 600 praticiens dans le monde) et l'Union mutualiste Resamut, qui regroupe les établissements mutualistes sanitaires et médico-sociaux de la région lyonnaise (1300 salariés, 110 millions de chiffre d'affaires pour l'activité santé) reste inédit en France. 

Si chacune des entités conserve son autonomie juridique et ses spécificités (médecins salariés pour le mutualiste, médecins libéraux pour l'hôpital privé, par exemple), une structure de coopération (de type GIE) a été créée pour gérer les activités communes, comme l'hôtellerie, la maintenance ou la pharmacie. "Ce sont des clés de répartition, comme dans une colocation", explique Nicolas Carrié, directeur général Capio Médipôle Hôpital Privé.

À la tête du Médipôle, une organisation bicéphale, égalitaire, portée par un duo Marie Mancila, directrice générale du Médipôle (pour l'Hôpital Mutualiste) et Nicolas Carrié, (pour l'Hôpital Privé).

"Nous avons imaginé une gouvernance consensuelle, à égalité des voix. Cela signifie que nous devons tomber d'accord sur les décisions à prendre. Cela a été long et difficile, mais aujourd'hui tout va bien", rassure Marie Mancila.

À tel point, que Ramsay, comme la Mutualité, s'intéresse de plus en plus à cette nouvelle organisation.

"Je sais qu'il y a d'autres sites en France qui ont amorcé quelques réflexions...", glisse Antoine Catinchi, le directeur général de Resamut.

Collaborations innovantes

Pour des questions légales - la législation actuelle sur le fonctionnement des établissements de santé ne permet pas de faire autrement - cohabiteront deux commissions médicales d'établissement, les médecins libéraux collaboreront avec les médecins salariés et le personnel médical, tout comme les collaborateurs administratifs et techniques. Ils travailleront d'ailleurs tous sous la bannière (et l'uniforme) du Médipole.

"Il ne s'agit plus de raisonner en matière de structure, mais bien en parcours de soin pour le patient. Un parcours transparent et fluide pour ce dernier, qui n'aura pas à se soucier de ces différentes entités", poursuit Marie Mancila.

Avant cet emménagement commun, l'ensemble des structures a réévalué les conditions salariales de ses collaborateurs assurent les deux partenaires. "La question du statut des médecins n'est d'ailleurs jamais arrivée sur la table", indiquent-ils.

"Nous comptons sur la synergie entre les médecins, nous ne pratiquons pas les mêmes activités. À nous la médecine, les urgences, la maternité et les soins de suite ; à eux les spécialités médicales, la chirurgie, etc. Nous allons bénéficier de l'expertise de chacun", s'enthousiasme Yves Mataix, directeur médical du Médipôle Hôpital Mutualiste. Ce que confirme Gérard Guichard, président de la CME de la Clinique du Tonkin.

En complément du site principal, trois maisons médicales de consultations ouvriront au cours de l'année 2019 : un bâtiment des consultations Resamut (sur le site du Médipole), un pôle médical au sein du Grand Large - OL City (mai 2019) et une maison médicale des médecins issus du Tonkin (en décembre 2019).

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