Grenoble lance les concertations pour un projet de câble urbain

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Les légendaires bulles grenoboloises, pourraient en 2012 n'être plus le seul transport par câble de l'agglomération grenobloise.
Les légendaires bulles grenoboloises, pourraient en 2012 n'être plus le seul transport par câble de l'agglomération grenobloise. (Crédits : Fotolia)
Trois ans après la présentation d'un premier projet de transport par câble entre Fontaine et Lans-en-Vercors qui avait finalement avorté, la métropole de Grenoble lance une concertation publique pour un nouveau projet de câble urbain entre Fontaine et Saint-Martin-Le-Vinoux. Avec une mise en service à l'horizon 2021, ce projet s'insérerait cette fois au réseau de transport de la métropole grâce à un ticket unique.

"Un projet structurant à l'échelle métropolitaine". Le président de la métropole grenobloise, Christophe Ferrari, a voulu donner le ton lors de la présentation officielle d'un nouveau projet de câble qui pourrait devenir l'un des premiers transports par câble urbains de France. "Il s'agit d'un projet de câble urbain, sur une distance de 3,7 km, afin de relier Fontaine à Saint-Martin-le-Vinoux en passant par Sassenage et la Presqu'île de Grenoble", annonce le président de la métropole, qui souhaite intégrer ce mode de transport au réseau existant, grâce à un ticket et une tarification unique.

Le projet propose la desserte de quatre à cinq stations à compter de 2021, d'abord sur une plage horaire comprise entre 5h et 21h qui pourraient ensuite être extensibles. "Des aménagements pour transporter du frêt, notamment la nuit, peuvent même être envisagées par la suite", ajoute Yann Mongabru, vice-président délégué aux déplacements à Grenoble Alpes Métropole. Les élus tablent sur une fréquentation de 5000 voyageurs/jour dès la mise en service du métrocâble, et pouvant aller jusqu'à 8500 voyageurs/jour à compter de 2030, date de livraison de plusieurs projets immobiliers d'ampleur (Portes du Vercors, Presqu'île).

54 à 60 millions d'euros d'investissements

Le budget prévisionnel s'élèverait entre 54 et 60 millions d'euros, en fonction des options et du nombre de stations retenues. "Nous allons soumettre chacune des options à la concertation et à l'avis des habitants, avec un outil de dataconception qui leur permettra de mieux visualiser l'impact de chacune des options", annonce Yann Mongabru.

Si le financement reste encore à boucler, la métropole a déjà obtenu l'intégration de ce projet au sein du Contrat État-Plan Région. Christophe Ferrari s'engage également à "rechercher tous les financements possibles pour mettre en place des co-financements, que ce soit à travers le programme Ecocité, ou des ressources comme le fond européen Feder". D'après le maire de Saint-Martin-le-Vinoux, Yannik Ollivier, la possibilité de mettre une station au Pont d'Oxford -qui deviendrait ainsi la première zone industrielle de France à être desservie par une liaison câblée-, est une option qui sera par exemple conditionnée à la prise en charge des investissements par des partenaires privés.

Un changement d'ère ?

On est donc loin du premier projet de liaison par câble, lancé en grande pompe par l'équipe de Marc Baïetto entre Fontaine et Lans-en-Vercors en  2012, et qui avait suscité une levée de boucliers de la part des habitants et des municipalités concernées. La volonté affichée est désormais celle d'un câble au périmètre urbain, et dont toutes les étapes de la réalisation seront soumises à la concertation.

Poma 2

Après avoir réalisé des transports urbains au Brésil ou aux États-Unis, Poma pourrait être bien placé pour décrocher ce contrat dans sa ville d'origine.

Les élus misent beaucoup sur les atouts de ce moyen de transport qui renaît de ses cendres, après l'ère des télésièges de montagne : "Il s'agit d'un mode de transport fiable, doux, silencieux, et qui s'appuie sur une forte expertise industrielle développée localement", affirme Christophe Ferrari, qui cite notamment les avancées réalisées en la matière par le leader mondial du transport par câble Poma, dont le siège est basé à Grenoble.

Une décision d'ici fin 2015 ?

"La concertation permettra de mesurer quels sont les avantages de ce métrocâble en le comparant à une autre solution que pourrait être le lancement d'une ligne de bus Chrono", précise Yann Mongabru, qui précise que l'objectif est bien de diminuer le temps de trajet face à d'autres moyens de transport tels que le bus, la voiture ou encore le vélo.

Dès lundi 5 octobre, la métropole grenobloise lancera donc une série d'actions visant à recueillir les avis des citoyens sur ce projet, à travers la tenue de trois ateliers publics, de sept expositions et d'un registre d'expression en ligne. "Le recueil de ces expressions fera ensuite l'objet d'un bilan de concertation qui viendra enrichir le projet qui pourrait être présenté en délibération d'ici la fin de l'année", s'engage Marie-Josée Salat, vice-présidente à la participation citoyenne de Grenoble Alpes Métropole.

Une initiative qui pourrait mettre en lumière Grenoble sur la scène nationale, aux côtés de la ville de Brest qui vient de donner en septembre dernier le feu vert au lancement des travaux d'un téléphérique urbain par le groupe Bouygues, et dont la mise en service est prévue en septembre 2016. En Rhône-Alpes, la ville de Chambéry aurait également fait des démarches en ce sens.

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Commentaires
a écrit le 03/10/2015 à 10:03 :
Vous semblez ignorer les longues périodes d'entretien qui interrompront le trafic ainsi que les périodes à fort vent qui fera de même. Encore une utopie avec les impôts des grenoblois qui devraient se souvenir des vaines promesses et coûts des JO 68.
La dette sera pour eux longtemps.
a écrit le 03/10/2015 à 9:59 :
Un échec en perspective aux frais des contribuables (voyez les échecs Poma à Lisbonne ou entre Orly - Roissy qui n'a toujours pas commencé son exploitation).
On vous vend Poma entreprise italienne à capitaux américains en vous faisant croire à un produit local pour obtenir l'adhésion des population encore une erreur.La v raie solution aux problèmes de transports d'aujourd'hui et de demain, passe par le rail mais aérien. Un aéro-tramway presque silencieux à faibles emprise au sol, sans carrefour ni mélange des genres que l'on peut automatiser aisément, permettant même des échoppes en dessous et permettant de l'affichage donc un gain supplémentaire à la régie si quelqu'un se plaignait que l'on puisse voir chez lui.
a écrit le 02/10/2015 à 18:17 :
Bonjour; une belle innovation et un progrès formidable pour les populations concernées par ce projet d'avenir (déjà développé dans de nombreux pays: Barcelone, NY, Koblenz, Bolzano, ...) !
C'est en en effet un moyen rapide, très fiable et performant (fréquence des cabines), silencieux, sans encombrement au sol, très économique au coût kilométrique < 5 centimes d' euros (amorti sur 25 ans) / Km / personne transportée, accessible à tous publics (y compris PMR) et réalisable sur un délai court...
De surcroît, c'est une entreprise Française à Grenoble, qui bénéficie d'une notoriété et d'une expérience mondialement reconnue...
Bravo pour les élus et décideurs qui se remettent en cause, pour le service public du transport urbain...
a écrit le 02/10/2015 à 18:02 :
Légende photo à corriger 2021 au lieu de 2012...

Ce type de projet revient régulièrement dans l'agglo grenobloise. Je me souviens d'un projet de télécabine Gières-Uriage-Chamrousse au début des années 2000. Déjà des associations de riverains (Venon) s'étaient montées. Rien de nouveau sous le soleil. De l'eau va couler sous les bulles avant qu'un tel projet aboutisse. En attendant la rocade sud et le Rondeau sont congestionnés.

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