A Lyon, Odiora veut monter un atelier de production éphémère de masques

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Fabriqués pour l'instant dans quatre ateliers de la région lyonnaise, trois à Lyon et un à Bourgoin-Jallieu, Odiora a déposé un dossier auprès du Comité interministériel du handicap (CIH) visant à mettre sur pied un atelier éphémère.
Fabriqués pour l'instant dans quatre ateliers de la région lyonnaise, trois à Lyon et un à Bourgoin-Jallieu, Odiora a déposé un dossier auprès du Comité interministériel du handicap (CIH) visant à mettre sur pied un atelier éphémère. (Crédits : DR)
La jeune pousse lyonnaise Odiora commercialise depuis le mois de mai des masques transparents, validés par les autorités. Submergée de commandes, elle vient de transmettre un dossier au Comité interministériel du handicap (CIH) en vue de mettre sur pied un atelier éphémère pour quelques mois.

Décorer des appareils auditifs grâce à des bijoux adaptés, tel était l'objectif de Nathalie Birault, lorsqu'elle a créé Odiora en 2015. "J'ai commencé en tant qu'auto-entrepreneuse, de manière très artisanale", raconte-t-elle.

Malentendante, elle avait commencé à personnaliser ses appareils pour mieux accepter ses implants cochléaires. Un jour, elle a offert l'une de ses fleurs à une petite fille malentendante. "Lorsque j'ai posé ce bijou sur son appareil, elle s'est redressée et a fait le tour de la pièce, en le montrant à tout le monde avec beaucoup de fierté. Je me suis rendue compte que ce n'était pas seulement un bijou, mais aussi un moyen de redonner confiance en soi lorsqu'on porte des appareils auditifs".

En juillet 2019, Nathalie Birault s'est associée à Bruno Savage, un ancien directeur commercial et logistique, et a transformé sa micro-entreprise en SAS. Les deux associés ont alors commencé à cibler les audioprothésistes pour vendre ces "bijoux".

Une vingtaine de prototypes

Mais en 2020, lorsque la crise sanitaire a commencé, l'activité bijoux a été très impactée. Nathalie Birault a alors eu une autre idée, là encore liée à son expérience personnelle : "Depuis que les gens portent des masques contre le coronavirus, j'ai été confrontée au problème de ne pas pouvoir lire sur les lèvres. J'ai alors créé un masque avec une fenêtre transparente pour mieux communiquer avec mon entourage". D'abord porté sur elle-même puis proposé à ses clients qui achetaient ses créations, l'idée a rapidement fait des émules.

Avec tout un travail sur l'ergonomie de ces masques, en échangeant notamment avec ses premiers clients sur le confort, la respirabilité, le lavage, etc. "Il y a eu une bonne vingtaine de prototypes différents", se souvient-elle. Finalement, elle est arrivée à un modèle définitif, qui a obtenu la validation de la Direction générale de l'armement (DGA). "C'est un assemblage de tissus avec du coton et du polyester, ainsi qu'une fenêtre en plastique, qui résiste au lavage à 60 degrés en machine", explique-t-elle.

Les masques, baptisés "Sourire", sont fabriqués dans quatre ateliers de la région lyonnaise, trois à Lyon et un à Bourgoin-Jallieu. Ces entreprises embauchent 80 % de personnes en situation de handicap, un point qui tient à cœur aux deux associés, tout comme l'implantation locale. "En produisant à Lyon, nous avons une empreinte carbone positive et un impact écologique limité, estime Bruno Savage. Nous pouvons également former beaucoup plus vite nos couturières et éliminer les défauts en temps réel, ce qui augmente la qualité". Une initiative qui témoigne qu'il est ainsi possible, "malgré le coût du travail", de faire des produits compétitifs en France, estime Bruno Savage.

20 000 unités vendues

Vendus entre 13 et 15 euros via le site internet d'Odiora, les masques séduisent désormais bien au-delà de l'entourage des personnes malentendantes. "Nous en avons déjà vendu 20 000 unités, mais les commandes s'emballent vraiment depuis les annonces du port du masque obligatoire dans les bureaux. De nombreuses sociétés font appel à nous pour retrouver une meilleure communication, une convivialité et des sourires dans l'espace de travail", souligne Bruno Savage.

Un succès qui dépasse les capacités de production actuelles de l'entreprise, qui tournent autour de 1500 à 1800 masques par semaine. "Nous avons dû fermer la boutique en ligne ces derniers jours. La dernière fois que nous l'avions ouverte pendant trois heures, nous avions reçu autant de commandes que nous pouvions en traiter pendant une semaine !", indique Bruno Savage. En une matinée, ce dernier aurait déjà reçu 145 courriels de commande.

Afin d'augmenter ses capacités de production, Odiora a transmis au Comité interministériel du handicap (CIH) un projet pour mettre sur pied un atelier éphémère pour quelques mois. "Nous pourrions ainsi créer de l'emploi pour plusieurs dizaines de personnes et augmenter drastiquement nos capacités de production, tout en restant en France", espère Bruno Savage.

Avec, à terme, un objectif : Que les masques à fenêtre transparente deviennent un standard, "pas seulement pour les 6 millions de personnes malentendantes en France", conclut-il.

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Commentaires
a écrit le 09/09/2020 à 19:21 :
Pourquoi éphémère ?? Il va falloir vivre avec le covid pendant encore des décennies.
Réponse de le 16/09/2020 à 9:06 :
La copulation politico-financière nous aura anéanti bien avant.

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