Memo Bank : le nouveau trublion de la banque des PME s’installe à Lyon

 |  | 1314 mots
Lecture 7 min.
La néobanque professionnelle Memo Bank vient de recruter deux chargés d'affaires à Lyon et s'installera officiellement dans le quartier Part-Dieu courant 2021.
La néobanque professionnelle Memo Bank vient de recruter deux chargés d'affaires à Lyon et s'installera officiellement dans le quartier Part-Dieu courant 2021. (Crédits : DR)
Quelques mois après l’obtention de son agrément bancaire, la néobanque professionnelle Memo Bank – soutenue notamment par Xavier Niel, le fonds BlackFin Capital Partners ou encore Bpifrance- officialise sa première implantation à Lyon. Elle compte sur ce premier bureau régional, qui sera situé dans la tour Silex 2 de la Part-Dieu, pour déployer une offre "bâtie pour et par des entrepreneurs", qui vise à séduire d’ici quatre ans près de 4.000 PME à l’échelle nationale.

Depuis cet été, l'un des trois cofondateurs de Memo Bank s'est installé discrètement à Lyon. De quoi préparer l'entrée sur le marché régional de celle qui se revendique désormais comme la première néobanque professionnelle à l'échelle du territoire français.

Alors que les néobanques et fintechs sont nombreuses à déployer leurs ailes depuis quelques mois à travers l'Hexagone, Memo Bank affiche un positionnement qui se veut différenciant et inédit sur ce marché :

« Nous sommes les seuls à couvrir l'ensemble des besoins des entreprises et notamment en matière de financement, là où les autres néobanques ne proposent généralement qu'un compte courant aux professionnels. Contrairement à ces dernières également, nous employons de véritables banquiers et des chargés d'affaires qui savent ce qu'est un compte de résultat (soit environ un tiers de ses effectifs, ndlr), et pas uniquement des développeurs ou des professionnels du développement web », souligne Michel Galibert, l'un des trois co-fondateurs.

Avec près d'une 50 aine de salariés, la jeune pousse, fondée en 2017 par trois associés (ex-dirigeant de le plateforme de réservation en ligne Captain Train) s'est d'abord présentée sous le nom de Margo Bank. Avant de le troquer, au printemps dernier, pour une dénomination plus internationale, Memo Bank.

« Notre projet a fédéré plusieurs entrepreneurs qui ont investi dans le projet pour créer une banque qui leur ressemble », résume-t-il. Parmi eux, on compte des business angels (Xavier Niel pour Iliad, Marc Simoncini pour Meetic, Jacques-Antoine Granjon et Vente privée, etc) ainsi que des fonds d'investissement (BlackFin Capital Partners, créé par les fondateurs de Fortuneo ou encore Daphni, cofondé par Marie Ekeland), ainsi que Bpifrance.

« Au total, nous avons réalisé deux levées de fonds, une de 6,4 millions d'euros au démarrage et une seconde de 20 millions d'euros pour constituer le capital de départ nécessaire à attester de notre assise financière, en vue d'obtenir notre agrément en juin dernier », confirme Michel Galibert.

Lyon comme prolongement « naturel » à Paris

Et quelques mois après son lancement à Paris en septembre, Memo Bank a « tout naturellement » décidé de débarquer assez rapidement sur le marché lyonnais. « Cela tombait sous le sens, et était anticipé dès notre création compte-tenu de la forte densité des entreprises qui sont présentes sur ce bassin. Car la région est particulièrement bien dotée en matière d'industrie, mais aussi de services », illustre Michel Galibert, qui sera ainsi chargé de chapeauter le développement du marché lyonnais, et plus largement auralpin.

Car pour adresser un territoire qui se place comme la 2e région économique de France après Paris, la jeune pousse voulait miser sur la proximité. C'est pourquoi elle a recruté deux chargés d'affaires locaux sur place, et ouvrira au 3e trimestre 2021 son premier bureau régional au cœur du quartier d'affaires de La Part Dieu. Memo Bank a en effet choisi de s'implanter au sein de l'espace de bureaux Wellio, actuellement en cours de construction au sein de la tour Silex 2, ce qui lui permettra de bénéficier « d'une offre modulable en fonction des besoins ». Quelques recrutements pourraient encore se dessiner, en fonction des résultats qu'enregistrera l'entreprise sur place.

Un symbole qui est appelé à en générer d'autres : « Nous visons à terme à ouvrir des centres d'affaires dans toutes les grandes métropoles de France, comme Bordeaux, Nantes, Lille, ou encore Toulouse », ajoute le co-fondateur.

Pour autant, pas question de songer à y déployer ensuite un maillage d'agences, comme c'est le cas pour une banque traditionnelle : les bureaux régionaux de Memo Bank se veulent comme le point d'ancrage d'un dispositif plus large, qui comprend à la fois une offre en ligne, des visites menées par ses chargés d'affaires directement au sein des entreprises, ainsi que des possibilités de prise de rendez-vous sur son siège régional.

Le marché des PME, un segment jusqu'ici « mal adressé »

Lors de son lancement, Memo Bank a insisté sur son positionnement de « première banque indépendante créée en France depuis 50 ans ». Son objectif ? Accompagner les PME dont le chiffre d'affaires est supérieur à 2 millions d'euros et qui comportent au moins 10 salariés.

« Nous ne visons pas le marché des micro-entrepreneurs et travailleurs indépendants, qui sont déjà adressés par d'autres acteurs comme Shine, Anytime, etc. Nous nous intéressons aux PME qui rencontrent des problématiques de développement et qui ont besoin d'avoir un interlocuteur expert face à eux », explique Michel Galibert.

Et contrairement à d'autres fintechs, pas question d'aller vers du 100% digital... Ce nouvel entrant a au contraire fait le choix d'allier l'automatisation de certaines tâches administratives répétitives, associé à un service toujours fondé sur l'interaction humaine, en garantissant par exemple un chargé d'affaire dédié à chaque entreprise.

« Nous avons trouvé que sur ce segment, l'offre des nouveaux acteurs ne correspondait pas bien aux besoins de ces PME, tandis que les banques traditionnelles n'arrivaient pas à bien adresser cette typologie de clients non plus, compte-tenu du poids des règles de conformité qui est le leur », affiche le co-fondateur de Memo Bank, qui souhaite également se différencier en proposant une offre mobile « améliorée », à des chefs d'entreprise dont les niveaux d'exigences en matière d'outils et d'expérience-client « ont considérablement augmenté ».

La vision d'une néobanque pour conquérir tout ou partie

En repartant de zéro pour créer une véritable banque -disposant d'une autorisation de crédit notamment-, Memo Bank a ainsi suivi un long chemin de certification de trois années, lui permettant désormais de concurrencer les banques traditionnelles sur leur propre terrain.

Son offre de banque destinée aux professionnels, lancée en septembre dernier, intègre ainsi désormais la gestion d'un compte courant et des opérations de paiement et dépôts, ainsi qu'une offre de crédits moyen et long terme, comprenant le financement des besoins immatériels, comme les prêts destinés à la transition numérique.

Son argument commercial ? L'absence de frais de commissions de mouvement, avec un tarif qui se veut « tout inclus » dans son abonnement mensuel, compris entre 49 et 399 euros, en fonction de la formule retenue.

« Les entreprises savent ainsi très précisément ce qu'elles vont payer en fin de mois. Mais contrairement aux néobanques destinées à une clientèle des particuliers, qui proposent des gammes gratuites et tentent de se rémunérer sur les services additionnels, nous visons une clientèle de PME qui est capable de payer pour un service de qualité », estime Michel Galibert, qui y voit là un gage de la rentabilité de ce nouveau modèle.

Pour l'heure, le nouveau trublion de la banque dédiée aux PME ne propose cependant pas (encore) de compte en devises, ni de services d'affacturage ou de leasing, plus spécialisés.

Et s'il vise à conquérir des clients, il s'inscrit plus particulièrement dans le vent de « multibancarisation » qui grimpe au cours des derniers mois : « Les PME disposent généralement de deux à quatre établissements bancaires, en fonction de leur chiffre d'affaires, et l'objectif n'est pas nécessairement qu'elles passent à un seul compte. Nous ne nous plaçons pas dans une logique de concurrence frontale, mais en complément de l'offre existante », souligne le co-fondateur de Memo Bank.

Avec la conviction cependant que la crise actuelle pourrait faire effet de tremplin pour ses initiatives comme la sienne, à l'échelle locale comme nationale : « Cette crise l'a encore démontré, la numérisation touche aujourd'hui l'ensemble des secteurs de l'économie, si bien que toutes les entreprises ont donc besoin de se digitaliser et de digitaliser leurs opérations ». A Paris et à Lyon, Memo Bank se trouve donc déjà sur la ligne de départ.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :