Auvergne Rhône-Alpes décroche le congrès mondial de la robotique 2021

C'est sur une note d'espoir que s'ouvre ce début d'année, puisque le congrès de robotique Global Robotic Cluster (GRC), rassemblant 20 clusters de la filière venus du monde entier, se prépare à se tenir en septembre prochain en Auvergne Rhône-Alpes, sous l'égide du cluster Coboteam. L'occasion de valoriser la filière régionale, qui regroupe près de 500 entreprises, et de valoriser les opportunités offertes par la crise.

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Avec la crise du Covid-19, des robots ont ainsi été adaptés sur de nouveaux métiers, comme le XuP-Steri A de Meanwhile, qui se propose de désinfecter l'air d'un espace clos.
Avec la crise du Covid-19, des robots ont ainsi été adaptés sur de nouveaux métiers, comme le XuP-Steri A de Meanwhile, qui se propose de désinfecter l'air d'un espace clos. (Crédits : DR)

On le sait peu, mais la région Auvergne Rhône-Alpes se pose comme un poids lourd en matière de robotique industrielle : son cluster, Coboteam, impulsé par le centre expert des métiers de l'innovation Thésame, s'élève même au rang de premier cluster européen, en termes de taille, avec près de 500 entreprises référencées et près de 18.000 salariés pour 3 milliards d'euros de chiffre d'affaires cumulé.

"En Auvergne Rhône-Alpes, nous disposons d'une filière avec une vraie compétence autour de l'intelligence artificielle. Nous représentons ainsi un acteur non négligeable sur le plan mondial", analyse André Montaud, le directeur sortant de la plateforme d'innovation en Auvergne-Rhône-Alpes Thésame, à l'initiative du cluster robotique Coboteam. Car à l'issue d'un parcours de 20 ans à la tête de Thésame, ce dernier vient de remettre les rênes de Thésame et du cluster Coboteam à une nouvelle direction collégiale, qui sera déployée et annoncée courant janvier.

Il se souvient de chacune des étapes ayant abouti à la création de cette filière :

"Nous avons fondé le congrès de robotique Global Robotic Cluster (GRC) en 2017. Au début, nous étions quatre clusters : un en Corée du Sud, deux aux Etats-Unis et nous en France. Aujourd'hui, ce congrès regroupe 20 clusters mondiaux de robotique, allant de la Silicon Valley à la Nouvelle Zélande", développe André Montaud.

Les objectifs du GRC résident à la fois dans le partage de bonnes pratiques entre les différents clusters au niveau mondial mais aussi dans la possibilité d'adresser, ensemble, les principaux défis du secteur. "Le but est aussi que chacun puisse apporter aux autres ses compétences et ses réseaux", ajoute-t-il.

Tous les ans, au mois de novembre, leur congrès se tenait jusqu'ici en Corée et avait même été organisé en virtuel cette année. "Nous étions pratiquement 400 participants issus de 18 pays différents".

Mais dès l'an prochain, il aura lieu en Auvergne Rhône-Alpes, selon un choix arrêté après plusieurs étapes de sélection : "Il y a d'abord eu plusieurs visites de nos homologues sud-coréens, puis des échanges informels avec les clusters les plus influents (Silicon Valley, Singapour, Russie), suivies de présélections sur la dernière année avant le vote final de la mi-novembre, où Coboteam a remporté 60% des suffrages", indique André Montaud.

Trois étapes en région AuRA

Ce qui a joué en faveur de la région Auvergne Rhône-Alpes ? Sa très forte concentration d'acteurs issus de la robotique et des systèmes associés (intelligence artificielle, automatisme, IoT, mécatronique, etc) mais également, les synergies possibles avec deux autres grands salons lyonnais : le Sido et le Global Industries. "Nous sommes d'ailleurs en discussions avec eux sur la partie conférences", glisse André Montaud.

Le Global robotic cluster (GRC), qui regroupe les plus grands clusters de robotique du monde, fait ainsi le pari du présentiel et souhaite se tenir, en septembre prochain, dans plusieurs villes de la région : à Lyon et Grenoble, mais aussi en Haute-Savoie.

"A Lyon, la rencontre sera couplée à un grand salon autour de la robotique tandis que nous aimerions compléter par une visite de grands sites comme Annecy pour la robotique industrielle (Staubli, Omron), Grenoble pour le volet recherche (Inria)", prévoit André Montaud.

Concernant les retombées économiques potentielles -non chiffrées pour l'instant-, il s'attend d'abord à une mise en lumière évidente en termes d'image, tout en précisant que "l'attractivité territoriale se joue sur la durée. Organiser un congrès comme celui-là représente en moyenne trois années de préparation".

Et même si le contexte sanitaire demeure, en ce début d'année, particulièrement complexe pour le domaine de l'événementiel, Coboteam fait le pari que le mois de septembre sera plus sûr. "Bien entendu, la date a pesé dans notre sélection finale et nous avons bâti une partie de notre argumentaire sur la sécurité que représentait une date après l'été".

Reste que selon lui, la région n'a rien à envier à ses homologues en Corée du Sud ou même aux Etats-Unis : "La filière robotique présente en Auvergne Rhône-Alpes rayonne déjà mieux sur la scène internationale que nationale. Nous avons sur place tout ce qu'il faut pour inciter des entreprises à venir s'installer sur le territoire", estime-t-il.

Une filière boostée par le Covid-19

Reste que la crise de la Covid-19 pourrait représenter elle aussi une opportunité pour une filière encore en en plein développement :

"La crise a été un vrai tremplin pour l'utilisation de la robotique mobile dans la logistique des ateliers", reconnaît André Montaud.

Ainsi, au cours des derniers mois, des robots classiques ont été adaptés sur de nouveaux métiers, comme l'a fait le lyonnais Meanwhile avec son robot de désinfection qui diffuse des UVC permettant de tuer les virus par rayonnement et devenu utilisable dans les bureaux, les hôpitaux ou les aéroports par exemple.

D'autres robots de téléprésence mis en place dans les lycées par la Région, ont eux aussi été déployés durant le confinement au sein des Ehpads pour faciliter le lien entre les familles et les résidents.

Bien que pour l'heure, la filière soit encore très portée sur la robotique industrielle, André Montaud anticipe déjà des développements à venir dans le domaine des services, portés par des robots dits "collaboratifs", les "cobots".

"L'objectif sera de leur donner davantage d'intelligence de leur environnement, afin qu'ils puissent travailler au milieu des humains".

D'autres débouchés pourraient provenir de travaux actuels réalisés autour des exosquelettes : "On commence à voir arriver des exosquelettes hyperspécialisés qui permettent un gain de qualité de travail pour les opérateurs et une diminution des troubles musculo-squelettiques".

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Commentaire 1
à écrit le 06/01/2021 à 15:51
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C'est vrai que ça comprend st Etienne et Clermont-ferrand sans oublier la vallée du plastique, c'est bien normal.

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