Medtech : Le GPS pour la radiologie interventionnelle d'Imactis s’envole aux Etats-Unis

Après avoir commercialisé son système de navigation pour le domaine de la radiologie interventionnelle en France, la medtech iséroise Imactis vient de réaliser sa première vente aux Etats-Unis. Un premier pas qui en appelle d'autres sur un marché qui pourrait s'avérer déterminant pour le jeune pousse.

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Le système CT-Navigation d'Imactis permettra à l'UW Health d'assister les professionnels de santé, en vue de réaliser certains actes du domaine de la radiologie interventionnelle percutanée.
Le système CT-Navigation d'Imactis permettra à l'UW Health d'assister les professionnels de santé, en vue de réaliser certains actes du domaine de la radiologie interventionnelle percutanée. (Crédits : DR)

Elle compte déjà 50 stations installées en Europe (dont une trentaine en France), avec plus de 6 000 interventions réalisées. Spécialisée dans la conception de solutions de navigation destinés aux médecins pour la radiologie interventionnelle, la medtech iséroise Imactis, se prépare désormais à une nouvelle étape de déploiement.

Fondée en 2009 à Grenoble par Lionel Carrat et Stéphane Lavallée (avec le soutien du Professeur Ivan Bricault du CHU de Grenoble), la société a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 600 000 euros pour 15 salariés, et enregistre désormais une croissance "à trois chiffres", avec près de 25 salariés.

Après avoir obtenu un marquage CE en 2013, puis une homologation de la part de la FDA (Food & drug administration) l'an dernier, elle vient de conclure la première vente de son système CT-Navigation sur le territoire américain avec le centre médical universitaire de l'Université du Wisconsin, l'UW Health.

"Cet hôpital universitaire est l'un des 10 centres les plus reconnus aux Etats-Unis. Après huit semaines d'installation, on dénombre déjà près de 60 interventions réalisées avec notre technologie", se félicite Georges Tabary.

Le nouveau CEO, arrivé aux commandes en début d'année pour conduire la stratégie à l'international de la jeune pousse, oeuvre aux côtés du cofondateur Lionel Carrat, qui demeure l'actuel CTO.

Une assistance à la radiologie interventionnelle

Le système CT-Navigation d'Imactis permettra ainsi à l'UW Health d'assister les professionnels de santé lors de la réalisation d'actes médicaux dans le domaine de la radiologie interventionnelle percutanéeUne sorte de GPS médical, qui, en planifiant plus précisément la trajectoire optimale de l'aiguille, est susceptible d'être utilisé au sein d'un grand nombre de spécialités médicales nécessitant une intervention accompagnées par un scanner (biopsies profondes, ablations, vertébroplasties ou encore oncologie interventionnelle, etc).

"Nous apportons ainsi une solution facile et intuitive à mettre en œuvre, qui constitue un maillon manquant de la chaîne, puisqu'il n'existait aucun autre outil aussi précis qui permette de planifier le geste. Il ne s'agit pas d'un robot, mais bien d'un système de guidage, où l'acte d'enfoncer une aiguille demeure le privilège du médecin", indique Georges Tabary.

Si le montant global de ce contrat n'a pas été communiqué, Imactis table sur la vente de ses systèmes de navigation pour un coût unitaire de près de 150 000 dollars, ainsi que la fourniture de consommables (400 dollars/pièce), couplés à des contrats de maintenance annuelle.

"Un centre de référence" pour les Etats-Unis

Alors que son système est déjà implanté dans plusieurs dizaines de centres anticancer, hôpitaux universitaires et cliniques privées en Europe, Imactis a choisi de se tourner vers le territoire américain, "qui représente l'un des plus grands marchés de notre domaine, et où les structures sont toujours à la recherche de technologies pour faciliter le travail des médecins", affirme Georges Tabary. D'après lui, près de 2000 établissements américains pourraient ainsi bénéficier de cette technologie.

Pour autant, l'homologation FDA n'a pas été sans défis :

"Il existe, aux Etats-Unis, de très grandes préoccupations autour des cyber-attaques que pourraient subir les hôpitaux. Comme notre technologie comprend une station de travail connectée afin d'importer des images de scanner, nous avons donc dû passer des tests de sécurité supplémentaires en vue d'obtenir cette homologation".

Afin de poursuivre son déploiement sur place, Imactis vient de mettre sur pied une filiale aux Etats-Unis, comprenant un directeur commercial et un ingénieur d'application, et se prépare à installer un second appareil au sein d'un autre centre renommé, basé en Floride, d'ici la semaine prochaine.

La société mise également sur sa première implantation au sein de l'Université du Wisconsin afin qu'elle devienne elle-même un "centre de référence", en vue de présenter le fonctionnement de sa technologie à de nouveaux médecins.

Les défis des prochains mois

Mais les Etats-Unis ne sont pas le seul pays dans le viseur d'Imactis.

"Nous sommes également en train d'étudier une porte d'entrée en Asie, et notamment au Japon, qui représente un marché plus homogène que la Chine, avec un environnement réglementaire plus facilement maîtrisable", annonce Georges Tabary.

Pour cela, la société pourra compter sur plusieurs brevets en propre, ainsi que sur une levée de 3M€, menée en 2017 au cours d'une opération de venture-capital, et qui visait à l'aider à conduire le déploiement de ses ventes à l'international.

En parallèle, Imactis aura aussi un autre défi à relever sur la scène nationale, où des discussions ont été lancées avec les autorités de santé afin que son système de navigation puisse être remboursé aux établissements qui choisiraient de s'en équiper.

"Aujourd'hui, notre seul frein à la croissance en France reste le non-remboursement de ce dispositif. Car il existe déjà des forfaits à l'acte, mais qui ne prennent pas en compte les spécificités de cette nouvelle technologie".

D'après une étude de marché commanditée par la société à Grenoble Ecole de Management, on dénombrerait ainsi en France près de 300 centres de santé susceptibles d'être intéressés par le système CT-Navigation d'Imactis, avec une croissance de 10% par année, principalement en raison de la croissance du nombre d'actes dans ce domaine.

Le dirigeant se dit confiant, en rappelant les "bénéfices socio-économiques" de la radiologie interventionnelle.

"Elle s'avère moins coûteuse que la chirurgie traditionnelle, moins lourde et moins invasive. Dans ce contexte, bénéficier de plus de sécurité et de guidage représente un bénéfice important", ajoute-t-il.

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