Women's awards : Ces femmes aux talents aiguilles

La deuxième édition rhônalpine des La Tribune women's awards (LTWA), a distingué lundi sept parcours entrepreneuriaux féminins exceptionnels. Organisée par La Tribune, cette cérémonie vise à faire évoluer les mentalités dans les entreprises et à encourager les femmes qui en doutent, à se lancer dans l'entrepreneuriat.
Les lauréates lors de la seconde édition des LTWA Rhône-Alpes.
Les lauréates lors de la seconde édition des LTWA Rhône-Alpes. (Crédits : Laurent Cérino)

Dans une France où la lutte contre la discrimination sexuelle en entreprise est toujours un enjeu, des femmes aux talents et aux parcours exemplaires font avancer les choses. À leur manière, certaines dans l'ombre, d'autres dans lumière. Démarche assurée ou prise de micro timide, sept entrepreneures au talent aiguille et au leadership reconnu ont été récompensées lundi lors de cette deuxième édition des La Tribune Women's awards Rhône-Alpes. "Cela montre qu'il est possible de repousser le plafond de verre qui bloque l'ascension des femmes", commente sur les planches Jean-Paul Mauduy, président de la CCIR Rhône-Alpes, qui accueillait cette cérémonie dans l'écrin consulaire flambant neuf et bondé pour l'occasion.

Récompense et confiance

Changer les mentalités, c'est donc l'un des objectifs de ces trophées. Celles sociétales ; mais aussi celles des femmes, qui représentent seulement 3 % des créateurs d'entreprises en France, contre plus de 10 % aux États-Unis. "Une telle cérémonie peut inciter les entrepreneures qui doutent à se lancer, à se rassurer", souligne Nadine Ferry, directrice générale d'EC MAT LOC et lauréate du prix entrepreneure de l'année.

"C'est une organisation qui permet de mettre en avant des femmes qui ne l'auraient pas forcément fait par elle-même", témoigne Sylvie Guinard, lauréate 2013 et membre du jury, juste avant de remettre le prix de l'Industrie à Marie-France Bennasy, responsable de l'équipe laboratoire chez Total additifs et carburants spéciaux. "C'est une belle surprise", affirme celle qui est également cofondatrice d'AME, une association qui promeut la place des femmes dans les instances dirigeantes.

Passage de relais

D'un award à l'autre, l'idée de passage de témoin dépasse la symbolique d'une remise de trophées. Les conseils et les expériences d'une autre lauréate 2013 le démontrent.  "Évoluer dans une grande entreprise, ce n'est pas toujours rose. La vitesse de progression est plus lente, témoigne avec force et enthousiasme Céline Schillinger (Sanofi Pasteur), prônant une plus grande diversité pour rendre encore meilleure nos entreprises."

Si les femmes sont à l'honneur, les hommes ne sont pas loin, mixité oblige. Laurent Fiard, président du Medef-Rhône remet à Sylvie Madamour, fondatrice de Vendredi 4, le prix du Numérique. Deux membres masculins faisaient partie du jury dont Jacques Longuet (ERDF). "À responsabilité égale, salaire égal", martèle-t-il, avant de remettre le titre de manager de l'année à Juliette Kopp, directrice exécutive division food et pharma chez Boccard. Quatrième fille d'un couple d'artisans, la quadragénaire a développé ses qualités de gestion humaine dès l'adolescence, à travers le tennis et la compétition. Championne de France cadette par équipe, elle passe ensuite par les bancs de l'ING Grenoble et de l'EM LYON.

Éva de Freitas  Céline Schillinger

Éva de Freitas (Lauréate coup de coeur 2014)  et Céline Schillinger. Crédits : LC

Coup de cœur

Pour ce deuxième opus, le jury a créé une nouvelle catégorie : le coup de cœur, décerné à Éva de Freitas pour cette première édition. "C'est une performance collective", répète la responsable coordination exploitation de Keolis Lyon, et cofondatrice du réseau de l'AME. Une juste récompense pour Éva de Freitas, qui "luttait" déjà en classe de CP en se questionnant : "Pourquoi  fallait-il dire « ils » alors qu'on était plus de filles que de garçons dans la classe ?"

Des rêves de cour de récréation à la réalité professionnelle, certaines caractéristiques peuvent subsister. Stéphanie Paix voulait devenir commissaire. Elle est devenue présidente du directoire de la Caisse d'Epargne Rhône-Alpes. Une fonction qui lui permet de décrocher le trophée dans la catégorie finance. D'un pan à l'autre, Stéphanie Paix a gardé cette volonté de diriger. Et supervise désormais 3 000 collaborateurs.

Itinéraire personnel

Parfois, les problématiques entrepreneuriales n'ont pas de sexe, mais plus un souci d'orientation. "Après des études à Science Po Lyon, ce n'était pas la meilleure des voies pour entreprendre", détaille à la tribune Juliette Jarry, lauréate du prix responsable et solidaire. Alors, elle a suivi une formation de 6 mois à la création d'entreprises et via quelques facteurs personnels, dont la perte d'autonomie de sa grand-mère, elle lance Adéa Présence, une entreprise spécialisée dans l'aide à domicile. A 33 ans, elle symbolise cette génération de femmes qui n'ont pas peur de faire tomber le plafond de verre.

Les lauréates

  • Finance : Stéphanie Paix, président du directoire, Caisse d'Epargne Rhône-Alpes
  • Industrie : Marie-France Benassy, responsable méthodes / laboratoire Total additifs et carburants spéciaux
  • Numérique : Sylvie Madamour, fondatrice-dirigeante de vendredi 4.
  • Responsable et solidaire : Juliette Jarry, dirigeante Adéa Présence.
  • Entrepreneure de l'année : Nadine Ferri, directrice générale EC Mat Loc.
  • Manageur de l'année : Juliette Kopp, directrice exécutive division Food & Pharma Boccard.
  • Coup de coeur Entreprise de l'année : Keolis Lyon représenté par Eva De Freitas responsable coordination exploitation.

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Commentaires 6
à écrit le 21/09/2022 à 16:07
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Je souhaite simplement féliciter Eva De Freitas. Nos chemins professionnels s'étaient croisés pour quelques belles années au sein de EFFIA. J'en garde un excellent souvenir. Nous avons pu travailler ensemble sur des dossiers sensibles avec enthousias...

à écrit le 21/10/2014 à 14:36
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La femme qui réussi est mise en avant, MAIS "talent aiguille" très mal venu, la remet vite à sa place... Y'a encore BEAUCOUP de boulot !

à écrit le 14/10/2014 à 22:08
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Un coup de chapeau à La Tribune pour son engagement en faveur des femmes, des territoires et de l'entrepreuneriat. Mettre en lumière des talents - souvent ignorés jusque là dans leurs propres organisations - c'est d'utilité publique !

à écrit le 14/10/2014 à 19:03
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Très bien qu'un journal comme la Tribune mette en avant la nécessaire égalité des chances et de traitement homme-femme dans l'entreprise ! Deux remarques toutefois : 1- pourquoi encore angliciser ces récompenses, ça le fait vraiment better un awar...

à écrit le 14/10/2014 à 17:49
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C'est vraiment crétin de donner un titre rabaissant la femme à son apparence (le talon aiguille) à un article traitant en filigrane de l'égalité homme-femme

le 16/10/2014 à 8:49
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Bien d'accord, quel titre navrant !

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